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Témoignage : L’hyperémèse gravidique, « Comme Kate Middleton, j’ai vécu l’enfer des nausées »

Témoignage : L’hyperémèse gravidique, « Comme Kate Middleton, j’ai vécu l’enfer des nausées »

L’hyperémèse gravidique est une forme aggravée des nausées de la grossesse qui touche moins de 3% des femmes enceintes. Si cette affection s’est fait connaître aux yeux du grand public récemment par le biais de Kate Middleton, elle reste méconnue et souvent incomprise…

On a voulu en savoir plus sur cette maladie : voici le témoignage de Gaëlle, jeune maman.
« J'ai tout de suite compris que j'étais enceinte car j'avais beaucoup de nausées. Évidemment, j'étais ravie à l'idée d'avoir un petit bébé. Mais au fur et à mesure, les nausées sont devenues de plus en plus fortes jusqu'à vomir vingt fois par jour.
Au quotidien, c’était devenu un enfer. Je ne pouvais même pas me rendre à mon travail car je n'arrêtais pas de vomir. Je faisais face à l'incompréhension de mes employeurs. Pour eux, j'exagérais, c'était de la comédie voire de la fainéantise.
Mon quotidien était  devenue très pénible. Je n'arrivais plus à manger ni à boire. Mon médecin traitant et ma gynécologue me disaient que ça  passerait à la fin du premier trimestre…

Malheureusement,  mon état de santé s'est dégradé. Le quatrième mois, j'ai perdu 7kilos. J'ai eu des contractions assez importantes et un col qui était déjà ouvert au cinquième mois. Je tombais dans les pommes au moindre effort comme faire mes courses ou prendre une douche.

J'ai dû être hospitalisée pendant 10 jours. J'étais au repos total, plongée dans le noir et hydratée par intraveineuse. Petit à petit je me suis réalimentée. Je n'avais pas le droit aux visites, je passais mes journées et mes nuits à pleurer et à me demander ce que j'avais.
Je me sentais incomprise de tous. J'avais l'impression que personne ne savait ce que j'avais réellement.J'ai vu un nutritionniste qui m'a demandé si je ne faisais pas exprès de vomir autant afin de ne pas grossir durant ma grossesse. C'était vraiment surréaliste. J'ai vraiment très mal vécu ce passage là. Je me souviens encore de la phrase terrible d'une interne : "Ce bébé ne devait pas être désiré pour que vous soyez dans cet état " .


Je suis rentrée chez moi avec un traitement très fort, je continuais à vomir une vingtaine de fois par jour.

Et puis, à 32 semaines  d'aménorrhée, les contractions se sont fait plus fréquentes. J'ai été de nouveau hospitalisée pour garder ce bébé bien au chaud le plus longtemps  possible. Le jour de  l'accouchement , j'ai même vomi en le mettant au monde (imaginez la vision !), mais ça n'avait plus d'importance car c'était  le plus beau jour de ma vie.Dès que j'ai accouché, les vomissements ont cessé, comme par magie, je revivais !

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 Aujourd'hui, je n'attends pas qu'on me plaigne, mais certaines personnes, amis ou médecins, n'ont pas été très compréhensifs. J'avais souvent le droit à des phrases comme  "Oh ce n'est rien , là grossesse ce n'est pas une maladie" . Malheureusement, dans certains cas, si, c'est une maladie. Au point qu'il est pour moi impossible pour le moment d'envisager une nouvelle grossesse. Je suis terrorisée à l'idée  de revivre cet épisode douloureux.
Heureusement,  j'ai eu le soutien de certains membres de ma famille mais aussi de mon médecin généraliste et de ma gynécologue qui se sentaient impuissants face à cette maladie.
Heureusement, j'ai reçu l'aide d'autres mamans qui vivaient ou avaient vécu la même expérience que moi.
Aujourd'hui , un an après la naissance de ma fille, il y a des aliments que je ne peux toujours pas manger : mon estomac est trop abîmé et j'ai peur de vomir. J'apprends donc à me reconstruire.
J'espère de tout cœur que  les femmes qui vivent ce calvaire  seront à l'avenir mieux considérées. Elles ne font pas  la comédie : elles souffrent physiquement et moralement .
Bon courage à toutes ces futures mamans, j'espère de tout cœur qu'on aura un jour des réponses sur les causes de cette maladie et qu'on saura la traiter. Si vous voulez trouver du réconfort, n'hésitez pas à rejoindre le groupe Facebook "9 mois avec ma bassine". Un endroit où, enfin, l'on se sent comprise. »

 
 
 


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