Mon premier peau à peau avec bébé

Eline Edden, photographe et écrivain (auteure du livre « Naissance d’une mère »), a accompagné pendant des mois de futures mamans,jusqu’au jour de leur accouchement, ce jour merveilleux où tu rencontres pour la première fois ton bébé, en vrai. Eline Edden a d’ailleurs eu le privilège de photographier ces jeunes mamans (et papas, il ne faudrait pas les oublier quand même) au cours de leur tout premier peau à peau avec bébé. La photographe nous décrit avec ses yeux de lynx ces moments d’émotions qu’elle a notamment souhaité partager lors d’une exposition. Rencontre.

 

Pourquoi avoir choisi de réaliser un reportage photo sur le peau à peau ?

Pour la petite histoire, j’ai eu la chance de réaliser un travail photographique de deux ans sur la maternité des femmes enceintes de leur premier enfant. Grâce à ces photos, j’ai pu sortir un livre qui m’a permis d’être contacté par une maternité souhaitant obtenir le label : « initiative hôpitaux amis des bébés ». Ce label met en place une assurance qualité au niveau de la structure de la maternité et préconise une heure minimum en peau à peau avec le nouveau né à la naissance. Ces photos sont le résultat du mélange de deux expositions. Pour cela, j’ai travaillé avec une cinquantaine de mamans qui ont accepté que je photographie leur accouchement, chose qui n’est pas évidente puisqu’il s’agit d’un moment très intime.

 

 

 

Qu’avez-vous retenu de ce long travail, on imagine extrêmement émouvant  ?

C’est un travail très technique mais aussi et surtout une expérience formidable. Après chaque accouchement, je ressortais de la salle complètement boostée, avec beaucoup de fierté et de joie envers les parents qui me permettaient d’être à leurs côtés pour la venue au monde de leur premier enfant.

 

 

 

Quels sont vos plus beaux souvenirs de ces séances photo pendant le peau à peau ?

Je me souviendrai toujours des mamans qui sont surprise devant l’enfant. Je me rappelle notamment d’une maman noire qui était paniquée car son bébé n’était pas noir. Les sage-femmes avaient beau lui expliquer que la pigmentation de la peau mettait une ou deux heure à apparaître, elle ne voulait rien entendre. C’est la raison pour laquelle j’ai fait mon reportage photo en noir et blanc car les bébés sont toujours très rouges à la naissance. J’ai également assisté à des naissances très douloureuses, des moments atypiques qui peuvent se produire en salle d’accouchement telles que des séparations entre les nouveaux parents.

 

 

 

Que représente pour vous le fait de photographier de jeunes mamans qui viennent d’accoucher ? Comment naît le contact entre elles et vous ?

Certaines mamans jouaient  le jeu et demandaient à se faire maquiller avant la prise de photos ou à aller chez le coiffeur. J’ai appris à connaître les futures mamans et leur univers avant l’arrivée de leur premier bébé, à créer un climat rassurant et de complicité. Elles se confiaient à moi, me racontaient leur vie, leur désir d’avoir un enfant. Je mangeais mon sandwich devant elles en les narguant un peu car elles ne pouvait pas manger. Nous avons partagé de jolis moments ensemble. J’ai ainsi pu rencontrer 53 mamans.

 

 


 

Qu’avez-vous appris auprès des mamans ?

Je me suis rendue compte que les mamans n’étaient pas préparées à la délivrance. Une fois que le bébé est arrivé elle ne se rendent pas toujours compte que le travail n’est pas fini et que le placenta est toujours là.

 

Est-ce dur de trouver des futures mamans voulant bien se faire photographier ?

J’ai du me rendre aux cours de préparation à l’accouchement pour prendre contact avec des futures mamans prêtes à prendre part à cette aventure.Puis, le Jour de l’accouchement, je recevais un coup de téléphone afin de me rendre directement à la maternité. Je restais auprès de la maman et du bébé maximum une heure et demie après l’accouchement. Il était important pour moi aussi de respecter l’intimité des nouveaux parents et de les laisser découvrir leur petite merveille ensemble.

 

Combien de temps avez-vous mis à faire ce reportage ?

Cela m’a pris neuf mois en tout ! Une vraie grossesse si on peut dire ! C’était un travail colossale, d’autant plus que certaines mamans acceptaient ma proposition puis changeaient d’avis le jour J. Je devais donc rebrousser chemin avec tout mon matériel dans les mains. Parfois même c’était le mari qui refusait ma présence en salle d’accouchement. Effectivement c’était un travail très intense. L’installation des lumières et du matériel prenait du temps et je devais rester disponible jour et nuit.

 

 

 

Merci à Eline Edden
Contact: eline.edden@gmail.com

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