Préparation à la naissance : vraiment efficace, la méthode Bonapace ?

Des études ont montré que la méthode Bonapace diminue les douleurs de l’accouchement de près de 50% de plus que les autres méthodes de préparation plus classiques. Alléchant, non ? Elisabeth Colliot-Thélène, sage-femme, nous explique en quoi consiste cette méthode.

La méthode Bonapace, c’est quoi ?

Née au Canada, c’est une méthode parallèle à la méthode « classique » de préparation à la naissance. Avoir recours à cette préparation alternative n’exclut pas de participer à des cours plus traditionnels proposés par les maternités qui ont un but informatif très important sur la physiologie et notamment sur le déroulement de l’accouchement, mais seules huit séances, assurées par une sage-femme, sont prises en charge par l’Assurance maternité.

La méthode Bonapace permet de consolider le couple autour de l’événement qui les attend et en particulier de s’appuyer sur la complémentarité du rôle de père et de mère. L’idée étant de créer un climat de réassurance et d’encouragement pour affronter la douleur le jour J. Cette méthode est donc un outil supplémentaire qui vient compléter la respiration dès les premières contractions au domicile jusqu’à l’éventuelle péridurale qu’elle ne cherche pas à remplacer… ou jusqu’à la naissance si la sérénité qu’elle apporte entraîne un travail rapide.

Le premier intérêt de cette méthode est qu’elle n’est pas pharmacologique et qu’elle n’a aucun effet secondaire. Elle peut être commencée dès la 28e ou 30e semaine de grossesse. Le second intérêt est qu’elle donne un rôle actif au père, ce qui renforce son sentiment d’utilité, de compétence. Affronter la douleur devient un combat à deux, et c’est très rassurant pour la maman qui se sent soutenue, sécurisée.

Comment ça fonctionne ?

La méthode Bonapace permet d’apprendre à respirer et à se relaxer, à se construire une image mentale. Le principe est d’être dans le contrôle de sa pensée, de positiver, de se détendre, pour affronter l’aspect désagréable de la douleur. Pour y parvenir deux moyens, la « théorie du portillon » et le détournement des sensations vers une seconde douleur.

La théorie du portillon consiste en un massage léger sous forme d’effleurement, pratiqué par le père sur la zone douloureuse entre les contractions. La future maman est invitée à faire des mouvements et se déplacer.

La seconde douleur, provoquée sur une autre zone que la contraction (la main, le pied…) permet de provoquer la sécrétion d’endorphines. Pendant le travail, le père pratique des pressions sur des points réflexes (ndlr, points sensibles du corps). Ces stimulations douloureuses permettent de réduire la douleur car le cerveau va se concentrer sur cette nouvelle sensation. La conséquence de ces actions est donc de ralentir la montée en puissance du ressenti de la contraction, permettant un travail plus serein.

Julie : « L’implication du conjoint est un vrai soutien »

Julie nous explique ce que la méthode Bonapace lui a apporté :

« J’ai moi-même suivi cette méthode Bonapace associée à des cours plus traditionnels assurés par ma maternité. Ce que j’ai apprécié dans cette méthode? Le fait de faire ça à deux. C’était à chaque fois notre petit moment à nous deux, rien que pour penser à cet événement futur. Mon conjoint prenait ça vraiment à cœur et il mettait en pratique ce qu’il avait appris, une fois rentrés à la maison. Les points de compression sont ce que j’ai retenu de plus efficace pendant le travail. J’ai eu très mal pendant les contractions et la manière dont mon conjoint était sûr de ses gestes m’a beaucoup rassurée. Je me suis sentie vraiment moins seule dans la douleur et lui moins impuissant, je pense. »

César : « Le jour J, j’ai eu l’impression d’être utile »

César, jeune papa, a assisté sa compagne lors de l’accouchement en s’appuyant sur la méthode Bonapace. Il nous explique comment il l’a vécu.


Avez-vous été associé au choix de la méthode de préparation à la naissance ?

Oui, car le fait de faire cette préparation ensemble me réjouissait. Je me sentais impliqué et utile dans le processus. J’ai apprécié le côté, « votre compagnon vous aidera à mieux supporter les contractions ». C’est une méthode intéressante, car elle survole différentes façons d’aborder l’accouchement et on se sent prêt face à cet événement.

Avez-vous appliqué des techniques apprises en cours de préparation à la naissance pendant le travail ?

Oui, pendant les contractions, j’ai appliqué la méthode. J’ai appuyé sur des points précis pour détourner la douleur. Je pense que c’était efficace car ma femme se détournait quelques secondes de la douleur. Et moi, j’avais l’impression de servir à quelque chose.

Qu’est-ce qui vous a manqué le jour J pour accompagner votre compagne ?

A vrai dire pas grand-chose… Si, peut-être une technique de relaxation pour apprendre à respirer, à se détendre.

Source :

Bonapace

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