La pollution : comment limiter notre exposition quand on est enceinte ?

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Une nouvelle étude menée par le Professeur Steve Turner de l’Université d’Aberdeen fait état d’un amer constat : la pollution atmosphérique a un impact sur la grossesse et le développement du fœtus. Alors que faire pour limiter son exposition à la pollution quand est enceinte ? Neuf Mois vous en dit plus.

La pollution, responsable de la moitié des naissances de faible poids

Les personnes fragiles et les femmes enceintes sont particulièrement sensibles à la pollution. La pollution aux particules fines cause l’inflammation des voies respiratoires et peut donner des problèmes cardio-vasculaires. Les particules fines peuvent également gêner le bon apport d’oxygène et de nutriments au bébé ainsi que son activité cellulaire. On estime que la pollution aux particules fines augmente considérablement le risque de donner naissance à un bébé de faible poids (un bébé en sous-poids sur deux serait concerné). Une étude publiée par des chercheurs de l’équipe d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de la faculté de la Sorbonne, montre que certains de ces bébés hypotrophes (nés avec un trop petit poids, inférieur à 2.5 kg) peuvent développer des troubles moteurs ou intellectuels.

Si le coût de la prise en charge de ces bébés à la maternité s’évalue autour de 25 millions d’euros, la prise en charge globale des éventuelles séquelles s’élève, elle, à 1.2 milliards d’euros. Pour les pouvoirs publiques, il est temps d’agir en protégeant et surveillant mieux les femmes enceintes. Ainsi qu’en mettant au point des mesures efficaces, souligne l’étude.

La pollution a aussi un impact sur le placenta

Les chercheurs de l’INSERM, du CNRS et de l’université de Grenoble Alpes ont, eux aussi, étudié l’impact de la pollution sur le fœtus et le placenta.

Ainsi, les chercheurs ont recueilli les données de 688 femmes enceintes . L’exposition à la pollution semble augmenter le risque de pré-éclampsie ou toxémie gravidique (hypertension artérielle associée à l’apparition de protéines dans les urines). Mais aussi semble augmenter le risque de naissance prématurée. La pollution pourrait également avoir des impacts sur le développement pulmonaire ou pourrait provoquer des troubles neuro-développementaux. En effet, les mères les plus exposées aux polluants ont présenté des modifications épigénétiques au niveau d’un gène. Ce dernier, s’il est altéré serait lié a l’augmentation du risque de pré-éclampsie.

Mais alors que peut-on faire pour diminuer l’exposition de la femme enceinte aux particules fines ?

Malgré l’amélioration de la qualité de l’air, les valeurs limites d’exposition aux particules fines sont parfois dépassées, notamment dans les grandes agglomérations. Ainsi les grandes villes sont souvent concernées par des pics de pollution, notamment l’été. Enceinte, il faut tout d’abord éviter de sortir ou bien pratiquer une activité physique adaptée à la grossesse en extérieur quand les pics de pollution sont avérés. Pour connaître l’état de la qualité de l’air, des associations agrées de surveillance de la qualité de l’air publient des bulletins réguliers.

A noter que si vous ressentez une gêne respiratoire, n’hésitez pas à consulter votre médecin. Privilégiez les sorties tôt le matin ou en fin d’après-midi, là où l’air est le moins chargé en particules. Profitez de ces moments pour aérer votre logement. Pour plus d’informations, le site du gouvernement met à disposition de nombreuses informations et liens.

Sources :


Science Direct

INSERM

Atmo France

Site du Gouvernement

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