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Pourquoi cette maman d’enfants autistes est-elle restĂ©e perchĂ©e en haut d’une grue pendant 10 heures ?

1500 euros par mois. C’est la somme que toucheraient Meryem, son mari, Jean-Luc Duval,  pour vivre. Pourtant, la maman attend depuis plusieurs annĂ©es une allocation dĂ©cente pour Ă©lever Ă  la maison leurs jumeaux, Samy et Yanis, atteints d’autisme. Comme ultime cri de colĂšre, elle a dĂ©cidĂ© de grimper en haut d’une grue mardi 1er fĂ©vrier et d’y rester pendant 10 heures. Le couple originaire de la rĂ©gion lilloise serait dĂ©semparĂ© face Ă  sa situation qu’il qualifie de prĂ©caire. De son cĂŽtĂ©, le conseil dĂ©partemental du Nord contredit les affirmations du couple. Le bras de fer est lancé 

Des aides financiĂšres pour Ă©lever et soigner leurs deux fils

Meryem Duval se dit dĂ©semparĂ©e. Et pour cause, elle et son mari ont tous les deux perdu leur travail pour prendre en charge leurs deux garçons autistes. En effet, les parents certifient que, d’une part, les services d’aide sociale Ă  l’enfance les auraient poussĂ©s Ă  cesser leur activitĂ© respective et, d’autre part, les allocations ne compenseraient pas la perte de leur emploi. Meryem et Jean-Luc dĂ©clarent toucher 900 euros de RSA (Revenu de SolidaritĂ© Active) pour deux et environ 600 euros de la part de l’Etat pour leurs jumeaux, le tout pour un total de 1500 euros.  « On est Ă  bout », confie le papa Ă  nos confrĂšres de LCI.

Les autorités contestent

« Entre ce que dit M. Duval – mĂȘme s’il le croit – et la rĂ©alitĂ©, il n’y a pas une diffĂ©rence, mais un gouffre », dĂ©clare Jean-RenĂ© Lecerf, prĂ©sident du conseil dĂ©partemental du Nord Ă  la chaĂźne tĂ©lĂ©visĂ©e. Il signale que la famille Duval aurait, en tout, touchĂ© 2 719 euros pour le mois de janvier en comptant les diverses allocations. Concernant la scolaritĂ© des enfants, le papa proclame que l’Education nationale ne peut pas les prendre en charge : Jean-RenĂ© Lecerf n’est pas d’accord avec cette affirmation. En rĂ©alitĂ©, l’un des deux garçons serait en mesure d’aller Ă  l’école s’il Ă©tait accompagnĂ© d’un auxiliaire de vie. Pour le second, la situation serait plus complexe et la scolaritĂ© en milieu classique semble moins envisageable.

Une communication difficile

Les malentendus entre la famille Duval et les autoritĂ©s s’accumulent. Alors que Jean-Luc et Meryem dĂ©plorent un manque de reconnaissance de la maladie de leurs jumeaux, les autoritĂ©s, elles, remettent en question l’attitude du couple. En 2012, la CMP dĂ©pose trois signalements pour « dĂ©faut de soin » Ă  l’intention des parents. La procĂ©dure est finalement abandonnĂ©e. En 2014, un signalement pour  » maltraitance » est Ă©tabli par l’ UnitĂ© territoriale de prĂ©vention et d’action sociale de Marq-en-Barouel. A la suite de quoi Jean-Luc Duval proteste :  » On n’a rien Ă  se reprocher, mais on continue de nous stigmatiser. C’est de l’intimidation ! «  Le pĂšre dĂ©pose alors deux plaintes collectives contre la ministre de la SantĂ© « pour discrimination au handicap » et contre le DĂ©partement du Nord « pour discrimination et harcĂšlement ».


La proposition de rencontre ce jeudi par le directeur de la Maison dĂ©partementale des personnes handicapĂ©es est jugĂ©e « insatisfaisante » pour la mĂšre. AprĂšs quelques nĂ©gociations, elle a nĂ©anmoins fini par l’accepter. Affaire Ă  suivre donc.


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