Neufmois.fr » Au fil de l'actu » Actus grossesse » La grossesse vue par un futur papy

La grossesse vue par un futur papy

Un papy en devenir nous confie ses impressions et ses doutes face Ă  ce grand bouleversement qu’est la grossesse de sa fille. TĂ©moignage plein de douceur et d’autodĂ©rision !

Heureux événement

C’est curieux, lorsque j’ai appris par ma fille que j’allais ĂȘtre grand-pĂšre, cette nouvelle ne m’a pas fait grand-chose. Je m’étais dit que le jour oĂč cela arriverait, peut-ĂȘtre que je sombrerais dans le gĂątisme, que « je prendrais un coup de vieux » comme on prend un coup de soleil ou de foudre.

Bien sĂ»r, j’étais trĂšs heureux Ă  l’idĂ©e qu’un petit bout de chou m’appelle bientĂŽt papy et que je la (c’est une fille) prenne sur mes genoux. Mais franchement je me sentais le mĂȘme qu’avant. Vous me direz, n’ayant que 57 ans, que c’est bien normal, non ? Mais voyez-vous, j’avais en mĂ©moire mes grands-parents et j’avais l’impression que je n’allais pas tarder Ă  leur ressembler avec leurs rhumatismes et autres faiblesses de la vieillerie. Dans ma tĂȘte ce cap Ă  passer serait un terrible cap Horn, tumultueux. Finalement non.

Et puis, plus tard, quand j’ai vu le ventre de ma fille gonfler comme la gorge d’une grenouille, et que je l’ai vue se dĂ©placer en canard, j’ai commencĂ© Ă  ĂȘtre trĂšs impressionnĂ©. Ma femme s’est moquĂ©e de moi : « on voit bien que tu n’étais pas trĂšs prĂ©sent quand tes enfants sont nĂ©s ». C’est vrai qu’avec cinq grossesses j’aurais pu me souvenir ! Mais, j’ai beau fouiller minutieusement ma mĂ©moire comme dans un grenier, rien de bien concret ne me revient. DĂ©cidĂ©ment, je ne devais pas ĂȘtre bien prĂ©sent, ni trĂšs attentif. J’étais pas mal obsĂ©dĂ© par mon boulot. Maintenant, dĂšs que ma fille m’envoie un message pour me signaler la moindre contraction, ou que le bĂ©bĂ© boxe pendant son sommeil, ou qu’elle a eu une frayeur avec un voisin de palier qui avait bu un coup de trop, ou encore que « ca y est, le col est bien ouvert »  c’est devenu pour moi plus important que toutes les dĂ©pĂȘches AFP sur la situation dans le monde. Ca y est, je crois que j’ai glissĂ© subrepticement sur une autre planĂšte.

Ma fille m’a aussi envoyĂ© par sms trois photos au fil de la grossesse. Ah les miracles de la technologie ! On voit Ă  travers le ventre qu’elle a le nez de son papa.

Papy mais toujours en forme

Et puis sont arrivĂ©es les premiĂšres rĂ©actions, mi-attentionnĂ©es mi-peau de vache, de mes amis et relations professionnelles, du style « alors pas encore papy ?», ou les premiers mails ou sms « alors ca y est, t’es grand-pĂšre ? ». Ca se veut sympa mais je me demande si certains ne cherchent pas Ă  me mettre hors jeu. Zut alors (pour rester poli), je ne me sens pas grand-pĂšre, mes dents tiennent bien ! Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas ĂȘtre encore un gars en pleine forme. Alors le matin, je me surprends parfois Ă  scruter dans le miroir les symptĂŽmes physiques du gĂątisme (pour les symptĂŽmes mentaux, difficile Ă  percevoir ! mais ma femme me dit parfois que ça ne va pas bien fort lĂ -haut
 A surveiller). Check-up des cheveux (pas trop blancs Ă  mon avis), du visage (pas trop ridĂ©, pas de double menton), des mains (pas brillant ! ma peau ressemble aux nervures d’un vieux chĂȘne), du ventre. Ah le ventre ! Comme me dit ma fille « c’est pas encore un neuf mois mais fait gaffe, on peut se poser des questions ».
Elle exagĂšre, je cours deux marathons par an en nettement moins de 4 heures ! C’est aussi pour ça que je ne me sens pas papy. Alors oui, c’est chouette de devenir grand-pĂšre et de se dire que dans quelques temps je vais faire plein de choses sympa avec le bout de chou. Je serai un papy attentionnĂ©. Mais franchement ça m’emm
. un peu le cĂŽtĂ© papy.  En ce moment le dĂ©bat tourne autour de la grande question existentielle « comment veux-tu que ta petite-fille t’appelle ? » Que voulez-vous, j’ai lĂąché  papy.

 

À lire absolument

Laisser un commentaire