Noël dans une famille recomposée : les clés d’une fête réussie

Que votre chéri soit déjà papa, ce n’est pas un scoop. Mais si c’est votre premier Noël dans le cercle de famille recomposée, et enceinte de surcroît, il va falloir jouer sur des velours côté émotions, susceptibilité et autres avatars du même tonneau. Quelques petits conseils récoltés ici et là auprès de mamans qui ont déjà vécu ce genre d’embrouille…

 

Enceinte, on a des frais : on doit refaire un minimum sa garde-robe, on doit prévoir le trousseau bébé, on a le droit de rêver d’une belle poussette (qui de nos jours est carrément hors de prix, du moins pour les plus design d’entre elles et relativement chères pour les valeurs sûres du marché). Qui plus est, enceinte, on a aussi le droit de penser que ce Noël pourrait être un peu généreux avec notre petite personne puisqu’on fait tout de même cadeau à notre homme d’un bébé et à ses parents d’un futur petit-enfant. Ça vaut bien qu’ils cassent tous leur tirelire pour notre petite personne, non ? D’autant, qu’enceinte, on a nos humeurs et que l’on soit au mieux de notre forme ou au 36e dessous, nos envies (que quelques mauvaises langues dont l’ex de notre homme auraient tendance à appeler nos caprices) ont leur importance. Mais voilà, aujourd’hui, dans les finances familiales, il faut tenir compte de l’enfant ou des enfants du premier lit, comme on dit. Et à Noël, leur papa a envie de les gâter, surtout si il n’en a pas la garde partagée. Normal. Mais voilà, les sous… ça coince. Et si c’est nous qui sommes déjà maman, notre chéri peut s’agacer de voir le budget familial rogné par des dépenses pour lui jusqu’ici inconnues.

La bonne attitude

En parler avec son conjoint. Si on n’a pas pris le temps d’anticiper par une épargne depuis quelques mois pour que l’addition de Noël soit moins douloureuse d’un seul coup (ne serait-ce que parce que ce premier bébé, on n’était pas sûr qu’il s’annoncerait déjà), on peut toujours re-planifier des dépenses ensemble pour les semaines et les mois à venir. Si le budget est plombé par les cadeaux aux « enfants de l’ex », on peut proposer à notre homme que le cadeau XXL qu’on pense mériter soit reporté à la naissance de bébé (avec un fonds d’épargne mensuel pour être sûre qu’il ne passera pas à la trappe) ou à la prochaine Saint Valentin et on se contente d’un cadeau XS mais sympa quand même. Ou on propose tous les deux aux participants de la fête de famille, qui doivent logiquement tous nous apporter un petit paquet au nom du Père Noël, de faire cagnotte commune pour nous offrir le cadeau dont nous rêvons, pour célébrer le fait que nous, on porte le nouveau membre de la famille.

Autre solution, mais plus acrobatique si les relations de l’ancien couple ne sont pas apaisées, partager l’addition des cadeaux avec la maman des enfants, dans le souci de les gâter raisonnablement et sans trop d’excès. « Mais attention de ne pas entretenir chez les enfants le rêve de voir le couple parental se reformer », préciser Marie-Dominique Linder, psychothérapeute. « Il faut qu’il soit bien clair pour eux qu’il s’agit bien d’un choix parental et non pas d’une attitude conjugale, que ce partage du coût des cadeaux a pour objectif de pouvoir leur offrir en tant que parents ce qu’ils souhaitent, si les objets désirés sont chers ». Si ce n’est pas possible pour cause de conflit avec l’ex, dans ce cas, il faut solliciter l’aide des grands-parents et des oncles et tantes pour offrir moins de cadeaux mais coller au plus près des rêves des enfants.

Pourquoi c’est important

Noël, c’est la fête des enfants. Ils ne doivent pas avoir l’impression qu’ils vont être lésés parce qu’un demi-petit-frère/sœur va arriver. En général, les enfants sont toujours très contents de voir un bébé s’annoncer dans la famille mais, à ce stade de la grossesse, le lien n’est pas encore créé et ils peuvent craindre de perdre l’amour de leur papa. Forcément, dans les années à venir, ils devront apprendre à partager avec le nouveau venu. Alors, cette année, on peut leur laisser la vedette encore pour ce dernier Noël. Qui plus est, l’arrivée d’un bébé au sein du couple peut réveiller le sentiment de culpabilité du papa, s’il n’a pas la garde partagée, à l’idée d’être moins présent que la maman auprès des enfants et s’il a l’impression de devoir « faire moins » qu’avant pour ses enfants, bonjour l’ambiance… C’est un passage difficile, surtout au moment des fêtes quand on n’a pas toujours les moyens (on est nombreux dans ce cas !) de gâter nos enfants autant qu’on le voudrait. Enfin, la belle-famille… (grands-parents, oncles, tantes…) a déjà créé des liens avec les enfants de notre chéri. Forcément, nous, on est un peu la marâtre avec tout ce que cela implique comme clichés idiots mais humains.


Si on passe le cap de ce premier Noël où l’on saura se montrer solidaire de la famille et affectueuse envers les enfants de notre homme, la partie est quasi gagnée. Et quand bébé montrera le bout de son nez, on peut compter sur une jolie participation à la liste de naissance de notre belle- famille et qui sait, peut-être même de l’ex de notre chéri (pas interdit de rêver, à Noël, non ?). Mais surtout l’ambiance de la soirée n’en sera que plus chaleureuse au lieu d’être plombée par des conflits de loyauté envers la maman des enfants, laquelle peut avoir gardé des soutiens dans la famille de notre chéri.

Enfin, et ça, c’est bien dans l’esprit de Noël, malgré la souffrance inhérente à tout divorce qui est d’autant plus perceptible aux moments des fêtes, l’enfant de parents séparés (et le nouveau bébé aussi) va profiter d’un vaste horizon affectif, va pouvoir compter sur plus d’adultes grâce à la recomposition familiale pour l’aider à grandir. Et apprendre ainsi que les conflits peuvent se gérer mais aussi se dépasser.

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