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La surditĂ© ne doit pas ĂȘtre une barriĂšre

En 2005, j’étais enceinte et j’étais suivie Ă  l’hĂŽpital Pellegrin. Cela se passait trĂšs bien avec les interprĂštes Ă  chaque visite : Ă©chographie, radio du bassin et scanner. Aucun souci pour moi. J’étais allongĂ©e Ă  six mois et demi et ce jusqu’à mon huitiĂšme mois ; les sages-femmes venaient chez moi deux fois par semaine pour faire des monitorings. Elles articulaient et Ă©crivaient et m’expliquaient des choses, j’étais trĂšs contente.

Le premier janvier 2006, j’ai eu des contractions. Mon fiancĂ© m’a amenĂ©e Ă  Pellegrin vers 20 heures. La sage-femme m’a dit que je devrais rester Ă  l’hĂŽpital au cas oĂč. Le 2 janvier, j’ai eu des contractions de trois heures du matin Ă  16h30. Mon col ne se dilatait pas. J’ai demandĂ© Ă  la sage-femme de regarder ma radio du bassin car la dame de cette section pensait que je ne pourrais pas accoucher par la voie basse, car mon bassin est Ă©troit.

Malheureusement, la sage-femme n’a pas voulu m’écouter et elle est repartie. J’étais un peu déçue de ne pas pouvoir lui parler. Le 3 janvier, une heure du matin : j’avais trĂšs mal au cĂŽtĂ© gauche. J’ai alertĂ© la sage-femme, qui m’a envoyĂ©e Ă  la salle d’accouchement, oĂč mes contractions ont recommencĂ©. A quatre heures, j’ai dit Ă  la sage-femme de regarder ma radio. Elle m’a Ă©coutĂ©e et je lui ai expliquĂ© que j’étais lĂ -bas depuis le premier janvier. Elle m’a dit de ne pas m’inquiĂ©ter, puis elle est partie prĂ©venir le mĂ©decin vers 8 heures. J’ai attendu et j’ai parlĂ© Ă  ma mĂšre Ă  travers des textos.

A 8h30 le mĂ©decin est arrivĂ© et m’a dit qu’on ferait la cĂ©sarienne car mon bassin Ă©tait Ă©troit. La cĂ©sarienne Ă©tait prĂ©vue dans deux heures et j’ai envoyĂ© des mails Ă  mon fiancĂ©. Il est venu me voir tout de suite. La dame l’a prĂ©venu que il ne pourrait pas venir au bloc. On m’a amenĂ©e au bloc, oĂč il y avait quatre Ă  cinq personnes. Une infirmiĂšre m’a rassurĂ©e que tout allait bien se passer. Elle faisait l’effort de me parler et d’écrire. Il y avait quelques infirmiĂšres coincĂ©es.

Puis, mes larmes ont coulĂ© car j’avais un peu peur d’ĂȘtre opĂ©rĂ©e : le bĂ©bĂ© allait bientĂŽt sortir et la fatigue des trois jours me pesait. Je n’avais pas beaucoup mangĂ©. L’infirmiĂšre m’a vue et elle est partie chercher mon fiancĂ©. Il est venu avec moi au bloc et m’a beaucoup soutenue durant l’opĂ©ration. Tout s’est passĂ© trĂšs trĂšs bien, nous avons vu notre fils Thomas.
Merci beaucoup Ă  l’infirmiĂšre qui est partie chercher mon fiancĂ©.

Je voudrai dire Ă  toute la France : aux hĂŽpitaux, aux cliniques, sages-femmes et infirmiĂšres de faire des efforts pour les sourds. Sinon d’écrire, de mimer ou d’apprendre les signes, genre « ça va ? mal ? contractions? » car je ne suis pas la seule. Il y a d’autres copines qui ont accouchĂ© avec des difficultĂ©s de communication parce que les infirmiĂšres sont coincĂ©es. Alors stop ! Faites des efforts. Merci.

Ndlr :
Aline se porte bien ainsi que son bébé. Son petit bout est également sourd mais il se débrouille trÚs bien car il a déjà commencé à signer
 comme maman.

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