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Ma vie de maman : 5 Ăšme Ă©pisode : Baby blues, enquĂȘte sur les mĂšres dĂ©passĂ©es !

Ce soir sur TĂ©va, dĂšs 20h40 retrouvez un nouvel Ă©pisode de Ma vie de maman consacrĂ© aux mamans dĂ©passĂ©es. On croit souvent que l’amour maternel est une Ă©vidence et que la maternitĂ© est synonyme de bonheur. Mais face Ă  ce bĂ©bĂ© si dĂ©sirĂ© de plus en plus de jeunes mamans sont inquiĂštes, tristes ou en colĂšres. ÉpuisĂ©es, isolĂ©es, dĂ©bordĂ©e, dĂ©couvrez ce soir le portrait des des mĂšres Ă  bout de nerfs !

 

Astrid Veillon reçoit cette semaine NadĂšge Beauvois-Temple dans le cadre de l'Ă©pisode « Tremblement de mĂšres : EnquĂȘte sur ces mĂšres dĂ©passĂ©es ». NadĂšge, ayant vĂ©cu elle-mĂȘme une dĂ©pression post-partum, a montĂ© son association Maman Blues pour entourer, accompagner et soutenir ces femmes en difficultĂ© aprĂšs la naissance de leur enfant.

Interview de NadĂšge Beauvois-Temple

Qu'entend-t-on par baby blues ?


C'est une Ă©motion, un trouble psychique ressenti aprĂšs la naissance de son enfant. Ce n'est pas un passage obligatoire mais souvent frĂ©quent (1 femme sur 10). Souvent, il faut aux femmes un moment d'adaptation avec le bĂ©bĂ© liĂ© au bouleversement physique et hormonal. C'est une sorte d'ascenseur Ă©motionnel, on a un accĂšs de tristesse et puis ça passe dans la journĂ©e. C'est parfois dĂ» Ă  une nostalgie du bien-ĂȘtre de la grossesse, du dĂ©calage entre la projection du bĂ©bĂ© et la rĂ©alitĂ©. Ça ne dure pas longtemps, une dizaine de jours. Si cela dure au delĂ  de 2-3 semaines, ce n'est plus un baby blues, c'est bien plus profond.

Justement, quelle est là différence entre un baby blues et une dépression post-partum ?

On les distingue à la durée. Un baby blues qui perdure, ça devient une dépression liée à la maternité et c'est beaucoup plus ravageant. Les femmes ressentent un malaise à l'égard de leur bébé et donc un sentiment de culpabilité et d'incompétence.

Comment l'avez-vous personnellement traversé ?


J'avais vĂ©cu une difficultĂ© dans la maternitĂ©. Je m'en suis rendue compte car ce n'Ă©tait pas le cas pour mes deux premiers enfants. Pour mon troisiĂšme, je ne me sentais pas bien et j'ai voulu arrĂȘtĂ© brutalement l'allaitement. Une spĂ©cialiste de la santĂ© l'a senti et m'a dirigĂ© vers une unitĂ© spĂ©ciale mĂšre/bĂ©bĂ© pour en parler. Je me suis effondrĂ©e trĂšs rapidement et j'ai Ă©tĂ© hospitalisĂ©e avec mon bĂ©bĂ© pendant deux mois. J'ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais.

Comment on se rend compte qu'on est en dépression ?

Bien souvent, ces femmes apportent tous les soins nĂ©cessaires Ă  leur bĂ©bĂ©, leur bien-ĂȘtre passant au second plan. Elles mettent leur Ă©tat sur le compte de la fatigue physique, alors que cela ne relĂšve plus du physiologique mais de l'Ă©puisement psychologique.

Comment agissent les mamans avec leur bébé ?

Elles peuvent ĂȘtre distantes ou incapables de poser leur bĂ©bĂ© parce qu'il pleure. Dans ce cas lĂ , elles n'ont jamais de rĂ©pit et s'Ă©puisent.

Pourquoi les mamans se sentent tout à coup surpassées et tombent en dépression ?

Parce qu'elles n'en parlent pas ! Elles ont peur de l'image de mauvaise mĂšre qu'elles pourraient renvoyer ou de l'inquiĂ©tude Ă  l'Ă©gard du bĂ©bĂ© qu'elles pourraient susciter. Elles s'inquiĂštent pour leur image et non pour leur bien-ĂȘtre. Elles finissent pas s'isoler. MĂȘme leurs conjoints ne les comprennent plus.

Comment sortir de cette dépression ?

Il faut d'abord s'Ă©couter ! On sait bien qu'au fond de soi on ne va pas bien. Il ne faut pas laisser l'entourage Ă©touffer le problĂšme avec des « ça va passer ». Il faut d'abord en parler puis ĂȘtre prise en charge. Dans le cas contraire, ce malaise avec le bĂ©bĂ© peut durer des annĂ©es et engendrer des souffrances voire des maltraitances envers le bĂ©bĂ© ou elles-mĂȘmes.

Vers qui ces femmes peuvent-elles se tourner ?

Elles doivent en parler Ă  leur conjoint, Ă  leur sage-femme, Ă  leur mĂ©decin, Ă  une PMI ou Ă  un professionnel de santĂ© en qui elles ont confiance. Parfois, le mal-ĂȘtre est banalisĂ©. On explique aux femmes qu'elles font un baby blues et que ça va passer. Sauf que dans certains cas, ça ne passe pas et les femmes sombrent dans la souffrance morale. 15 jours aprĂšs la naissance, si ce mal-ĂȘtre est en continu et perdure sans phase d'amĂ©lioration, c'est que c'est bien plus profond. Il faut rĂ©ellement prendre en compte l'inquiĂ©tude des mamans qui ne doivent pas repartir en Ă©tant seulement rassurĂ©es mais prises en charge ou conduites vers des unitĂ©s qui gĂšrent les dĂ©pressions maternelles.

Pourquoi la dépression post-partum est un sujet tabou ?

Parce que le diktat de la mĂšre parfaite pĂšse sur les mamans. Quand on donne la vie, on s'engage de tout son ĂȘtre. Quand on est parent, on est obligĂ© d'ĂȘtre heureux. Et lorsqu'on a un sentiment d'Ă©chec, on est ruinĂ©.

Parlez-nous de votre association Maman blues


En sortant de l'unitĂ© qui m'avait prise en charge, j'Ă©tais en colĂšre contre cette sociĂ©tĂ© qui ne parlait pas de cette dĂ©pression. L'association met en avant le dialogue comme prĂ©vention pour connaĂźtre les rĂ©alitĂ©s de la maternitĂ©. On invite ces femmes au dialogue, mais on leur parle autrement que mĂ©dicalement. On tente de les entourer en comprenant leurs souffrances et en luttant contre l’isolement.

Un conseil à donner aux mamans qui connaissent le « baby blues » ?

Le temps du baby blues n'est pas à négliger mais il ne doit pas durer. Les mamans doivent rester vigilantes sur ce qu'elles ressentent. Qu'elles se rassurent, elles ont toutes la capacité de surmonter les bouleversements de la maternité. Il faut simplement qu'elles s'informent et qu'elles puissent en discuter.

 

Questions à vous maman !

– Et vous, vous ĂȘtes vous sentie vous aussi sentie dĂ©passĂ©e par votre rĂŽle de maman ?
– Avez vous connu le fameux baby blues ?


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