Allergies : les traitements qui marchent !

Au secours, les pollens reviennent ! Comme les acariens et les allergènes alimentaires, ils font des dégâts mémorables chez nos p’tits loups… Plus de 16% des enfants souffrent d’allergies. Patience, la plupart cèdent avec le temps. En attendant, si vous vous attaquiez à soulager les symptômes immédiats avec des solutions efficaces ? Le point avec le Dr Pierrick Hordé, allergologue.

 

Les allergies sont en hausse chez le jeune enfant. C’est un fait. Les causes sont multifactorielles, mais les spécialistes mettent souvent en avant l’excès d’hygiène dont sont entourés les enfants aujourd’hui. En effet, dans les pays en voie de développement, la fréquence des allergies chez les tout-petits tient de l’anecdote. À force d’être protégés de tout microbe, le système immunitaire ne sait plus se défendre. De même, dans les pays en voie de développement, quasiment tous les enfants sont allaités, par leur mère ou une mère nourricière, alors que dans les pays développés, l’allaitement de longue durée (au moins six mois) a encore des parts de marché à gagner. Mais quelles qu’en soient les raisons, l’essentiel, c’est de dépister les allergènes en cause afin de pouvoir mettre en place les traitements qui soulageront bébé.
 
 

Dépister les allergènes

 

La persistance des pleurs, c’est le premier symptôme qui doit nous alerter. Ensuite, il faut être attentive aux symptômes associés : reflux, eczéma, toux… La consultation s’impose. Le médecin – il ne faut pas hésiter à consulter un médecin allergologue plutôt que le pédiatre – dispose de moyens pour affiner son diagnostic quand il pense se trouver en présence d’une allergie. Il s’appuie notamment sur des tests cutanés. Pas de panique, c’est totalement indolore. Le praticien dépose sur l’avant-bras ou le dos de l’enfant de petites gouttes des allergènes suspectés. Au bout de quelques minutes, l’allergène peut provoquer une libération d’histamine, révélant la réaction allergique, qui se traduit par une rougeur plus ou moins importante à l’endroit où a été déposé l’allergène. C’est sa taille qui permet d’évaluer l’allergie.
 
Parfois, cependant, il arrive que le test soit négatif, alors que l’enfant est réellement allergique. Quant à l’allergie aux protéines du lait de vache, les médecins disposent désormais d’un test, Diallertest, disponible en pharmacie. Il s’agit d’un timbre à appliquer sur l’omoplate du bébé par sa maman. La lecture du test sera en revanche effectuée par le praticien quelques jours après. Le médecin peut aussi faire appel à des tests sanguins pour compléter ou confirmer l’examen cutané. Contrairement aux tests cutanés, ils mesurent très précisément la quantité d’anticorps présents dans le sang. Lorsqu’il n’y a pas ou peu d’anticorps, l’allergie est peu probable. Quand ces anticorps sont supérieurs à 2 sur une échelle de 0 à 6, ils sont toujours associés à une allergie. Comme les tests cutanés, ils permettent de tester 20 à 30 allergènes. Ils sont particulièrement intéressants pour poser un diagnostic précis chez des enfants présentant un eczéma sévère qui empêche l’allergologue de procéder à des tests cutanés.
 
 

Évincer les allergènes alimentaires

 


En cas d’allergie aux protéines du lait de vache, le médecin prescrit des hydrolysats (préparations lactées dans lesquelles les protéines ont été fragmentées au maximum pour être tolérée par le bébé). Pour l’enfant plus grand, la première mesure de prévention consiste évidemment à retarder au maximum, au moment de la diversification alimentaire, l’introduction des aliments présentant des risques d’allergie (pas de poisson ni d’œuf avant l’âge de 1 an, de fruits exotiques avant 18 mois et de fruits secs avant l’âge de 3 ans). Reste qu’une fois l’allergie avérée, les choses se compliquent un peu, notamment quand notre tout-petit entre en maternelle et doit rester à la cantine.
 
Normalement, les municipalités ont l’obligation d’accepter les enfants allergiques, mais la plupart du temps, il faut que les familles préparent elles-mêmes le panier repas. De même, lors des invitations pour les anniversaires des copains, il faudra prévenir l’hôtesse des contraintes liées à l’allergie en cause. En effet, une fois l’allergène connu, il faut bien entendu mettre en place une procédure de quasi éviction du ou des coupables. Mettre en place un tel régime est d’autant plus aisé que la législation contraint aujourd’hui les industriels à mentionner sur les emballages la présence d’allergènes possibles. 
 
 

Limiter acariens et moisissures

 

Pour être fixé sur la quantité d’acariens qui vivent sous notre toit, il existe un test, Acarex (qui permet d’analyser la poussière recueillie par notre aspirateur). Quant aux solutions, elles ne sont que de bon sens : maintenir une température en dessous de 19°C, chasser les nids à poussière (bibelots, tentures, coussins, tapis, moquette…), opter pour des sommiers à lattes de bois, un matelas et des oreillers en latex à bulles fermées et des housses imperméables aux acariens, aérer au maximum, laver les moississures dès leur apparition, réparer fuites et infiltrations, aspirer chaque jour hors de la présence de bébé et laver le sol le plus souvent possible avec des produits naturels (attention aux produits ménagers qui dégagent des composés organiques volatils en quantité trop importante). En revanche, on peut utiliser des sprays acaricides (en pharmacies et magasins de produits naturels). 
 
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