Encore trop de bébés victimes de la mort inattendue du nourrisson en France !

En France, plus de 300 bébés décèdent chaque année de la mort inattendue du nourrisson. Pour sensibiliser le public à ce drame, le service de pédiatrie néonatale et réanimations du CHRU de Montpellier organise aujourd’hui la Première Journée Nationale de prévention de la mort inattendue du nourrisson, suivi par les 38 Centres de Référence de la Mort Inattendue du Nourrisson.

Une manière de rappeler au Ministère de la Santé, qui ne communique pas autour de ce risque dramatique, la nécessité d’une nouvelle campagne d’information après celle de 1994, qui a permis de faire baisser de 75% le nombre de décès de bébés au cours de leur première année. Initiée par l’Association Nationale des Centres de Référence de la Mort Inattendue du Nourrisson(ANCReMIN).

À Montpellier, le Dr Inje Harrewijn, pédiatre, milite pour la prévention. Et donc pour la sensibilisation. Parce que la mort inattendue du nourrisson, ce n’est pas un détail : « Cela touche 0,33 des naissances pour mille bébés nés vivants alors que la moyenne européenne est de 0,25% », explique-t-elle.

De fait, depuis qu’une campagne nationale avait été lancée en 1994 contre le couchage sur le ventre des nourrissons et quelques autres mesures de prudence, le nombre de décès a chuté de manière drastique : -75%. Mais la France enregistre encore un nombre de décès beaucoup trop élevé entre l’âge de 1 mois et de 1 an. « En France, il y a 14 morts par noyade par an de jeunes enfants et on a une campagne de sensibilisation. À la télé, on prévient qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour pour contrer le risque d’obésité infantile. Et là, on a plus de 300 décès par an de bébés entre 1 mois et 1 an, et rien, silence ! », s’indigne le Dr Inje Harrewijn.

Les 38 Centres de référence en France, initiés dès 1986 à l’initiative du Ministère de la Santé, ont donc décidé de relever le gant et d’organiser d’eux-mêmes une Journée Nationale de Prévention contre la Mort Inattendue du Nourrisson (MIN) chaque année.

Les règles de prudence à respecter

« Entre 2006 et 2009, l’Institut National de Veille Sanitaire a enquêté sur les causes de la MIN. L’enquête a conclu que 25% des décès étaient directement causés par une erreur de couchage : ça nous a fait très peur. En France, 100 à 150 décès pourraient être évités en respectant les règles de couchage sécuritaire », souligne le Dr Harrewijn.

Les parents, tout au long de la journée, vont donc être briefés sur ces règles de sécurité, à transmettre aussi aux grands-parents : couchage sur le dos, sans tour de lit, sans couverture, sans peluche, sans tétine pendant le sommeil (ndlr, à l’endormissement en revanche, la tétine protègerait de la mort inattendue du nourrisson), sur un matelas dur, 19°C maximum dans la chambre, pas de tabagisme autour du bébé et jamais dans la maison, pas d’ajout de matelas dans un lit parapluie autre que celui prévu par le fabricant, cododo dans un berceau proche du lit mais avec barrière de séparation pour éviter que la couette du parent vienne se poser sur le bébé dans la nacelle ajustable au lit parental.

Autre source de décès, les cocons à placer dans le lit. « Le cocoonbaby a été conçu pour des prématurés surveillés dans un service de néonatalogie, pas pour des bébés nés à terme en bonne santé et rentrés à la maison, explique le Dr Harrewijn. Ce couchage n’est pas adapté pour les nourrissons, le bébé est figé, pas libre de ses mouvements, et si le support est trop mou, sa tête peut basculer en avant et les voies respiratoires seront bloquées. Les rejets de lait peuvent aussi être bloqués et étouffer le bébé. » Mesure de prudence aussi, le partage de la chambre parentale jusqu’à 6 mois, chacun dans son lit mais dans la même chambre.


Des décès encore inexpliqués aussi

Parallèlement, une étude va être lancée entre professionnels : « Nous voulons avoir des chiffres précis et créer un observatoire national sur la Mort inattendue du nourrisson. Dans les centres de référence, on regarde toutes les circonstances des décès, pour analyser les causes. Il reste toujours un pourcentage qu’on n’arrive pas à analyser, on parle alors de mort subite du nourrisson. Ce sont des décès qui n’ont pas encore d’explication. Les autres, ce sont les morts inattendues du nourrisson (MIN), et là, après les examens post-mortem et l’autopsie que l’on pratique dans les centres de référence, on sait ce qui s’est passé », conclut la pédiatre.

Si les décès définis par le terme Mort Subite du Nourrisson ne peuvent être évités, les Centres de référence de la Mort Inattendue du Nourrisson comptent bien que les décès explicables régressent au minimum à la moyenne européenne. Au moins. C’est pourquoi cette Journée Nationale devrait se renouveler chaque année autour des règles de prudence à la maison, en voiture, en balade. Car les sièges auto et les écharpes de portage, mal utilisés, peuvent aussi être des causes de décès inattendus du nourrisson.

 

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