Après une fausse couche, quels sont les risques d’en faire une autre ?

Environ 20% des grossesses se terminent par une fausse couche. Si cette dernière n’est pas une fatalité, elle n’en reste pas moins difficile à vivre quand s’installe l’angoisse d’entrer dans un cercle vicieux de fausse couche à répétition. Une inquiétude légitime mais pas forcément justifiée. Les explications de Céline Albentosa, sage-femme.

 

Le truc insupportable pour toute future maman, c’est le fatalisme moralisateur des équipes médicales quand on fait une fausse couche : « Bah, pas grave, vous êtes jeune, vous en ferez un autre ! Allez, allez, il y a des choses plus graves que ça en ce bas monde… ». Pour un peu, on devrait s’excuser de se sentir triste parce qu’on a perdu notre espoir de bébé. Nous, on dit même « perdu notre bébé ».  Or, une fausse couche, c’est toujours un choc pour une future maman. D’abord un choc hormonal, qui, on le sait, a des incidences sur le moral. Et un choc psychique, affectif, car ce bébé, on l’a programmé, rêvé, et l’annonce de sa conception, pour causer comme les médicaux, eh bien, c’est forcément un moment fort dans notre vie perso et dans notre vie de couple.

Quand une fausse couche se déclenche, il faut faire le deuil de cet enfant rêvé, souhaité, réalisé… Et un deuil, c’est jamais banal ni drôle même si ça arrive tous les jours à des quantités de gens sur la planète. Ensuite, on se pose forcément la question qui fait hausser encore plus haut les épaules à « ceux qui savent » autrement dit gynécos, sages-femmes et médecins en tous genre… et si on en faisait une autre la prochaine fois, et la fois suivante ? Et si cette fausse couche disait seulement qu’on ne saura jamais faire un bébé jusqu’au bout ? Stop !

 

Les raisons de la fausse couche

On arrête le petit vélo dans la tête avec les idées noires qui tournent en boucle comme un pédalier de champion du Tour de France et on fait le point sur ce qui augmente les risques de faire une fausse couche : une première grossesse alors que l’utérus n’est pas encore prêt à vivre cette modification de son fonctionnement habituel, une mauvaise hygiène de vie (tabagisme, alcool, travaux de force, exposition à des produits chimiques – dont certains médicaments – connus pour leurs risques abortifs…), une grossesse tardive qui expose d’avantage l’embryon à des malformations génétiques, et, bien sûr, une première fausse couche qui est un indicateur de risque un chouia augmenté de faire une seconde fausse couche.

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On a bien dit un indicateur de risque. Pas un risque et encore moins une certitude. Eh oui, les fausses couches à répétition, soit a minima au moins trois fausses couches de suite, ne concernent que moins de 1% des grossesses chaque année. Autant dire que vous avez peu de risques de faire partie du lot. Et même ces fausses couches à répétition ne sont pas forcément sans solutions, notamment s’il s’agit d’une déficience hormonale, d’une anomalie de l’utérus ou d’un problème du côté du sperme du papa.

Si vous avez fait une fausse couche à la maison, ce n’est pas glamour mais il faut récupérer les tissus expulsés et les déposer dans un laboratoire d’analyses afin de permettre un éventuel diagnostic des raisons de cette fausse couche et, en cas d’anomalie constatée responsable de l’arrêt de la grossesse, bénéficier d’un traitement qui permette de mener la prochaine grossesse à terme. Mais dans la majorité des cas, la fausse couche est juste un coup d’essai avant une seconde grossesse sans souci. Alors on positive ! Mais si le marasme s’installe, on consulte rapidement pour pouvoir relativiser sereinement et programmer une nouvelle grossesse sans stresser. La fausse couche n’est pas une fatalité !

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