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Une hanche luxée à la naissance, c’est grave… ou pas ?

Une hanche luxée à la naissance, c’est grave… ou pas ?

La luxation congénitale de la hanche est une pathologie curieusement variable en fonction des régions et des pays. Pas de panique : ce n’est pas une malformation, juste une anomalie qui se corrige dans la plupart des cas facilement et parfois rapidement.

Dans seulement 10 % des cas de bébés naissant chaque année avec une hanche luxée, l’origine génétique est en cause. Il existe des familles où la luxation est fréquente. Si vous ou votre conjoint ou l’un de vos parents avez souffert de boiterie, le risque est plus élevé et il faut être particulièrement vigilant. Pour les 90 % de cas restants, il s’agit en général de la conséquence d’anomalies de positionnement du bébé dans l’utérus. Ce qui va entraîner des excès de pression sur le fémur fléchi, luxant ainsi la hanche en arrière du cotyle (cavité ostéocartilagineuse où s’emboîte la tête du fémur).

Les mouvements du fœtus dans l’utérus étant limités, surtout en cas de gros bébé, une mauvaise position des jambes peut entraîner une instabilité de la hanche ou une luxation déclarée. C’est bien sûr en fin de grossesse que cela se produit. Dans les présentations par le siège, par exemple, la fréquence d’une luxation est de un sur quatre.


Stabilisation spontanée dès la première semaine

Lors de l’examen postnatal, un dépistage systématique a lieu. L’instabilité de la hanche à la naissance est probablement très fréquente, mais un grand nombre de cas se stabilisent spontanément durant la première semaine. Pour les autres, lors des visites obligatoires de la première année, le médecin surveille particulièrement la hanche.

Un doute ? Il prescrit une échographie. En général, c’est au cours des trois premiers mois qu’une hanche instable passée inaperçue est dépistée. De votre côté, il faut être particulièrement attentif à une mobilité moindre d’une jambe de bébé, au fait qu’elle ait plus de mal à s’écarter que l’autre au moment du change et qu’elle paraisse un peu plus courte que l’autre.

Quel traitement ?

Il est défini en fonction du niveau de luxation de la hanche. Dans la grande majorité des cas, il s’agit simplement de hanches instables qui peuvent faire courir un risque de luxation plutôt que de hanches réellement luxées. Dans le premier cas, le fémur est bien en place mais se déboîte facilement. Dans l’autre, le plus rare, le fémur se trouve hors de l’articulation.

Pour l’un comme l’autre, le traitement consiste à maintenir les jambes en abduction (jambes écartées), soit grâce à une culotte soit grâce à l’aide d’un harnais qui doit alors être porté jour et nuit par bébé. Au bout de quelques mois, la hanche est définitivement stabilisée. Toute douleur lors du port du harnais (bébé pleure, dort mal) doit amener à consulter car le risque de nécrose de la tête fémorale est réel. Dans ce cas, le traitement sera confié à un orthopédiste.


Les bons gestes à avoir

Il faut toujours langer bébé les jambes écartées et éviter tout ce qui rapproche ses cuisses (passer les mains sous les fesses pour soulever les hanches et faire retomber naturellement les jambes en position écartée sans risquer de favoriser le déboîtement).

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De même, il faut adapter la position pendant le repas le temps que la hanche soit stabilisée : par exemple, si bébé est nourri au lait infantile, il faudra le poser face à vous, à cheval sur votre genou au lieu de le tenir contre vous, car cela pourrait favoriser le déboîtement. De toute façon, en cas de hanche instable ou de hanche luxée avérés, le suivi médical est très soutenu et les conseils ne vous manqueront pas.

Et si c’est une vraie luxation ?

La luxation vraie de hanche est très rare à la naissance. Dans ce cas, la tête fémorale est complètement sortie de l’articulation de la hanche (cavité cotyloïde).

Dans les cas les plus sévères, le bébé est plâtré après une période de mise en tractations, ce qui signifie évidemment hospitalisation. Dans des cas encore plus rares, quand la tête du fémur refuse de rentrer dans la cavité prévue à cet effet malgré tous les moyens mis en œuvre, il reste alors la solution de la chirurgie pour éviter la boiterie définitive et, à terme, l’arthrose de hanche. Mais heureusement, ces cas extrêmes sont… extrêmement rares.


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