Peut-on booster les défenses immunitaires de bébé pendant les dernières semaines de grossesse ?

De nombreuses études attestent qu’il existe une flore bactérienne au niveau du placenta, qui permet de renforcer les défenses immunitaires de bébé grâce à des probiotiques. Mais cela suppose une supplémentation de deux souches de probiotiques. Explications du Dr Jean-Marc Bohbot, directeur de l’Institut Fournier à Paris.

Le microbiote

C’est le nom savant des micro-organismes qui dopent notre système immunitaire, et que nous transmettons à bébé. Pendant longtemps, on a pensé que ce microbiote se limitait à la flore intestinale mais on sait maintenant qu’il existe aussi un microbiote placentaire et un microbiote mammaire. Evidemment alimenté par les ressources de la future maman.

Le hic, c’est que nos modes de vie ont sérieusement entamé la qualité de notre microbiote, notamment la prescription d’antibiotiques (qui éradiquent mauvaises et bonnes bactéries sans faire de différence) et le tabagisme. Conséquence de notre microbiote appauvri, nos bébés, qui en héritent via le placenta et via l’allaitement si nous avons choisi ce mode d’alimentation pour bébé, ont donc un système immunitaire moins performant. Et à la génération suivante, le microbiote sera encore affaibli et ainsi de suite de génération en génération. Comment s’étonner alors que depuis 30 ans certaines pathologies explosent : eczéma, allergies cutanées, asthme, diabète, diarrhées, obésité….

La solution pour renforcer le microbiote

Des études cliniques ont montré depuis quelques années l’intérêt de deux souches de probiotiques, Lactobacillus rhamnosus GG et Bifidobacterium lactis, pour améliorer la bonne vitalité du microbiote. Mais comment les ingérer pour renforcer notre microbiote ? Depuis novembre 2016, c’est possible en prenant un complément alimentaire (Maternov Antepartum) à partir du 8e mois de grossesse jusqu’à l’accouchement si on a choisi de ne pas allaiter et sinon jusqu’à la fin du premier mois d’allaitement. Idéalement le mois précédant l’accouchement et pendant la durée de l’allaitement. Pourquoi attendre le 8e mois ? « Inutile d’en prendre plus tôt car le placenta n’est pas réactif avant le 8e mois », précise le Dr Bohbot, , directeur de l’Institut Fournier à Paris.


Qui peut prendre une supplémentation en probiotiques ?

Toutes les femmes enceintes sont concernées par ce renforcement de leur microbiote, mais tout particulièrement celles qui ont été traitées par antibiotiques dans les mois précédents, celles qui présentent des antécédents de dermatite atopique et celles dont on peut prévoir le risque de césarienne. « Lors de l’accouchement par voie basse, on sait que des bactéries sont transmises au microbiote du bébé et que les césariennes, en empêchant cette transmission, accroissent le risque d’allergie, de maladie cœliaque et d’obésité, explique le Dr Jean-Marc Bohbot. Depuis peu, on a compris que la mère transmet déjà ses « bonnes bactéries » in utero via le placenta et, après sa naissance via le lait maternel. D’où l’intérêt de supplémenter en probiotiques dès le 8e mois les femmes enceintes, particulièrement celles qui ont eu un traitement antibiotique dans l’année, ou qui présentent des antécédents de dermatite atopique ou un risque d’accouchement par césarienne. »

Quels bénéfices pour bébé ?

Le microbiote mammaire, un argument de plus en faveur de l’allaitement maternel. Surtout si on a pris la peine d’optimiser ce microbiote mammaire en éléments immunitaires et en « bonnes bactéries » dès les premières tétées. Selon une étude clinique publiée récemment, on peut donc en espérer un recul des pathologies courantes qui frappent les bébés et les jeunes enfants : – 82 % de diarrhées, – 68 % d’eczéma et – 38 % de dermatite atopique. D’autres études sont en cours pour évaluer des effets positifs sur plusieurs autres pathologies.

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