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Pas facile de vivre ce genre d’intervention quand on est enceinte

Tout se passait trop bien! Il y a trois semaines, j’ai eu des douleurs au niveau du coccyx, je pensais que c’était les chaises de chez mon papou qui Ă©taient trop dures. Mais quand le vendredi j’ai senti une grosseur au mĂȘme niveau, je me suis un peu inquiĂ©tĂ©e.

On est parti aux urgences (maternitĂ©), ils m’ont fait un monitoring : il s’agissait d’un kyste et il fallait l’enlever. Ils m’ont demandĂ© de venir le lundi, car un chirurgien devait le voir. J’ai souffert le martyr. Le lundi, j’ai passĂ© toute la journĂ©e aux urgences Ă  attendre que le chirurgien m’ausculte. Quand il m’a vue Ă  17h, il m’a dit : « On vous garde et on vous opĂšre demain ».

J’Ă©tais soulagĂ©e car je n’en pouvais plus, mais quand il m’a dit que ça se ferait sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale, j’ai flippĂ©. Mon bĂ©bĂ© ??? Il m’a dit que ça ne risquait rien
 Une anesthĂ©siste est passĂ©e et nous a tout bien expliquĂ©. Mais quand elle a dit que mon bĂ©bĂ© s’endormirait en mĂȘme temps que moi, je n’ai pas pu retenir mes larmes. J’avais bien sĂ»r plus peur pour mon fils que pour moi.

Mardi : rĂ©veil 6 h. L’infirmiĂšre est venue, douche Ă  la BĂ©tadine, pose de la perfusion. Mon chĂ©ri, qui a pris sa journĂ©e pour ĂȘtre avec moi, arrive. DĂ©part en ambulance Ă  7h30 car vu mon Ă©tat, je suis suivie Ă  la maternitĂ©. Mon chĂ©ri m’accompagne, les ambulanciers sont trĂšs sympathiques. Mais je suis complĂštement sonnĂ©e Ă  cause des mĂ©dicaments. On arrive dans une des piĂšces, avec tous ces mĂ©decins,
 Mon chĂ©ri doit partir, je suis triste.

J’attends, avec les mĂ©decins, infirmiers qui passent et repassent. J’entends, « On commence par le kyste ou l’appendicite ? » Je me dis, « Commencer par moi, je veux vite en finir ! ». Un chirurgien me parle, il rigole car je suis sonnĂ©e. Je fais la sĂ©rieuse, mais je n’y arrive pas !!!!

10h: entrĂ©e au bloc : il m’installe sur un tout petit lit, cĂŽtĂ© droit. J’ai peur! L’Ă©quipe est vraiment trĂšs sympa (tout comme les infirmiĂšres, etc. Ă  la maternitĂ©) On me met le masque, ensuite l’anesthĂ©sie, et je m’endors en pensant Ă  mon fils.

RĂ©veil : je me rĂ©veille, sonnĂ©e bien sĂ»r. « On vous enlĂšve le tuyau ? » Je rĂ©ponds « oui » de la tĂšte- c’est horrible d’avoir ça dans la gorge. Je me sens bien, c’est fini. Mais je suis allongĂ©e sur le dos pour l’instant ça va. Je pense Ă  mon fils, je mets ma main sur mon ventre, quelques minutes aprĂšs, il se met Ă  bouger. Quel soulagement ! Je commence Ă  avoir mal, je lĂšve le bras pour qu’on me mette sur le cĂŽtĂ©.

Mercredi : ma tension avait du mal Ă  remonter. On a changĂ© les perfusions toute la nuit. Mais rien Ă  faire, ma tension reste Ă  8.5, pas plus. J’ai attendu toute la matinĂ©e que le chirurgien passe pour voir la plaie; il est arrivĂ© vers midi, a fait les ordonnances et c’est bon, je pouvais sortir le jour mĂȘme !

Mais il fallait que j’aille Ă  mon contrĂŽle mensuel, qui avait lieu justement ce mercredi Ă  15h30 ! J’ai demandĂ© Ă  faire un dernier monitoring. On me dit de remonter Ă  ma chambre, qu’une sage-femme allait passer. AprĂšs m’avoir posĂ© le monitoring, elle m’informe qu’elle reviendra dans 30 minutes. Mon chĂ©ri arrive, mais voilĂ , pas de sage-femme ! Elle m’a oubliĂ©e ! Elle arrive 3/4 d’heure plus tard, elle a eu une urgence ! BĂ©bĂ© va bien et pas de contractions ! On peut y aller !!!

De retour Ă  la maison, c’est le dĂ©but d’une longue cicatrisation et de soins infirmiers tous les jours. C’est la galĂšre pour dormir (pas sur le ventre ni sur le dos), pour manger et pas possible de s’asseoir

Et puis il y a le moral, culpabilitĂ© par rapport Ă  mon bĂ©bĂ© : lui faire subir ça. Peur qu’il y ait des consĂ©quences nĂ©gatives, je stresse, je dĂ©prime. Ce n’est pas facile, mais je reprends le dessus. Toutefois, ĂȘtre dĂ©pendante de mon chĂ©ri, ce n’est pas facile non plus, je ne supporte pas trop car je ne peux pas faire grand-chose. De surcroĂźt, je suis crevĂ©e car je n’arrive pas Ă  dormir. On m’enlĂšve les points dix jours aprĂšs l’opĂ©ration. Quel bonheur !

Ça fera bientĂŽt trois semaines et ça me gratte. J’ai peur de me cogner. C’est encore dur pour dormir et pour m’asseoir. Mais je recommence Ă  prĂ©parer la venue de mon fils, car la naissance est prĂ©vue dans deux mois !
Ce n’est pas facile de vivre ce genre d’intervention quand on est enceinte. Ça fait peur, surtout pour son bĂ©bĂ©. De plus, je crains que les mĂ©dicaments que je prends n’aient des effets sur lui.

J’ai passĂ© la derniĂšre Ă©chographie, notre fils va trĂšs bien. Il fait 1.898 kg, ce qui est bien, et il a la tĂȘte en bas ! Ouf ! je suis rassurĂ©e ! Mais je le serai vraiment quand je le tiendrai dans mes bras.
En tout cas, il est super actif, c’est rassurant, et au moins j’ai pris plus de temps pour communiquer avec lui, ce que je ne faisais pas autant avant. Je lui parle, je le caresse,
 c’est gĂ©nial de voir qu’il est rĂ©ceptif Ă  tout ça !! Je bouquine, je liste ce qu’il nous reste Ă  acheter et je me repose. J’essaie aussi d’oublier ce mauvais passage de ma grossesse


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