Le jour où j’ai appris que j’allais être mamie….

C’était il y a exactement 7 ans, un samedi, début mars. Le téléphone sonne. Mon ainée, 24 ans, qui vit au Canada avec son mari. « Allô mamanum…, tu es assise ? Alors allume ton ordi… » Le ciel n’allait pas tarder à me tomber sur le crâne… Eh oui, une échographie… avec un fœtus de 20 SA qui suce son pouce…

Un peu raide l’annonce, non ? Mais pour elle, ça avait été encore moins stretch : en bonne fille de la rédac chef de Neuf Mois, elle ne s’était pas rendu compte qu’elle était enceinte ! Eh oui, elle continuait à prendre sa pilule, donc « fausses » règles ! Et pas de nausées (la veinarde !) et un ventre tout ce qu’il y avait de plus plat (la semaine d’avant, c’était la fin des soldes et j’avais fait les cabines d’essayage avec elle de passage en France). Bref… Il me restait 5 mois pour me faire à l’idée. Pas simple quand tu n’as pas encore fêté ton demi-siècle, que tu vis la vie d’une femme active à fond les ballons dans tous les aspects de ta vie…

Comment va-t-elle m’appeler ?

Oui, ça y est, je vais être grand-maman. D’ailleurs, oui, comment elle va m’appeler cette petite fille ? Mamie ? Ça ne m’évoque rien, mes grands-mères, que j’ai très peu connues il est vrai, c’était grand-maman de Genève et grand-maman de Toulouse. Mon mari pareil sauf que ce n’était pas Genève mais Baulers en Belgique. Mes enfants ont toujours appelé leurs grands-parents grand-papa et grand-papa cheval (parce que mon père est un cavalier indécrottable) et leur seule grand-mère évidemment grand-maman. Alors va pour grand-maman. Un peu bizarre quand tu n’as pas un cheveu blanc (enfin, du moins visible), pas (trop) de rides, un look pas trop mémère (quand j’ai le temps de m’en occuper et ça, ce n’est pas souvent).

Etre là ou pas le jour J ?

La puce était prévue pour le 24 juillet. Flûte, crotte de bique et saperlipopette : bouclage de Neuf Mois le 27 ! Tant pis… Je prends mon billet pour le 28. Les 24, rien, le 25, idem, le 26 pareil… Eh oui, cette petite puce, elle m’a attendue (si, si !). J’enregistrais mes bagages le 28 à 14h30 quand mon portable sonne. Le papa : « On part à la maternité ! ». Une heure d’embarquement, 7 heures de vol, 1 heure de récup des bagages, le taxi jusqu’au CHU… ça fait bien 10 heures devant nous, c’est râpé ! Même pas ! Lixou était née depuis 10 minutes quand je suis arrivée.

S’en est suivi un mois de tendresse extraordinaire, tant avec la maman (mon bébé tout juste 25 ans devenu maman !) qu’avec ce petit bout extraordinaire, née avec une perruque incroyable de cheveux noirs et un regard tellement profond. Partir un mois après, un déchirement ! Pour elle aussi, apparemment dixit mon gendre : « La nuit où vous êtes partie, j’ai passé mon temps à la consoler, elle n’arrêtait pas de pleurer, elle vous cherchait ! ».

Trois mois plus tard, sa maman et elle venaient passer un mois en France. Tellement peur qu’elle ne me reconnaisse pas ! Au premier regard, un sourire immense, des yeux qui brillent ! Et quand elle est partie avec sa maman le 24 décembre pour retrouver son papa, elle m’a fait un cadeau incroyable. Au moment de passer l’embarquement, elle m’a tendu les bras depuis sa poussette. Je l’ai prise, elle s’est endormie en quelques secondes sur mon épaule. Je l’ai recouchée et elle est partie avec sa maman, entamant un cercle interminable de séances Skype bihebdomadaires et d’allers et retours entre le Canada et la France, la France et le Canada deux fois par an.

Jamais deux sans trois

Aujourd’hui Lixou a 6 ans et demi, elle sait écrire « Je t’aime grand-maman » et m’appeler d’elle-même sur Skype. Et elle a un merveilleux petit frère, Nicolas, 2 ans et 3 mois, déjà accro aux chevaux comme sa grand-maman.

Sept ans après la première annonce qui m’a fait accéder au statut de grand-maman, j’ai passé la cinquantaine depuis un peu de temps tout de même et voilà qu’un troisième petit-enfant s’annonce, chez ma seconde fille, 25 ans tout neufs elle aussi. En août (ou avant), je serai grand-maman pour la troisième fois. Et c’est toujours aussi magique d’imaginer cet enfant qui arrive et ce lien à créer !

Cerise sur le gâteau, comme la fête des grands-mères n’est pas à la même date en France et au Canada, j’aurai donc deux fêtes, deux bouquets… et surtout des milliers de bisous et des provisions de fous-rires en perspective.

 

lixou et moi ok

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