Vie de maman : Interview de la blogueuse Muriel Ighmouracène

Muriel Ighmouracène est l’une des blogueuses mamans les plus connues sur le web (blog « maispourquoijedeviensmerebordel.fr ») Maman d’une petite fille de deux ans, elle est l’auteure de l’ouvrage « Le Journal de moi … maman ». On a adoré son premier livre Le Journal de moi … enceinte !!!, et on raffole aussi du second.

Pour café des mamans, elle nous dit tout sur sa vie de maman.

Qu’est ce qui vous a poussé à écrire ces deux livres ?

J’ai toujours écrit pour moi, j’ai des tonnes de petits carnets que je garde au fil des années. L’écriture a une grande place dans ma vie. J’ai aussi écrit deux pièces de théâtre que j’ai eu le bonheur de mettre en scène, car je suis aussi un peu comédienne sur les bords. En 2010, j’ai ouvert mon blog pour y raconter ce que je vivais tout en restant anonyme. Larousse l’a découvert, aimé et m’a contactée deux jours après la naissance de ma fille pour écrire le premier livre ! C’est un rêve de petite fille qui s’est réalisé.

Devenir mère, qu’est-ce-que ça a changé dans votre vie ?

Tout ! Ma façon de voir les choses et mon quotidien. Je souris quand je vois certaines personnes se prendre la tête avec les choses qui pouvaient me préoccuper avant, et qui ne me traversent même plus l’esprit désormais. Aujourd’hui, je n’ai plus du tout les mêmes préoccupations, c’était étrange de réapprendre à vivre avec des priorités complètement nouvelles.

Que vous apporte votre rôle de maman  ?

Beaucoup de joies et quelques angoisses. Non. Beaucoup de joies et beaucoup d’angoisses, en fait. Mon attention n’est plus seulement centrée sur moi, c’est comme si une partie de moi était toujours ailleurs.

Ça change beaucoup de choses dans votre quotidien ?

Bien sûr.  Le temps passe incroyablement plus vite. C’est comme si quelque chose s’était modifié sur la planète parce que quelqu’un aurait appuyé sur le bouton avance rapide. Peut-être aussi parce que j’ai changé de quotidien professionnel en devenant mère, quand on fait ce qu’on aime, les journées semblent passer en un claquement de doigts !

Vous êtes consultante en lactation, est ce que vous aussi avez allaité votre fille ?

Oui, jusqu’à ses 18 mois. Pour autant, je suis révoltée par cette lutte entre les mères qui allaitent et celles qui n’allaitent pas. Chacune est libre de son choix, libre d’être une « assez bonne mère » à sa façon, et chacune devrait travailler à accepter que la maternité de la voisine diffère de la sienne. Si on veut que les familles, que les parents soient mieux considérés, mieux pris en compte par la société, c’est à mon sens par là qu’il faut commencer : s’abstenir de juger l’autre sur sa parentalité.

Avez-vous connu le fameux baby blues ?

Je ne peux pas dire que j’ai eu un baby blues. Ou alors il a duré un an en dents de scie ! C’était plutôt par étapes..J’ai connu des moments durant lesquels je me disais que je n’y arriverais pas, que je n’étais pas la mère que j’avais rêvé d’être, que c’était trop dur. Et puis, il y avait les bons moments qui, avec le temps, devenaient plus fréquents et plus longs, et de nouveaux repères auxquels je pouvais m’accrocher.

Comment gérez-vous les conseils sur l’éducation de votre enfant ?

Je suis réputée pour avoir un certain caractère et une répartie un peu cinglante. L’avantage, c’est les gens évitent de me donner des conseils peu avisés ou qui ne soient pas emprunts de bienveillance. Et je suis toujours preneuse d’avis s’ils viennent de ma garde rapprochée et donc d’âmes bienveillantes à mon égard ! Je me dis toujours que si on reçoit des remarques désagréables c’est que, quelque part, on les a autorisées, peut-être sans en avoir conscience.


Votre fille vous inspire-t-elle au quotidien pour écrire des articles sur votre blog ou dans vos livres ?

Oh oui, elle est pleine de ressources. Je ne m’en rends pas bien compte, on me dit souvent que mes livres sont une belle preuve d’amour envers ma fille. Je lui en ai donc gardé un exemplaire de chaque que je lui ai dédicacés.

Selon vous, est ce qu’on est enfin sorti du diktat de la mère parfaite ?

Malgré la libération de la parole, on rame pour en sortir. Beaucoup de femmes ont envie d’être la mère parfaite, même si elles ne se l’avouent pas. Mais elles seraient chiantes à mourir si elles parvenaient à la perfection ! Je pense qu’il faut essayer de faire de son mieux, comme on peut, avec ce qu’on a, ce qu’on est, et de savoir s’en féliciter.

Quels sont vos conseils pour retrouver « sa vie de femme » après la naissance d’un enfant ?

Ne pas faire d’enfant ? (rires). Je ne suis pas de très bon conseil, j’ai mis du temps à retrouver ma vie de femme. Ça peut être une entreprise longue et laborieuse. On met parfois du temps à retrouver de l’intérêt pour ce qu’on aimait : être femme, être en couple, faire du shopping, prendre soin de soi. Bien sûr, il faut s’écouter, mais peut-être qu’il vaudrait mieux ne pas attendre trop longtemps une sorte de déclic magique. Parfois, il faut le provoquer sinon il se peut qu’il soit trop tard. Plus le déclic se fait tard et plus ça devient compliqué pour se retrouver, et retrouver son conjoint. Personnellement je pense avoir eu un sursaut vital juste avant la cata !

Pour finir, un dernier petit mot aux mamans du café ?

Il suffit de regarder son enfant pour savoir si on fait bien. Si on a fait moins bien que ce qu’on avait espéré, alors pas d’inquiétude, on fera mieux la prochaine fois, rien n’est gravé dans le marbre, rien n’est figé, tout bouge.
Je leurs conseillerais de bien dormir entre deux remises en question, quitte à s’échapper de la maison pour une nuit de temps en temps. Le sommeil c’est primordial !
Il faut qu’elles sachent qu’elles ont le droit de s’accorder du temps ou de confier leurs enfants, ça n’en fait pas de moins bonnes mères, c’est même probablement le contraire. La séparation est saine pour tout le monde, et je sais de quoi je parle, en tant qu’ex mère fusionnelle…
Les mères ont un besoin urgent de se souvenir de leur propre existence avant de s’oublier corps et âme pour leur famille.
Si les mères s’occupaient aussi bien d’elles-mêmes que de leurs enfants, elles seraient comblées !

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