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Mon bĂ©bĂ© a les jambes arquĂ©es : c’est pour toujours ?

VoilĂ  quelques mois qu’il marche et se dandine, les jambes en arc de cercle, Ă  la mode jockey. On sait qu’elles devraient se redresser progressivement, mais au bout de combien de temps faut-il s’inquiĂ©ter  si cela persiste ? Les explications du Dr Christine Themar-NoĂ«l, mĂ©decin orthopĂ©diste et prĂ©sidente de la SociĂ©tĂ© française de mĂ©decine et de chirurgie du pied.

Tous les bĂ©bĂ©s prĂ©sentent ces petites jambes potelĂ©es et lĂ©gĂšrement arquĂ©es. Rien de plus normal donc. Selon les enfants, la courbure est plus ou moins marquĂ©e. Petit Ă  petit, les jambes du tout-petit vont se renforcer et se redresser. Mais nous nous souvenons tous des mises en garde de grand-mĂšre  : s’il marche trop tĂŽt, si on le stimule trop, il gardera les jambes arquĂ©es. Les choses ne sont pas aussi radicales  !

Cinq années pour filer droit

Les idĂ©es reçues ont toujours un fondement logique  : c’est vrai que les enfants qui commencent Ă  crapahuter trĂšs jeunes, vers 8 ou 9 mois, ont en gĂ©nĂ©ral les jambes plus arquĂ©es que les autres. Un constat que confirme le Dr Christine Themar NoĂ«l, mĂ©decin orthopĂ©diste pĂ©diatre. Si, de plus, ils sont plutĂŽt bien portants, leur poids pĂšse sur leurs jambes et accentue le problĂšme. TrĂšs momentanĂ©ment. En effet, au cours des cinq premiĂšres annĂ©es, les jambes du tout-petit se redressent dans 95 % des cas.

La vitamine D, seul moyen de prévention

Quant au petit pourcentage de cas prĂ©sentant une arcature pathologique, un examen clinique poussĂ© aura vite fait d’établir le diagnostic. La dĂ©viation de l’une ou des deux jambes sera confirmĂ©e par une radio. Parfois, la courbure exagĂ©rĂ©e est imputable Ă  un problĂšme de rachitisme. Une pathologie qui touche essentiellement des enfants d’origine Ă©trangĂšre, qui ont souffert de carences. Ou des enfants, correctement supplĂ©mentĂ©s en vitamine D, mais dont le mĂ©tabolisme n’assure pas une bonne assimilation de cette vitamine essentielle dans la prĂ©vention du rachitisme. Dans ce cas, des examens complĂ©mentaires seront menĂ©s pour trouver l’origine de ce dysfonctionnement et le traiter. Pour ces enfants, en effet, l’arcature excessive de leurs membres infĂ©rieurs devra parfois ĂȘtre redressĂ©e chirurgicalement.

Une surveillance attentive dans tous les cas

Quelle que soit l’origine de l’arcature, il convient de surveiller attentivement son Ă©volution. D’oĂč l’importance de bien respecter les visites de contrĂŽle chez le pĂ©diatre. Le mĂ©decin Ă©valuera en effet, Ă  chaque examen clinique, l’évolution de cette dĂ©formation et pourra prescrire, le cas Ă©chĂ©ant, une radio de contrĂŽle. Quant Ă  la prise en charge, elle n’intervient qu’en cas de pathologie avĂ©rĂ©e, qui se traite en gĂ©nĂ©ral par la chirurgie. En effet, si des attelles de posture peuvent ĂȘtre prĂ©conisĂ©es pendant la nuit, vers l’ñge de 4 ou 5 ans, les mĂ©decins ne prescrivent en principe pas de rĂ©Ă©ducation chez un kinĂ©sithĂ©rapeute, et en tout cas, jamais chez un tout-petit. La solution consiste en une surveillance attentive et beaucoup de patience car dans la grande majoritĂ© des cas, les petites jambes de notre apprenti jockey se redressent toutes seules avant l’entrĂ©e au CP. Quant aux quelques cas nĂ©cessitant une intervention chirurgicale et qui concernent essentiellement des malformations osseuses le plus souvent d’origine gĂ©nĂ©tique, c’est souvent vers l’ñge de 3 ou 4 ans qu’est programmĂ©e l’opĂ©ration visant Ă  remettre dans le bon axe les membres infĂ©rieurs.

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