Neuf Mois pour les sages-femmes 9Love - L'Eshop Grossesse

Pas facile de vivre ce genre d’intervention quand on est enceinte

Tout se passait trop bien! Il y a trois semaines, j’ai eu des douleurs au niveau du coccyx, je pensais que c’était les chaises de chez mon papou qui étaient trop dures. Mais quand le vendredi j’ai senti une grosseur au même niveau, je me suis un peu inquiétée.

On est parti aux urgences (maternité), ils m’ont fait un monitoring : il s’agissait d’un kyste et il fallait l’enlever. Ils m’ont demandé de venir le lundi, car un chirurgien devait le voir. J’ai souffert le martyr. Le lundi, j’ai passé toute la journée aux urgences à attendre que le chirurgien m’ausculte. Quand il m’a vue à 17h, il m’a dit : « On vous garde et on vous opère demain ».

J’étais soulagée car je n’en pouvais plus, mais quand il m’a dit que ça se ferait sous anesthésie générale, j’ai flippé. Mon bébé ??? Il m’a dit que ça ne risquait rien… Une anesthésiste est passée et nous a tout bien expliqué. Mais quand elle a dit que mon bébé s’endormirait en même temps que moi, je n’ai pas pu retenir mes larmes. J’avais bien sûr plus peur pour mon fils que pour moi.

Mardi : réveil 6 h. L’infirmière est venue, douche à la Bétadine, pose de la perfusion. Mon chéri, qui a pris sa journée pour être avec moi, arrive. Départ en ambulance à 7h30 car vu mon état, je suis suivie à la maternité. Mon chéri m’accompagne, les ambulanciers sont très sympathiques. Mais je suis complètement sonnée à cause des médicaments. On arrive dans une des pièces, avec tous ces médecins,… Mon chéri doit partir, je suis triste.

J’attends, avec les médecins, infirmiers qui passent et repassent. J’entends, « On commence par le kyste ou l’appendicite ? » Je me dis, « Commencer par moi, je veux vite en finir ! ». Un chirurgien me parle, il rigole car je suis sonnée. Je fais la sérieuse, mais je n’y arrive pas !!!!

10h: entrée au bloc : il m’installe sur un tout petit lit, côté droit. J’ai peur! L’équipe est vraiment très sympa (tout comme les infirmières, etc. à la maternité) On me met le masque, ensuite l’anesthésie, et je m’endors en pensant à mon fils.

Réveil : je me réveille, sonnée bien sûr. « On vous enlève le tuyau ? » Je réponds « oui » de la tète- c’est horrible d’avoir ça dans la gorge. Je me sens bien, c’est fini. Mais je suis allongée sur le dos pour l’instant ça va. Je pense à mon fils, je mets ma main sur mon ventre, quelques minutes après, il se met à bouger. Quel soulagement ! Je commence à avoir mal, je lève le bras pour qu’on me mette sur le côté.

Mercredi : ma tension avait du mal à remonter. On a changé les perfusions toute la nuit. Mais rien à faire, ma tension reste à 8.5, pas plus. J’ai attendu toute la matinée que le chirurgien passe pour voir la plaie; il est arrivé vers midi, a fait les ordonnances et c’est bon, je pouvais sortir le jour même !


Mais il fallait que j’aille à mon contrôle mensuel, qui avait lieu justement ce mercredi à 15h30 ! J’ai demandé à faire un dernier monitoring. On me dit de remonter à ma chambre, qu’une sage-femme allait passer. Après m’avoir posé le monitoring, elle m’informe qu’elle reviendra dans 30 minutes. Mon chéri arrive, mais voilà, pas de sage-femme ! Elle m’a oubliée ! Elle arrive 3/4 d’heure plus tard, elle a eu une urgence ! Bébé va bien et pas de contractions ! On peut y aller !!!

De retour à la maison, c’est le début d’une longue cicatrisation et de soins infirmiers tous les jours. C’est la galère pour dormir (pas sur le ventre ni sur le dos), pour manger et pas possible de s’asseoir…
Et puis il y a le moral, culpabilité par rapport à mon bébé : lui faire subir ça. Peur qu’il y ait des conséquences négatives, je stresse, je déprime. Ce n’est pas facile, mais je reprends le dessus. Toutefois, être dépendante de mon chéri, ce n’est pas facile non plus, je ne supporte pas trop car je ne peux pas faire grand-chose. De surcroît, je suis crevée car je n’arrive pas à dormir. On m’enlève les points dix jours après l’opération. Quel bonheur !

Ça fera bientôt trois semaines et ça me gratte. J’ai peur de me cogner. C’est encore dur pour dormir et pour m’asseoir. Mais je recommence à préparer la venue de mon fils, car la naissance est prévue dans deux mois !
Ce n’est pas facile de vivre ce genre d’intervention quand on est enceinte. Ça fait peur, surtout pour son bébé. De plus, je crains que les médicaments que je prends n’aient des effets sur lui.

J’ai passé la dernière échographie, notre fils va très bien. Il fait 1.898 kg, ce qui est bien, et il a la tête en bas ! Ouf ! je suis rassurée ! Mais je le serai vraiment quand je le tiendrai dans mes bras.
En tout cas, il est super actif, c’est rassurant, et au moins j’ai pris plus de temps pour communiquer avec lui, ce que je ne faisais pas autant avant. Je lui parle, je le caresse,… c’est génial de voir qu’il est réceptif à tout ça !! Je bouquine, je liste ce qu’il nous reste à acheter et je me repose. J’essaie aussi d’oublier ce mauvais passage de ma grossesse…

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