Les résidus chimiques retrouvés dans 10 marques de couches sont-ils vraiment toxiques pour les bébés ?

Mardi 24 janvier dernier, le magazine 60 Millions de consommateurs a publié une étude sur les couches pour bébé. En effet, selon le magazine, 10 marques de couches contiendraient des résidus de substances toxiques et, ce qui peut paraître surprenant, il en irait de même pour les produits décrits comme étant « écologiques » !

Des substances toxiques retrouvées

Les fesses de nos petits bouts ne seraient-elles pas aussi en sécurité que le préconisent les grandes marques ? Le magazine 60 millions de consommateurs a étudié douze marques de couches, et sur l’ensemble de ces références, dix marques contiennent une substance indésirable et « à la toxicité suspectée ou avérée », est-il écrit. Entre pesticides, composés organiques volatiles (COV) ou encore dioxines, les produits retrouvés dans la composition du coussin de la couche de nos bambins seraient en réalité irritants pour la peau et neurotoxiques à certaines concentrations, d’où une réglementation européenne que les fabricants sont tenus de respecter pour ne pas dépasser les taux considérés comme sans danger pour l’organisme par les experts de santé européens. Du glyphosate (désherbant) a aussi été retrouvé dans une marque qui, pourtant, se dit écologique. Toutefois, il n’y a pas d’illégalité à stipuler parmi ces dix marques : en effet, ces produits toxiques, trouvés à l’état de résidus, sont présents à des taux inférieurs au seuil réglementaire. Cependant, la journaliste scientifique Victoire N’Sondé a tenu à souligner dans 60 Millions de Consommateurs que ces seuils n’ont été définis qu’en cas d’inhalation…

Autre polémique récurrente, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont aussi pointés du doigt. Pour information, les HAP sont des composés chimiques qui se forment suite à une combustion incomplète ou une décomposition de la matière organique par la chaleur (Sources Inserm) : quand vous faites un barbecue par exemple, les HAP sont présents dans la fumée dégagée par le barbecue et sur les viandes trop grillées et peuvent se déposer sur tous les objets à proximité. Ces composés chimiques, qui répondent à une classification en fonction du risque qu’ils présentent pour la santé, sont aussi régis par la réglementation européenne qui fixe les taux acceptables. Le magazine consommateurs fait allusion, dans l’article, au comparatif réalisé il y a quelques mois par un laboratoire indépendant entre les couches Pampers et les couches bio Love & Green. Lors de ce test, deux HAP, de catégorie non cancérogènes avérés mais supposés cancérogènes, avaient été retrouvés sur les élastiques (et non pas sur la partie au contact avec les muqueuses génitales) de la couche Pampers. Il n’en avait pas fallu plus pour lancer une polémique…

Vers une « tolérance zéro » dans les produits pour nouveau-nés

Comme le rappelle Victoire N’Sondé, l’organisme encore immature des bébés est sensible aux substances toxiques et voilà pourquoi elle préconise la « tolérance zéro » dans tous les produits pour nourrissons : cosmétiques, meubles, produits au contact du corps… Actuellement, la réglementation n’oblige pas à afficher la composition des couches sur l’emballage. Mais si cela était, les familles auraient-elles tous les codes nécessaires pour bien décrypter l’éventuel danger ? Ce n’est pas certain à en juger par l’ampleur que prend chaque polémique lancée régulièrement sur les produits pour bébé : sur les réseaux sociaux hier, les questions fusaient pour savoir « quelles étaient les marques de couches toxiques à éviter » alors que l’article ne parle que de « résidus » (autrement dit des traces infimes) de produits en général « supposés toxiques », présents à des taux très inférieurs à la réglementation européenne et dont la toxicité, en l’état, n’est pas avérée ! En effet, toutes les marques présentées dans l’étude respectent bien la législation européenne.

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Néanmoins, l’intérêt de cet article est de montrer que deux marques sur les douze présentées ont réussi à faire mieux que les autres et à présenter des produits exempts de résidus : les couches Love&Green et les couches Mots d’Enfants, la marque consommateur de E. Leclerc. Sans jeter un opprobre inapproprié sur les dix marques moins « clean », il convient de reconnaître que s’améliorer est possible puisque leurs deux concurrentes ont réussi, semble-t-il, un sans faute sur la question des résidus indésirables. L’intérêt de l’étude sera sans doute d’inciter les dix marques moins performantes sur ce point à s’améliorer. Mais les couches pour bébé ne concentrent pas les risques maximum pour les petits : l’air que respirent les nourrissons et les jeunes enfants est bien plus chargé de polluants agressifs et dangereux, et ils le respireront bien plus longtemps qu’ils ne porteront de couches ! Et si on se lançait sur la question des additifs et autres pesticides dans l’alimentation qui sera la leur pendant toute leur enfance, le débat n’est pas prêt d’être clos…

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