Pourquoi reverser la prime de naissance après la naissance fait polémique

Une vieille polémique revient faire surface et pour cause : depuis mi-2015, la Cnaf doit verser la prime de naissance aux jeunes parents seulement deux mois après la naissance de l’enfant. Avant, ce versement avait lieu au 7ème mois de grossesse, ce qui permettait aux familles d’acheter le nécessaire de puériculture, souvent très coûteux. Mais ce n’est plus le cas et la colère gronde, tant chez les jeunes parents sur les réseaux sociaux, qu’au sein de la Fédération française des industries jouet-puériculture et de la Cnaf elle-même.

Une lettre de mécontentement général

Depuis le rapport instauré en 2015 par le gouvernement français, la Cnaf (Caisse Nationale d’Allocations Familiales) doit reverser 923,08 euros à toutes les familles dont le bébé vient de naître deux mois auparavant. Avec un tel changement de loi, ce coup de pouce financier ne représente plus aucun intérêt pour la Cnaf qui juge inutile de continuer ainsi ce processus financier.

En ne versant plus la prime à 7 mois de grossesse, l’État a pu réaliser une économie sur ses comptes publics de 250 millions d’euros par effet report sur la première année de la mesure, mais cela ne change en rien la colère du Conseil d’administration du Cnaf. Ils exigent un retour à l’ancienne méthode, comme le suggère une lettre envoyée par le président du Conseil de la Cnaf, Jean-Louis Deroussen, au ministère des Affaires sociales en début d’année. Marisol Touraine, ministère des Affaires sociales et de la Santé ainsi que Laurence Rossignol, secrétaire d’État chargée de la famille, sont directement visées.

Un bouleversement financier jugé inadéquat

Cette prime destinée aux familles dont beaucoup en situation précaire s’avère très utile car elle permet surtout de faire les premiers achats de puériculture, qui coûtent relativement chers. Selon les propos recueillis par Metronews d’Alain Feretti, chargé du département du Droit de la famille, Parentalité et Enfant à l’Unaf, cette aide sert surtout à « s’équiper pour accueillir l’enfant ». Indispensable donc aux foyers peu argentés, ce versement n’a plus aucun intérêt si le bébé est déjà né.

La Fédération française des industries jouet-puériculture (FJP) monte également au créneau depuis de l’automne 2015 déjà. Pour eux aussi, il faut que l’État revienne sur ses décisions en accordant à nouveau le versement de cette prime au 7ème mois de grossesse. À l’époque, Michel Moggio, président de la FJP, avait déclaré à LSA : « C’est exactement comme si on versait la prime de rentrée scolaire au mois de novembre : insensé ! »

Cela fait encourir des risques aux familles dans le besoin

À cause de cette nouvelle loi, les CAF se voient de plus en plus obligées de trouver des astuces financières pour aider comme elles le peuvent les familles dans le besoin. La venue d’un enfant se prépare au mieux et les grosses dépenses de puériculture comme l’achat de la poussette, du siège-auto ou encore du lit, sont à prévoir forcément avant l’arrivée du bébé.

Les difficultés dans lesquelles sont mises les familles restent inadmissibles pour la FJP également. Selon elle, un foyer dépense en moyenne 1500 euros pour s’équiper en amont de l’arrivée du bébé et 60% des dépenses sont réservées aux gros achats de puériculture. 86% des poussettes sont achetées avant la naissance. Qui plus, ce n’est pas le seul dommage collatéral. A la FJP, on déplore parfois que la prime de naissance, en arrivant trop tard, ne soit trop souvent détournée vers d’autres achats qui ne concernent pas la puériculture. Pour Michel Moggio, « cette disposition de paiement retardé met en péril une filière qui génère plus de 200 millions d’euros de TVA chaque année et emploie 10 000 personnes« .


Un problème qui perdure

Le souci reste cependant le même pour les CAF : les familles ne se manifestent pas forcément quand le besoin s’en fait sentir. Elles attendent tout simplement le versement de cette prime alors que des solutions sont tout à fait possibles.

Un problème majeur donc qui ne semble toujours pas trouver de solution auprès du gouvernement alors même que plusieurs groupes se mobilisent pour faire bouger les choses et permettre à nouveau aux familles de s’équiper au mieux avant l’arrivée du bébé.

 

Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire