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La fermeture des petites maternités : des sages femmes forment les pompiers aux accouchements inopinés

Chaque mois, une maternitĂ© ferme en France. En moins de 50 ans, la France a vu fermer prĂšs des deux tiers de ses maternitĂ©s. Quand bien mĂȘme le taux de natalitĂ© reste stable. Aujourd’hui, la France compte 488 maternitĂ©s. A titre d’exemple, en 1975, il y en avait 1369. A l’instar des espĂšces en voie de disparition, en 44 ans, c’est plus de la moitiĂ© des maternitĂ©s qui ont disparu. Cette extinction place en premiĂšre ligne les petites maternitĂ©s. Les consĂ©quences ? Plus de trajet pour les femmes enceintes pour rejoindre l’hĂŽpital ou une clinique. Et une augmentation du risque d’accoucher soit Ă  la maison, soit dans le camion des pompiers.

Fermer les petites maternitĂ©s jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus ?

Ces maternitĂ©s, souvent situĂ©es dans des zones isolĂ©es, ferment pour deux raisons principales. Soit elles ne remplissent pas les critĂšres de sĂ©curitĂ©, soit elles ne sont pas rentables. Le vent commence Ă  tourner dans les annĂ©es 70 avec un durcissement des normes Ă©tablies par l’Etat. Et notamment compter un minimum de 15 lits par maternitĂ©. En 1990, autre normes : compter 300 accouchements par an et l’obligation de disposer 24h/24 d’un obstĂ©tricien ou d’un anesthĂ©siste sur place. Plus les femmes se situent Ă  distance des maternitĂ©s, plus le risque d’un accouchement inopinĂ© Ă  la maison ou dans la camion des pompiers augmente. Ce risque est bien concret puisque l’accouchement inopinĂ© extra hospitalier reprĂ©sente 3 naissances sur 1000 en France.
Les facteurs de risque, eux, sont des difficultĂ©s sociales, matĂ©rielles chez les femmes enceintes. Mais Ă©galement les antĂ©cĂ©dents d’accouchement rapide et / ou Ă  domicile.

Les services de secours en premiĂšre ligne

Ce sont en effet les pompiers, et le SMUR, qui se retrouvent Ă  devoir gĂ©rer les accouchements inopinĂ©s. Seulement voilĂ , les pompiers ne bĂ©nĂ©ficient pas, dans leur formation initiale, de formations suffisamment poussĂ©es en mĂ©canique obstĂ©tricale et premiers gestes d’urgence pour gĂ©rer avec aisance ces accouchements toujours un peu stressant. MĂȘme si cela reste relativement rare en terme de chiffre, on estime que chaque pompier sera amenĂ© Ă  rĂ©aliser au moins un accouchement inopinĂ© dans sa carriĂšre professionnel. Pour le SMUR, la formation obstĂ©trique souvent insuffisante des mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et anesthĂ©sistes rĂ©animateurs font de ces accouchements inopinĂ©s des situations assez stressantes. Voire angoissantes. Alors que la formation Ă  des gestes simples permettent souvent d’assurer la sĂ©curitĂ© de la mĂšre et de l’enfant. Par ailleurs, ces services sont rarement Ă©quipĂ©s de documents administratifs tels que certificat de naissance ou document de liaison.

Les sages femmes Ă  la rescousse

Deux solutions complĂ©mentaires s’offrent aux sages femmes afin de palier Ă  ces difficultĂ©s. Renforcer les Ă©quipes de SMUR en partant en intervention quand nĂ©cessaire et former les pompiers et urgentistes aux accouchements inopinĂ©s. Ce sont ainsi, les sages femmes du bloc obstĂ©trical qui sont dĂ©tachĂ©es pour partir en intervention avec le SMUR. Dans ce cas, l’obstacle principal est la disponibilitĂ© du personnel et la contrainte d’organisation, rendant sa gĂ©nĂ©ralisation assez difficile.


A titre d’exemple, dans le Jura, une sage femme, CĂ©line, devenu pompier volontaire, forme les pompiers avec jeux de rĂŽle et scĂ©narios obstĂ©tricaux. Les premiers gestes tels que extraire le bĂ©bĂ© en douceur, masser, couper le cordon, mettre au chaud le nouveau nĂ© sont ainsi rĂ©pĂ©tĂ©s afin d’avoir les bons rĂ©flexes. Ou encore BĂ©atrice, une sage femme travaillant pour le CESITECH, le Centre d’Enseignement et de Simulation du Territoire Chalonnais, qui propose un grand nombre de formations par simulation, dont celle de la prise en charge de l’accouchement en milieu extra hospitalier, destinĂ©e aux mĂ©decins et infirmiers.

Alors que la politique de fermeture des petites maternitĂ©s se durcit, l’accouchement inopinĂ©, situation restant relativement rare, pourrait augmenter dans les prochaines annĂ©es. Un renforcement des techniques et pratiques obstĂ©tricales dans la formation continue des pompiers et des urgentistes semble donc indispensable. ApparaĂźt comme essentiel Ă©galement une politique d’harmonisation du matĂ©riel et protocoles Ă©crits utilisables par les services d’intervention d’urgence. La sage femme, a donc une place qui s’élargit dans le contexte de la fermeture des petites maternitĂ©s. Que ce soit dans la formation des pompiers et urgentistes ou sa prĂ©sence dans l’intervention des SMUR. Sans oublier son rĂŽle central dans les centres pĂ©rinataux de proximitĂ©. Ces structures mĂ©dicales assurant les consultations prĂ© et post natales, les cours de prĂ©paration Ă  la naissance, les consultations de planning familial et qui se substituent aux maternitĂ©s rĂ©alisant moins de 300 accouchements par an.

Sources :

DĂ©pĂŽt Universitaire de MĂ©moires aprĂšs Soutenance


Archives Ouvertes de l’UniversitĂ© de Lorraine


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