Gastro et bébé : comment réagir ?

Bébé se tord de douleur et pleure lorsque vous lui massez son petit ventre ? Il refuse de manger, a des selles liquides, de la fièvre et des vomissements ? Autant de signes qui alertent. Sans doute a-t-il une gastro-entérite ? Et bien entendu, tous ces maux vous inquiètent.
Notre expert, le Docteur Jean-Charles Franceschini, pédiatre et membre de l’AFPA (Association Française de Pédiatrie Ambulatoire), vous dit tout, tout, tout pour soigner votre petit loup.

 

Une gastro-entérite, est une maladie courante qui peut effrayer les parents quand bébé est malade. Comment doivent-ils réagir? 

Le terme de « gastro » couvre différents tableaux : une diarrhée simple où les pertes liquidiennes peuvent et doivent être compensées par un apport hydrique à volonté, de préférence avec des solutés de réhydratation orale. Et  des vomissements associés à la diarrhée (on parle alors de gastro-entérite aigue). Dans ce cas-là, les vomissements empêchent la compensation des pertes liquidiennes et l’enfant peut rapidement se déshydrater. Il est impératif alors de consulter rapidement un pédiatre. La gravité de ces tableaux est fonction de l’âge : elle est d’autant plus importante que l’enfant est petit. 
 
Les formes les plus sévères de gastro-entérite à rotavirus s’observent entre 6 mois et 2 ans, quand les enfants n’ont plus les anticorps (comprenez les défenses) de leur mère. C'est là qu'il faut protéger bébé puisqu'il n’est pas rare que la maladie conduise à une hospitalisation. Il faut savoir aussi que la transmission du virus se fait par contact (inférieur à 2 mètres), par l’intermédiaire de surfaces contaminées. La durée de vie du virus étant de plusieurs mois, il persiste sans problème sur ces surfaces. Par contre, il n’y a pas de transmission possible par voie aérienne. 
 

Qu'en est-il du vaccin contre la gastro? 

Le rotavirus est responsable de l’infection dans 80 % des cas chez les enfants de moins de deux ans. La vie en collectivité favorise le développement et la propagation du virus.  Le vaccin contre le Rotavirus est très peu pratiqué car non recommandé par le Haut Conseil de la Santé Publique. 
 

Quel est son intérêt ? 

Son principal intérêt réside dans la prévention des diarrhées à Rotavirus qui sont la principale cause des diarrhées virales chez les nourrissons et les jeunes enfants. Elles entraînent des signes de gravité plus souvent que les autres virus et nécessitent plus fréquemment une hospitalisation (estimées en France à 18 000 par an)
 

Y a t-il des risques ? 

Il ne faut pas vacciner après l’âge de 6 mois en raison de l’augmentation du risque d’invagination intestinale aiguë.
 

Un vaccin polémique…

En 2008, puis en 2010, le Comité technique des vaccinations et le Haut Conseil de Santé Publique n'ont pas recommandé la vaccination généralisée contre les rotavirus (RV) en France.
Le GPIP et l'AFPA estiment qu'il est temps de reconsidérer la recommandation de la vaccination. En effet, d'une part des réponses ont été apportées concernant la présence de circovirus dans les vaccins RV et le risque d'invagination intestinale aiguë (IIA), d'autre part ces vaccins RV sont déjà introduits dans les programmes de vaccination de nombreux pays pauvres ou à revenu intermédiaire et élevé.
Des études indépendantes ont démontré l'efficacité sur le terrain dans les pays ayant généralisé cette vaccination (sans modifications génotypiques significatives des souches circulantes). Comme le note le docteur Georges Thiébault, pédiatre et membre de l’AFPA, le Rotateq est l’un des 2 vaccins contre le principal virus responsable de gastro-entérite chez le petit enfant, le rotavirus (75% des cas de gastro-entérite chez les enfants de moins de 2 ans). Tout enfant rencontre ce virus au cours de ses deux premières années de vie et l’affection peut prendre la forme d’une diarrhée grave avec vomissements entrainant une déshydratation sévère et une hospitalisation.
Ce vaccin se prend par voie buccale, en 3 prises, à partir de l’âge de 2 mois (la dernière prise doit être reçue avant l’âge de 6 mois). Il est très efficace, bien toléré et recommandé par les pédiatres. Il est très utilisé dans le monde, plusieurs pays européens l’ont déjà intégré dans leur calendrier vaccinal. Pour le moment, en France, les autorités de santé n’ont pas décidé de mettre en place une recommandation qui en permettrait le remboursement (certaines mutuelles peuvent cependant accorder une prise en charge en partie). L’autre vaccin est le Rotarix, qui se donne en 2 prises.
Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire