J’ai vécu le baby blues…

Le baby blues. Ce n’est malheureusement pas une légende, cela arrive à bien à de jeunes mamans et C’EST NORMAL ! Cassons le mythe de la jeune mère totalement épanouie et la plus heureuse du monde depuis que bébé est né… Ornella y va peut-être un peu fort mais a-t-elle tort ? Elle témoigne pour Café des mamans…

 

Le baby blues, qu'est-ce que c'est ?

C'est d'abord un phénomène physique : une grosse chute d'hormones (oui encore elles ! ). On passe de l’état d’être enceinte à ne plus l’être… enceinte… Et le corps en prend un sacré coup ! A cela, ajoutez la fatigue de l'accouchement… Idéalement, on aurait besoin de dormir 24 heures d'une traite mais non… Bébé est là et nous le rappelle toutes les 2 à 5 heures. Et puis pour certaines, nous évitons les miroirs car voir notre ventre…. vide, notre corps en mousse avec ces kilos accumulés pendant la grossesse… Bref, certaines d’entre nous ne se trouvent pas au top, voire moche.
 
Ensuite ça se passe dans la tête. Arrivée à la maison, seule avec bébé…ok ! « Je fais quoi ? ».  Et là, il n'est pas rare d'avoir peur, voire de paniquer à cette idée. Encore une fois c'est normal ! Surtout si c'est le premier bébé. Mais que ce soit le premier ou le cinquième, cela demande une organisation différente et peut être source de stress. Des questions peuvent nous traverser l'esprit telles que : « Est-ce que j'étais prête? », « Est-ce que je suis/serai une bonne mère ? » ou encore « Je ne serai plus jamais tranquille… » Tout changement entraine une remise en question de soi. Il n’y a pas de quoi culpabiliser, vous être normale. 
 
Selon les femmes, l'amour maternel peut « se déclencher » à différents moment de la vie de maman. Parfois pendant la grossesse, parfois au moment où la sage-femme pose bébé sur nous et parfois plus tard… On regarde bébé dormir et oh ! On réalise que ça y est ! On sent l'amour monter en nous sous forme de crise de larmes ! Mais cela peut prendre plus de temps, plusieurs jours voire quelques semaines. Cela peut dépendre de l'accouchement qu'on a vécu (complications, voie basse ou césarienne…), si on a été séparé de bébé ou pas à la maternité … Chaque cas est unique, chaque maman est unique. Il faut du temps pour que la mère et son bébé apprennent à se connaître. Une célèbre publicité nous dit: « On ne né pas mère, on le devient ».
 
Alors oui vous êtes fatiguée, vous avez les cheveux mous et gras (encore merci les hormones !), vous êtes encore en pyjama à 14 heures (c’est parfois chouette !) … mais avant-hier, vous y étiez encore à 17 heures, signe donc que vous vous organisez de mieux en mieux ! Le baby blues est courant mais il est à surveiller afin qu'il se ne transforme pas en dépression post natale. 
 

Quelques pistes pour rompre avec le baby blues…

– Parlez ! Plaignez-vous, vous avez le droit ! Certaines femmes ne se rendent pas compte qu'elles ont le baby blues. Il est donc important de ne pas se couper du monde et de continuer à voir votre famille et vos amis. Parler, se confier à son mari, sa mère, sa meilleure amie, à un professionnel de santé comme votre sa sage-femme ou votre médecin traitant… est le meilleur moyen de sortir du baby blues. Vos proches ne vous en voudront pas. Ils sont là pour vous soutenir et vous écouter. 
 
– Demandez à Papa de prendre son congé paternité. Vous pourrez lui passer le relai et dormir !
 
– Voyez vos copines ! Recevez-les à la maison autour d'un paquet de biscuits chocolatés, d'un verre de soda et refaites le monde comme avant votre grossesse. Le bruit berce bébé. A part vous réclamer à manger, il vous laissera normalement en paix sinon demandez contribution à Papa.
 
– Sortez avec bébé. Cette fois-ci, allez chez vos amies. Préparez un sac à langer, prenez loulou en porte bébé et hop! En voiture, en bus ou à pieds, allez prendre l'air. On ne vous demande pas d'aller faire les magasins non plus hein! Sachez quand même qu'il vous faudra un endroit pour le nourrir et le changer. Vous allez bientôt commencer une rééducation du périnée, ne la zappez pas ! C'est l'occasion de se forcer à sortir et rencontrez votre sage-femme.
 
– Imposez-vous ! Exigez de l'aide de vos proches ou au contraire exigez la paix ! Papy et Mamie qui débarquent sans prévenir pour faire coucou à bébé c'est non aujourd’hui ! Débranchez le téléphone. Vous avez besoin de trouver votre propre rythme avec votre tout petit.
 
– Profitez de la vie ! Prenez le temps de faire abstraction de votre état physique et contemplez bébé. Ces instants sont uniques et vous êtes en train de passer à côté. Parlez-lui, même s'il ne sourit pas encore il vous entend et vous regarde. Votre voix le rassure et crée une complicité unique entre vous. Le premier amour de bébé, c'est vous !
 
 – Ne soyez pas obsédée par votre physique. Oui je sais, facile à dire …. Mais ce n'est pas absolument pas le moment de faire un régime ! Vous avez besoin de force surtout si vous allaitez. Vous n'avez pas très faim, normal encore les hormones ! Il vous a fallu 9 mois pour avoir ce corps, dites-vous qu'il vous en faudra autant pour redevenir celle que vous étiez, encore une fois c'est normal ! Ne vous fiez pas à votre grand-mère, à la voisine ou la copine de votre copine qui vous a dit « bah dis donc va falloir faire régime ». « Non sans blague ? Je n’ai pas de miroir chez moi tu crois ? ». Votre ventre est détendu ? Il se retendra avec le temps, de même pour votre poitrine qui a subi de plein fouet votre grossesse. Vos cheveux et votre peau font grise mine, ça s'arrangera. Si vous allaitez, cela puise dans vos graisses et peut vous aider à perdre du poids. Oui c'est long…. Mais le meilleur est devant vous. 
 
 
– Si vous allaitez, d'une part, ne vous mettez pas la pression. Personne ne vous en voudra si vous passez au lait infantile. Si vous tenez bon, à partir de 3 semaines, quand la lactation est bien mise en place, vous pouvez tirer votre lait. Le Papa pourra ainsi prendre un peu le relai et donner le biberon comme un grand. 
 
De retour chez vous, si après quelques semaines vous vous sentez constamment dépassée, que vous ne savez plus comment gérer bébé et ressentez une profonde solitude, je vous conseille d'en parler à un professionnel : Sage-femme, médecin traitant, gynécologue, psychologue…Il existe une solution pour chaque problème. Mais n’ayez pas peur de vous confier même si cela peut vous semblez compliqué. 
 
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