La garde alternée a dix ans : Quel bilan peut-on en tirer aujourd’hui ?

Depuis le 4 mars 2002, les parents séparés ont le droit de se répartir équitablement la garde de l’enfant : une semaine chez maman, une semaine chez papa, et ainsi de suite. Depuis 2003, le nombre de parent qui choisissent la garde alternée a doublé, une famille séparée sur cinq choisit cette solution et les chiffres pourraient bien continuer à augmenter.

Toutefois, les spécialistes de l’enfance s’accordent à dire que la garde alternée n’est pas toujours une bonne solution. Si elle instaure une certaine égalité entre les parents au niveau des relations avec leurs enfants, ces derniers voient leur équilibre intérieur perturbé, notamment chez les tous-petits de moins de trois ans : «Un enfant de cet âge-là a besoin de beaucoup de stabilité, de beaucoup de sécurité, d’avoir une routine quotidienne, de retrouver toujours les mêmes endroits, les mêmes personnes pour pouvoir construire sa sécurité intérieure. Sécurité intérieure sur laquelle il va s’appuyer pour ensuite supporter en effet, des séparations avec les personnes tutélaires, les personnes importantes pour lui.» explique la psychanalyste Claude Boukobza. Les pédagogues conseillent de ne pas choisir la garde alternée avant que l’enfant n’atteigne l’âge de trois ou quatre ans, voire six ans. La garde reviendrait donc à un parent, la mère de préférence.
Mais s’il fut un temps où le choix de la mère semblait naturel, aujourd’hui, il en est autrement. Il a été constaté que les rapports entre le père et ses enfants ont évolué, les attachements avec le papa sont beaucoup plus forts et cela soulève le débat : pourquoi les mamans seraient-elles privilégiées ? Les pères doivent-ils se contenter de payer une pension alimentaire et de voir leurs enfants que trois jours dans le mois ? Les spécialistes prennent en compte ces changements, mais continue de souligner que le plus important reste le bien-être de l’enfant.

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