Faut-il supplémenter bébé en vitamine D  ?

Manquer de vitamine D, c’est risquer d’avoir des os fragiles. Pourtant, toutes les mamans ne sont pas convaincues de la nécessité d’une supplémentation. Le point pour y voir plus clair avec le Professeur Patrick Tounian, pédiatre nutritionniste et auteur de l’Alimentation de l’enfant de 0 à 3 ans.

Pourquoi supplémenter en vitamine D ?

Contrairement aux autres vitamines, la vitamine D ne trouve pas dans l’alimentation de sources suffisantes. Ce sont certains ultraviolets qui permettent de la synthétiser. Trente minutes d’exposition des bras et du visage au soleil indirect chaque jour suffisent à fournir la quantité nécessaire. A condition que l’intensité du rayonnement UV soit suffisante. Autrement dit, en France, entre octobre et juin, sauf peut-être dans le sud de la France, on peut toujours courir  ! Qui plus est, un nourrisson ne peut pas être exposé directement au soleil. Pas plus qu’il ne peut se nourrir d’aliments contenant un apport en vitamine D intéressant. A savoir les poissons gras, certaines viandes, les œufs ou les champignons.

La carence est-elle possible  ?

Ce sont surtout les enfants prématurés, ceux atteints par une maladie grave ou ceux qui ont la peau très pigmentée et qui synthétisent difficilement la vitamine D en raison de la couche de mélanine sur leur épiderme, qui sont visés par un risque de carence. Ceci étant, les cas sont rares car l’alimentation pour les nouveau-nés est enrichie en vitamine D. Sauf que de plus en plus de bébés sont allaités au sein, et c’est une excellente chose. Néanmoins, il faut savoir que le lait maternel ne contient qu’une infime part de la vitamine D dont bébé a besoin. Soit 50 unités de vitamine D par litre, alors que le bébé a besoin de 1000 unités par jour. C’est pourquoi la supplémentation est recommandée, particulièrement pour les bébés nourris au sein.

Suffisants, les apports du lait infantile ?

Sur ce point, la polémique enfle. Puisque les bébés nourris au biberon profitent de préparations lactées enrichies en vitamine D, pourquoi leur en rajouter  ? Certains pédiatres s’appuient sur le calcul suivant  : si bébé boit moins de 500 ml de lait infantile chaque jour, il doit recevoir 400 U.I. de vitamine D /jour. Si bébé boit 500 à 1 000 ml de lait infantile, il doit recevoir 200 U.I/jour de vitamine D. S’il boit plus de 1  000 ml/jour, il n’a pas besoin d’un supplément de vitamine D. D’autres pédiatres sont partisans d’une supplémentation de principe pendant les deux premières années. Au moins et, dans certaines régions, durant l’hiver jusqu’à 5 ans.
Jusqu’à ses 18 mois, les recommandations établissent la dose de supplémentation en vitamine D à 800 unités/jour + 400 unités s’il est allaité exclusivement au sein.

3 choses à savoir

Précaution d’usage
Bébé est nourri au sein et voici venu le temps du sevrage. Si vous décidez de passer au lait de vache directement sans faire un détour par la case lait de croissance, il est conseillé d’envisager une supplémentation au moins pendant les mois d’hiver, et cela jusqu’à l’âge de 5 ans. Mais revoir votre position sur l’intérêt du lait de croissance ne serait pas inutile.
Vitamine naturelle
Si vous décidez d’encourager la synthèse de la vitamine D par l’exposition solaire, pensez à couvrir la peau de bébé avec des vêtements protecteurs. Attention, avec un écran solaire, la vitamine D ne se synthétise pas. De toute façon, l’usage de crème solaire chez les moins de 6 mois est déconseillé car ils risqueraient d’en ingérer, tout comme l’exposition solaire entre 10h et 14h.
La bonne dose

Les formulations des laits infantiles, l’apport en vitamine D oscille entre 400 et 600 UI, ce qui représente seulement la moitié des besoins d’un enfant nourri au biberon. D’où une supplémentation nécessaire. L’enfant allaité devra recevoir 1200 UI/jour en supplémentation et l’enfant à la peau foncée 1800 U/I, supplémentation à déduire de ses apports réels en lait infantile.

Source :

Voir Aussi

OMS

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