Comment rendre notre tout-petit propre pour la rentrée ?

Bébé n’est pas pressé de quitter ses couches ? Et si on profitait de l’été pour lui montrer l’intérêt de devenir propre ? Avec l’arrivée des beaux jours, on l’allège de sa couche en le laissant régulièrement en culotte pour jouer.

Mais non, il n’est pas en retard sur l’acquisition de la propreté ! L’époque où l’on dressait les bébés à aller sur le pot dès qu’ils tenaient assis est révolue. L’enfant ne peut devenir propre que lorsqu’il prend conscience des besoins de son corps, lorsqu’il maîtrise l’éjection des selles et des urines.

Certes… mais comment savoir s’il est prêt ? Un repère : bébé monte et descend les escaliers, se baisse et se relève facilement ? Il est donc capable de contrôler ses sphincters. Soit vers 18 mois.

Il nous demande de changer sa couche lorsqu’elle est sale et s’intéresse à nos stations prolongées aux toilettes ? Tant qu’il n’en est pas là, inutile de contraindre bébé à de longues stations assises sur le « trône ». Mais si c’est le cas, optons pour des couches moins absorbantes en journée, pour que leur contenu le dérange un peu. Et laissons-le régulièrement jouer sans couche, avec le pot à proximité.

Des actions incitatives

Qu’il soit capable de maîtriser ses sphincters n’implique pas qu’il devienne propre à la seconde. Encore faut-il qu’il ait envie de devenir grand ! L’acquisition de la propreté ne doit pas lui être imposée. Juste suggérée. Et pour cela, aller acheter le pot avec bébé est une bonne idée. Il se sentira concerné. Pas question d’ergoter sur le modèle, là, c’est nous qui choisissons.

De toute façon, mieux vaut en choisir un assez simple, confortable, pas trop gadget pour que ça ne devienne pas une zone d’activité qui n’a plus rien à voir avec l’apprentissage de la propreté au risque d’induire bébé en erreur sur la finalité de l’opération.

En revanche, on peut lui proposer de choisir la couleur. Comme il a bien compris qu’un pot est fait pour s’asseoir dessus, il voudra s’y installer… avec sa couche. On laisse faire, c’est une étape importante pour qu’il se sente en confiance. Mais la finalité, c’est qu’il l’utilise à bon escient. Pour qu’il comprenne à quoi sert le pot, il faut repérer le moment propice pour produire un résultat qui permette à bébé de piger le comment du pourquoi.

Et pour cela, il n’est pas nécessaire de laisser bébé plus de 5 minutes sur son pot. Si rien ne s’est produit, on recommence un moment plus tard. L’essentiel, c’est le rituel : chaque jour, aux mêmes heures !

Un apprentissage sans stress

Voir une partie de soi s’en aller peut être très perturbant. Il faut expliquer à bébé que selles et urines sont des déchets dont le corps doit se défaire dans la couche quand on est tout petit, dans le pot quand on est grand et aux toilettes quand on est encore plus grand. Attention à la tentation de vouloir l’inciter à s’exécuter sur le pot en restant près de lui.

Le petit apprenti sait en tirer des conclusions, comme l’analyse Evelyne Fréchet, psychanalyste : « Votre tout-petit se dit : papa et maman restent avec moi aussi longtemps que je ne fais pas ce qu’ils attendent. Et comme il est logique, il se dit qu’il a tout intérêt à retenir ses parents aussi longtemps qu’il peut retenir ses « besoins ». Forcément, dans sa tête, dès qu’il a fait ses besoins, non seulement ses parents jettent sa production, mais en plus ils s’en vont ! ». Et la psychanalyste estime que c’est avec l’objectif principal de garder l’autre que l’enfant va apprendre des processus de rétention qu’il utilisera plus ou moins consciemment dans sa vie adulte. Mieux vaut donc laisser bébé seul sur son pot, en promettant notre présence dès qu’il a fini ses besoins.


Évidemment, cela ne marche que si nous nous rendons vraiment disponibles après pour jouer avec lui ! Et s’il est de tradition d’applaudir les premiers exploits de bébé dans le pot, pas question d’en faire une habitude : bébé doit comprendre qu’il s’agit d’une évolution naturelle et pas d’un exploit. En cas d’échec ou de « rechute », pas question de le culpabiliser : on lui dit que ce n’est pas grave et que nous sommes certaines qu’il y arrivera bientôt. « Une sévérité excessive peut perturber votre tout-petit et développer chez lui une obsession de l’ordre », conclut Evelyne

 

 

 

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