Bébé fait caprice sur caprice

Les colères et les exigences des tout-petits sont parfois bien difficiles à gérer ! Les explications d’Isabelle Filliozat, psychanalyste-psychothérapeute, pour mieux les décoder.

Il veut encore un petit bonbon, faire un dernier tour de manège, regarder la télé 5 minutes de plus, veut faire la loi à la maison en refusant l’heure du bain, du repas, du coucher… Devant votre refus, il se met alors à hurler, se roule par terre, tape des pieds, parfois donne des coups… Bref, il vous fait une scène ! Pire il vous dit que vous êtes méchante et qu’il ne vous aime plus…

Pourquoi dit-il cela ?

« La colère est l’expression d’un besoin », affirme la spécialiste. « Il n’a pas obtenu ce qu’il voulait et l’émotion qu’il ressent lui permet d’accepter ensuite la frustration.». Souvent, la première occasion venue est bonne pour évacuer ce trop-plein d’énergie.

Ce que vous pouvez faire

« Le réprimander n’est pas la solution car un petit enfant ne peut pas réagir autrement », ajoute la spécialiste. « Vous devez respecter sa colère en lui disant qu’il a le droit de se sentir comme cela. Et aidez-le à décoder son besoin ». Même si la scène se déroule au beau milieu d’un supermarché bondé, laissez-le exprimer sa colère pendant quelques minutes. Restez calme et ne montrez pas à votre enfant que vous n’arrivez pas à vous contrôler car cela risque d’augmenter sa panique. Respirez profondément et pensez à l’amour que vous avez pour lui. Refusez la violence, la sienne, et faites-lui comprendre que la violence n’est pas acceptable. Pour cela, ne cédez pas vous-même à la violence avec une fessée ou une tape. Si la situation est trop difficile à gérer pour vous, demandez de l’aide au papa ou à une tierce personne. Prenez du recul et essayez de mettre des mots sur son sentiment. Même s’il vous repousse ou vous tape (ne le laissez pas vous faire mal !), maintenez le contact avec lui pour éviter qu’il se blesse et pour qu’il se recentre sur lui. Une fois le gros de la crise passé, il finira de se calmer dans vos bras. Et vous pourrez lui expliquer calmement pourquoi vous avez dit non…

Le truc en plus

La chaise à chichis ! Au Québec, dans certaines crèches (appelées là-bas garderies), on trouve des chaises à chichis. Quand l’enfant est en colère, fait un caprice, il est invité à aller s’asseoir sur la chaise à chichis, placée un peu en retrait. Et là, il a le droit de se livrer à toutes les bouderies possibles, pleurs et autres manifestations de mauvaise humeur. Quand il a fini ses chichis, il vient rejoindre le groupe de lui-même. Lui laisser la gestion de sa mauvaise humeur, permet de le responsabiliser et de l’aider à relativiser. Et de comprendre aussi que le caprice, ça isole ! Reprendre le principe de la chaise à chichis à la maison n’est pas une mauvaise idée à condition d’en limiter l’usage aux chichis, sinon la magie n’opérera plus…
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