Des parents d’enfants malades en grève de la faim

Depuis le 26 juin dernier, des parents d’enfants malades ont entamé une grève de la faim pour protester contre la fermeture du service d’oncologie-pédiatrie de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), spécialisé dans les cancers des os.

 
Cette fermeture fait suite au départ à la retraite non remplacé du Dr Nicole Delépine qui a dirigé ce service depuis 2004. Une fois l'unité fermée, les enfants malades seront redirigés vers d'autres hôpitaux, où ils ne seront pas forcément soignés par les mêmes méthodes et les mêmes traitements. D’où la colère des parents. Lisbeth, la maman de Corentin, un jeune homme en rémission totale après un cancer des os rare qui lui a été diagnostiqué à l’adolescence, s'est entretenue avec Neuf Mois pour nous éclairer sur la mobilisation des parents et leurs revendications.
 
Un service en péril
 
Les parents des enfants malades de Garches ne veulent pas voir le service oncologie-pédiatrie fermer, et s'opposent aux autres traitements préconisés à l'hôpital Ambroise-Paré (Boulogne-Billancourt) ou aillleurs. "L'IGR (Institut Gustave Roussy) et Curie font des essais thérapeutiques, explique Lisbeth. Ils tentent des chimios et de nouvelles molécules qui souvent ne fonctionnent pas. Si l'unité de Garches ferme, il n'y aura plus de choix possible pour les parents", affirme Lisbeth, qui pointe du doigt le "plan cancer 3" qui "refuse les alternatives". Elle explique aussi que les enfants malades ne pourront pas être convenablement soignés avec "une seule consultation oncologique par semaine, comme c'est le cas à Boulogne-Billancourt”. Pour Lisbeth, il y avait pourtant des solutions pour éviter la fermeture et assurer la continuité des soins, selon le protocole qui convient aux familles : « Le Dr Delépine a proposé plusieurs chefs de service (à l'hôpital Raymond-Poincaré), mais ils ont tous été refusés, alors qu’à ce jour, neuf personnes seraient prêtes à prendre sa succession ».
 
Un service qui laissait place à l’espoir
 
Ces dernières années, les familles d'enfants gravement malades ont pu apprécier dans le service du Docteur Delépine « un accueil chaleureux et une grande écoute ». Pour les parents, deux autres points sont essentiels : l’individualisation des traitements et le recours aux méthodes des années 1980. L'unité de Garches compte 200 familles d’enfants souffrant d’un cancer. A en juger par le nombre de jeunes en rémission, les traitements utilisés sont plutôt efficaces, estime Lisbeth, et c’est pour cela que les parents s’y accrochent.
 
La mobilisation ne faiblit pas
 
Mercredi dernier, un médiateur s'est déplacé mais n'a pour l'instant « pas fait avancer la situation ». Hier, les parents ont été évacués de l'hôpital par la force avant que les deux parties s'entretiennent dans la suite de la journée, mais cela n'a abouti à rien de nouveau. Tandis que l'AP-HP déplore « l'absence de tout signe de dialogue », Lisbeth explique n'avoir entendu « que des palabres, des propos stériles » durant la réunion. L'AP-HP a affirmé dans un communiqué vouloir le départ des grévistes « pour ne pas gêner la bonne prise en charge de l'ensemble des patients », alors que certains parents dénoncent le harcèlement et les brimades dont ils ont été victimes depuis dix jours. Aujourd'hui mardi 7 juillet, la maman de Corentin entame son 12ème jour de grève de la faim. « La grève continue et la détermination reste la même », explique-t-elle. Un bel exemple de solidarité entre parents : Corentin, le fils de Lisbeth, étudiant en Master de Droit, est en rémission totale. Mais sa mère n’oublie pas les soins dont il a été l’objet et veut se battre pour toutes les familles d'enfants malades…  
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