Neufmois.fr » Mon bĂ©bĂ© » Ma vie de maman » Moi, Belle-maman et bĂ©bĂ©…

Moi, Belle-maman et bĂ©bĂ©…

Il Ă©tait une fois
 Moi, ma belle-mĂšre et bĂ©bĂ©. Une histoire Ă  priori banale me direz-vous et pourtant
 Si vous saviez combien la relation belle-fille/belle-maman peut me retourner le cerveau dans tous les sens. Faites pas ci, faites pas ça, faites comme ci, faites comme ça, belle-maman peut parfois se montrer terrifiante surtout depuis qu’elle est devenue grand-mĂšre
 La preuve par le rĂ©cit d’une de nos fidĂšles lectrices, Marjorie.

Quand je lui mets bĂ©bĂ© pour la premiĂšre fois dans les bras
 Et qu’elle affirme qu’il ressemble Ă  son fils et rien qu’à son fils. « Dommage que ce soit une fille », aime-t-elle ajouter en me regardant droit dans les yeux. « Je ne n’aurais pas la chance de faire perpĂ©tuer le nom de mon mari ». Ahhhh ! Mais faites la disparaĂźtre. Soudain je ne rĂȘve plus que d’une chose pour la faire enrager la belle-mĂšre : avoir une deuxiĂšme, puis une troisiĂšme fille. Ça tombe bien Jules et moi rĂȘvons d’avoir trois enfants. Trois filles ce serait top.

Quand je lui parle du choix de mon pĂ©diatre
 Et qu’elle me rĂ©pĂšte sans cesse que je n’ai pas choisi le bon, qu’il n’est pas capable de soigner ma fille correctement. La preuve, elle est encore malade ! Si seulement c’est elle qui pouvait tomber malade, avoir mal Ă  la gorge et ne plus pouvoir parler. Quelle bonheur ce serait de plus entendre ses reproches ! Quoi ? Hein ? Je n’entends rien !

Quand Jules a pris deux kilos
 Et qu’elle chuchote Ă  son fils que je le nourris mal. Trop gras, trop sucrĂ©, « ta femme ne sais pas cuisiner, elle achĂšte des plats tout prĂ©parĂ©s, elle ferait mieux de passer sa matinĂ©e au marchĂ© plutĂŽt qu’aller courir les boutiques » Et gnagnagna
 Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre ! Surtout quand Jules voit sa bedaine augmenter parce que tous les lundis midi, il dĂ©jeune chez sa mĂšre et qu’elle le gave comme une oie de basse-cour. Blanquette, cassoulet, pomme de terre au beurre, « rien n’est trop beau pour mon fils », rĂ©pĂšte-t-elle sans cesse
Et c’est moi qui cuisine gras ?


Quand je cuisine pour bĂ©bé  Et qu’elle m’explique avec un grand sourire qu’au mĂȘme Ăąge que sa petite fille, son fils avait dĂ©jĂ  un goĂ»t prononcĂ© pour les lĂ©gumes. Elle me raconte fiĂšrement comment elle fĂ»t capable d’éduquer le goĂ»t chez son enfant. Elle rabĂąche alors sans cesse que les nouvelles mĂšres donnent n’importe quoi Ă  manger Ă  leur bĂ©bĂ© et qu’elles ne s’inspirent plus des techniques de leur maman. VoilĂ  pourquoi selon elle les enfants ne savent plus goĂ»ter aux bonnes choses.

Quand elle dĂ©barque sans prĂ©venir Ă  10 heures du matin
 Que je dors encore debout en ouvrant la porte et qu’en dĂ©couvrant le visage de belle-maman, je lui claque la porte au nez en espĂ©rant que ce soit un cauchemar. Alors je rouvre la porte. Non, elle n’a pas disparu. Chouette, on va encore passer un super dimanche. Vivement ce soir que je retourne me coucher.

Quand elle a dĂ©cidĂ© de rester Ă  la maison
 Et que je n’ai rien prĂ©parĂ© Ă  dĂźner. Comme par hasard, ce soir-lĂ  j’ai une folle envie de pizza surgelĂ©e, je dĂ©sire plus que tout passer ma soirĂ©e sous la couette avec Jules mais belle-maman insiste pour prendre les commandes du fourneau
 J’ai soudain la terrible envie de la pousser dans le four pour ne plus la voir.

Quand elle critique mon gratin
 Parce que le sien est meilleur. Pour me faire rager, elle demande alors Ă  son « fifis » d’acquiescer. Et que fait Monsieur par crainte de reprĂ©sailles ? Oui oui, vous l’aurez devinĂ©, par peur il affirme les propos de sa « mĂŽman ». Les hommes d’aujourd’hui sont des vraies fillettes.  


Et pourtant


Quand je suis overbookĂ©e
 Elle est toujours lĂ  en cas d’alerte. Je sais que je peux l’appeler Ă  n’importe quelle heure, elle sera lĂ  pour garder la petite si besoin.

Quand Jules et moi voulons retrouver un peu d’intimité  Encore un fois je dois l’avouer, belle-maman est ravie de prendre le relais avec bĂ©bĂ©.

Quand bĂ©bĂ© est malade et que le pĂ©diatre ne peut pas la voir tout de suite
 Elle me confie ses potions magiques pour calmer les maux de bĂ©bĂ©. Sans ses petites astuces de grand-mĂšre, jamais je n’aurais pu apaiser ma petite puce le temps qu’un mĂ©decin se libĂšre.

Quand elle me parle de sa vie de femme
. Et que l’on se retrouve juste toutes les deux pour discuter de tout et de rien
 Soudain belle-maman tombe le masque et devient (oui c’est trĂšs difficile Ă  dire je sais), « aimable » si je puis employer ce terme (pour une fois). Salade, chiffon, chaussures, bĂ©bĂ©, mari, couches, jardin
 Elle se met Ă  parler de tout.

Quand elle devient ma complice
 Parce que ma journĂ©e s’est mal passĂ©e, qu’elle est encore Ă  la maison et que j’ai besoin de parler. Elle me laisse vider mon sac. Elle m’explique qu’elle aussi a souvent eu envie de prendre des vacances et de laisser dans un tiroir tous ses problĂšmes. Parce qu’ĂȘtre maman, femme et active, elle aussi l’a vĂ©cu, il lui arrive de me comprendre et de me redonner confiance.


À lire absolument