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Je suis enceinte… et alors ?

Je suis enceinte… et alors ?

Ce bébé, on l’a voulu. On l’a programmé, fait et on a éprouvé comme un sentiment d’allégresse le jour du test. Yeeeeeeeeeeeeeesssss ! Je suis enceinte, youpi et tout le toutim. Mais depuis, le soufflé d’allégresse est retombé. Serait-on par hasard une mauvaise (future) mère ?

Comment ça, on n’en parle pas toutes les deux secondes ? Comment ça, on ne se noue pas des énormes faveurs roses sur le ventre ? Comment ça, on ne gémit pas toutes les quinze secondes pour trouver un esclave dévoué qui voudra bien nous amener une tisane, fermer la fenêtre, porter notre sac… Ben non, on n’appelle pas le gynécologue gygy ! On a bien des nausées, des petits vertiges de temps en temps, un sentiment de lassitude fréquent et une humeur de dogue quand on ne glisse plus un orteil dans ses escarpins neufs pour cause d’œdème, mais à part ça… tout va bien, merci !

Etre soi ou être entre soi ?
A entendre nos copines, c’est évident qu’il faut se sentir… différente. Fragile. Spéciale. C’est évident qu’il faut rabâcher à tout le monde qu’on sera bientôt maman, tralala. Et d’ailleurs, il faut l’écrire sur son ventre, ou plutôt sur le tee-shirt sans forme qui est censé le ceindre. Eh bien non ! Nous, on s’habille comme avant. On triche juste sur les tours de taille grâce à une astuce qui mériterait un Nobel : un gros grain à attacher aux boutonnières pour gagner deux tailles. On étrenne de jolis chemisiers en soie à porter lâche ou des chemises Versace fantaisie chipées à notre mec et portées ouvertes sur un marcel en coton fin. Et la ceinture, on la fixe bas sur les hanches. Plutôt glam rock que nœud noeud.
Certes, côté santé, on ne plaisante pas avec les bonnes manières. Ce bébé, on l’a voulu alors on s’abstient de toutes les cochonneries pleines de polluants, on essaie de manger sain et léger, et d’ailleurs c’est la seule manière d’éviter le look baleine à six mois de grossesse. Et on n’a pas besoin de facebooker tout ça ou de Twitter la dernière échographie au monde entier. D’ailleurs, même notre belle-mère ne l’a pas vue. Le sexe du bébé ? Secret d’Etat ! Le prénom ? Et quoi encore, on vous en pose, nous, des questions indiscrètes ? Bref, sur la planète des futures mamans, on fait allure d’alien. C’est grave, docteur ?

Pourquoi il ne faut pas s’affoler
Certaines femmes, quand elles sont amoureuses, en rajoutent des tonnes au point de rouler une pelle à leur chéri sur un quai de gare bondé, ou devant le pool des secrétaires de leur entreprise. D’autres se contentent juste d’un texto (donc privé) très… show et d’un bisou rapide sur les lèvres, avant de filer rapidos retrouver un lieu plus intime pour fêter les retrouvailles. Chacun son truc ! Pendant la grossesse, c’est la même chose. On amène avec nous chez le gynécologue notre histoire, notre caractère, notre éducation, nos névroses diverses et variées (merci papa, merci maman !). Et on vit la grossesse comme on peut. L’essentiel, c’est de savoir au fond de soi que ce petit bébé est désiré de tout cœur (et tant pis si le reste de la planète l’ignore), de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’il naisse en bonne santé à la date prévue (même si elle n’est pas inscrite en gros sur notre ventre), et dans de bonnes conditions parce qu’on se sera bien préparée.


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Ce qu’il faut vérifier
A 6 mois de grossesse, on a bien listé tout ce dont bébé aura besoin en matière de bodies, de gigoteuses, de chaussons, de biberons et tout et tout ? On a prévu un siège-coque sécurisant (donc aux dernières normes européennes) pour la voiture, on lui a attribué un coin à lui dans la maison, avec un berceau, un plan de travail où poser son popotin pendant l’opération change ? Une baignoire avec un coin-coin qui flotte ? On a retenu sa place à la maternité, on s’est inscrite aux cours de préparation à l’accouchement ? On n’a pas bu une goutte d’alcool depuis cinq mois minimum ? On a renoncé à partir dans deux mois top chrono retrouver, sac au dos, les trésors perdus des Incas ? Et on a bien un livre des prénoms en guise de bible sur la table de chevet ? Que demande le peuple… On sera une maman au top, soucieuse du bien-être de notre enfant et si on n’a pas envie que les habitants de la planète Mars soient au courant de notre bonheur – car de toute manière, ils s’en tapent à supposer qu’ils existent -, c’est notre droit le plus strict. Et que celles qui nous trouvent bizarre enceinte, se regardent une seconde dans le miroir ! Et zou…


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