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L’hypnose pour accoucher sans douleur : on y croit  ?

A premiĂšre vue, l’hypnose pour aider Ă  accoucher fait un peu new age et pourtant des CHU trĂšs sĂ©rieux ont fait le choix de dĂ©velopper cette aide Ă  la gestion de la douleur pendant l’accouchement. Depuis cinq ans, l’offre se dĂ©veloppe et la demande explose cĂŽtĂ© futures mamans. Et cĂŽtĂ© papas d’ailleurs, car leur participation est essentielle. HĂ©lĂšne Le Cornu, sage-femme Ă  l’hĂŽpital Robert DebrĂ© Ă  Paris et de StĂ©phanie Sicot, sage-femme au CH de La Rochelle, nous en disent un peu plus pour tout connaĂźtre de cette mĂ©thode.

De quelle mĂ©thode s’agit-il ?

De l’hypnose ericksonienne qui n’est pas du tout une hypnose autoritaire, qui plonge le sujet dans un Ă©tat de sommeil, ni une mĂ©thode qui la conditionne Ă  obĂ©ir Ă  des ordres. C’est une hypnose souple, qui permet Ă  la future maman de se dĂ©tendre pour aller puiser en elle toutes les ressources positives qui vont l’aider Ă  vivre pleinement son accouchement. Elle reste consciente et peut dialoguer avec nous pour rĂ©pondre Ă  nos questions ou nous dire ce qu’elle ressent.

L’hypnose s’adresse-t-elle Ă  toutes les femmes enceintes ?

L’hypnose s’adresse Ă  toutes les futures mamans, y compris celles qui souhaitent bĂ©nĂ©ficier de la pĂ©ridurale. Mieux vaut avoir suivi quelques sĂ©ances en cours de prĂ©paration pour bien maĂźtriser la technique. L’idĂ©al Ă©tant que le futur papa y assiste, pour apprendre Ă  aider sa compagne Ă  entrer en Ă©tat d’hypnose le jour J. En effet, il n’y aura pas forcĂ©ment de sage-femme formĂ©e Ă  la mĂ©thode en salle de naissance. En revanche, si c’est le cas, certaines futures mamans qui rencontrent des difficultĂ©s pendant le travail pourront bĂ©nĂ©ficier de cette technique de relaxation, mĂȘme si elles n’ont pas fait de prĂ©paration prĂ©alable, et ça marche en gĂ©nĂ©ral assez bien. L’intĂ©rĂȘt d’avoir suivi une prĂ©paration par l’hypnose, c’est que cette mĂ©thode rĂšgle aussi beaucoup de petits soucis comme l’insomnie en fin de grossesse, les compulsions alimentaires, les angoisses Ă  l’idĂ©e d’accoucher, les souvenirs d’un premier accouchement qui n’a pas Ă©tĂ© trĂšs bien vĂ©cu. Et comme je le disais prĂ©cĂ©demment, que la future maman peut s’auto-hypnotiser en l’absence d’une sage-femme formĂ©e Ă  l’hypnose.

Qu’est-ce que l’hypnose va rĂ©ellement changer Ă  l’accouchement ?

L’hypnose intervient sur la prise en charge de la douleur physique mais aussi sur la douleur Ă©motionnelle, contrairement Ă  la pĂ©ridurale. Elle favorise aussi un accouchement plus rapide car les femmes sont plus dĂ©tendues psychologiquement, donc plus relĂąchĂ©es sur le plan musculaire. L’hypnose leur permet de mieux maĂźtriser leurs sensations et d’ĂȘtre davantage actrices de leur accouchement.

L’hypnose, ça fonctionne chez toutes les femmes enceintes ou il y a des exceptions ?

C’est forcĂ©ment variable d’une femme Ă  l’autre. Certaines patientes rĂ©agissent de maniĂšre trĂšs forte et ne vont plus sentir leur corps. D’autres vont simplement mieux contrĂŽler la douleur car leur esprit n’est pas focalisĂ© dessus. Le rĂ©sultat dĂ©pend de chacune, en fonction de sa propre tolĂ©rance Ă  la douleur. Il ne s’agit pas d’une innovation miraculeuse mais d’une technique mentale qui permet d’attĂ©nuer la douleur sans la faire disparaĂźtre. D’ailleurs, quand un certain seuil de douleur est atteint, ça ne marche plus. Et ce seuil est propre Ă  chaque future maman. D’ailleurs, certaines personnes font des rĂ©sistances Ă  l’hypnose  : on peut travailler dessus en consultation, mais il est difficile de les aider si on ne les voit que le jour de l’accouchement. Il s’agit cependant d’une situation assez rare  : la plupart des femmes sont rĂ©ceptives Ă  toutes les solutions qui leur permettent d’avoir moins mal. Mais pour que cela fonctionne, il faut que la patiente parle bien la langue dans laquelle se dĂ©roule la sĂ©ance, par exemple le français chez nous, sauf si par chance exceptionnelle, Ă©trangĂšre, elle peut disposer d’une sage-femme qui parle sa langue couramment. C’est Ă©videmment trĂšs rare sauf peut-ĂȘtre pour des langues rencontrĂ©es couramment chez nous, comme l’anglais ou l’espagnol.

Pourquoi cette exigence de la langue ?

Nous entrons en communication avec la maman en utilisant des mĂ©taphores ou des images propres Ă  son vĂ©cu (paysages, souvenirs heureux d’enfance, de famille etc…) pour la plonger dans un Ă©tat de bien-ĂȘtre et l’aider Ă  relĂącher toutes ses tensions. Il faut que les mots lui parlent pour qu’elle puisse entrer dans cet Ă©tat second ouvert par le champ de l’imaginaire et de l’auto-suggestion.

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