Allaitement : les françaises ont encore des progrès à faire !

Selon une étude publiée le 18 septembre dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire*, 69 % des bébés sont allaités à la maternité. Au bout d’un mois, ce chiffre est ramené à 39% pour l’allaitement exclusivement au lait maternel.

Mise en situation

Eh oui, au bout d’un mois, seuls 39% des bébés sont nourris exclusivement au lait maternel.

L’étude a été réalisée entre le 16 janvier et le 5 avril 2012, autant dire que ces statistiques sont toutes fraîches ! La bonne nouvelle, c’est que les Françaises allaitent plus que leurs mères (37% en 1972) et que leurs sœurs aînées (53% en 1998) : elles sont en effet 69% à mettre bébé au sein à la maternité. Une progression considérable… mais qui s’effondre comme un soufflé au sortir du four dans les semaines qui suivent.

 

Qui allaite plus facilement ?

Si l’allaitement est un acte naturel, physiologique, qui devrait donc toutes nous réunir, quels que soient notre niveau d’études ou notre origine ethnique, c’est pourtant loin d’être le cas ! Les jeunes mamans d’un niveau d’étude inférieur ou égal au baccalauréat allaitent moins que celles ayant fait des études supérieures (62% vs 74 % à la naissance, 44 % vs 62 % à un mois).

De même, les femmes nées à l’étranger, tout comme les mamans d’âge plus mûr et les femmes mariées ou encore celles qui ont suivi régulièrement des cours de préparation à la naissance, allaitent davantage que les plus jeunes et les célibataires. Le tabac serait aussi un frein, puisque les jeunes mamans n’ayant pas fumé enceintes allaitent davantage que les non-abstinentes (72% vs 54%). Reste tout de même que 39% des bébés seulement sont allaités exclusivement avec du lait maternel (54% en allaitement mixte) à l’âge de 1 mois : le retour à la maison sonne le glas des bonnes résolutions !

À la Coupe d’Europe de l’allaitement maternel, les Françaises sont donc à la traîne, très loin derrière les Norvégiennes, sacrées championnes en titre avec 98% de taux d’allaitement exclusif.

 

Comment se motiver ?


En consultant une sage-femme libérale dès le retour à la maison (prise en charge à 100% par la Sécurité sociale à raison de trois consultations post-natales), en adhérant à une antenne locale de la Leche League, en créant un réseau de copines qui allaitent dans son quartier, on se donne les moyens de tenir le challenge au moins jusqu’à la fin du congé maternité si ce n’est jusqu’aux six mois préconisés par l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais encore faut-il que le papa adhère au principe. L’étude met en effet en évidence le rôle positif que jouent les pères dans la poursuite de l’allaitement.

Alors, si on demandait à nos chéris de nous coacher, en leur sortant le grand jeu, à la façon Adriana Karembeu ? 

 

*Epidémiologie en France de l'alimentation et de l'état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie.

 

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