Je n’ai pas aimé mon bébé tout de suite

Savoir que l’on va être maman dans quelques mois et ne rien ressentir… Sauf de la peur. C’est ce que j’ai vécu,moi, Sandra alias Maman Geek. Nous avions pourtant tout prévu. Le mariage, l’appartement plus grand et…le bébé ! Mais la chose à laquelle nous n’avions pas pensé ? Il s’agissait des grains de sable dans cette mécanique que nous avions pourtant huilée avec soin…

 

Les semaines passent, mes règles n’arrivent pas…

Plusieurs mois de suite, je dois alors entendre cette phrase : « Vous n’avez pas ovulé ». Il a bien fallu se rendre à l’évidence, ce bébé ne serait peut-être pas dans nos bras aussi vite que nous l’espérions. Quelques comprimés et espoirs déçus plus tard, le test est enfin positif ! Je pleure de joie, je vois déjà ce bébé dans mes bras, je le vois déjà grandir, j’imagine sa naissance, sa vie, les joies et les peines que nous l’aiderions à traverser. Je pleure, je suis heureuse. Un bonheur de courte durée.

Toutes les futures mamans craignent de perdre leur bébé. Nous le savons toutes, une grossesse comporte des risques, y compris celui de ne pas la voir arriver à son terme. Pourtant, voir ce sang tâcher non seulement ses vêtements, mais également ses espoirs, m’a atteint. « Vous avez fait une fausse couche, Madame. Je suis désolé. Comme je ne vois rien dans votre utérus, je n’exclus pas une grossesse extra-utérine« . Je ressors du cabinet gynécologique comme anesthésiée. Je ne ressens rien, ma tristesse est là, je la sens, et pourtant, elle n’éclate pas. Comme ma trompe, par chance.

 

Le verdict tombe aux urgences

GEU confirmée, hémorragie interne. Départ en bloc en urgence. Les portes battantes se referment sur la main de mon mari qui récupère mon alliance et ma bague de fiançailles, sur un sanglot que je l’entend étouffer. Je suis triste bien sûr. Le réveil est difficile. On m’a arraché mon bébé. Curieusement, je me remets rapidement et surprise, je plaisante même : « Il n’avait pas un bon GPS » ! Parfois, il vaut mieux éclater une fois pour toute au lieu de jeter une couverture sur les choses pour ne plus les voir.

 

Quelques mois plus tard, de nouveau enceinte

Je fais le test sans y croire, il est positif, je tremble. Je suis heureuse bien sûr, mais, très vite, l’angoisse prend le dessus. Je suis enceinte, sans parvenir à l’accepter dans ma réalité. Et si tout recommençait ? Et si je tombais dans les cas de récidives ? Alors, attendons avant de nous réjouir. Ne nous imaginons pas ce bébé trop vite.

Voilà le début d’une grossesse « étouffée ». Le premier mois, j’ai surveillé la moindre douleur suspecte, j’ai pris des rendez-vous pour des échographies, simplement pour me rassurer, pleuré en voyant que le taux ne grimpait pas comme il l’aurait du lors des prises de sang. Puis l’échographie arrive. Je tremble. Ma sœur m’attend de l’autre côté de la porte, le papa est au travail. Je n’ai pas souhaité venir seule. Soudain, il apparaît à l’écran. Une petite cacahuète, toute petite, est là, à sa place, dans mon utérus. Je ressors en souriant. Ma sœur sait déjà, elle écoutait aux portes…
Un examen qui n’a pas suffit à me calmer. Du « il ne sera pas au bon endroit » à « son cœur s’arrêtera de battre », en passant par la peur de le perdre à la naissance ou d’une mort subite du nourrisson. Ma grossesse n’aura été qu’une succession de crainte et d’angoisses. Des angoisses qui me forçaient à ne pas m’attacher à cette vie qui était là, en moi, de peur de souffrir. L’annonce d’un diabète gestationnel ne m’a pas aidé à me détendre.

 

Un flot de joie me submergera-t-il ?

Malgré tout, toute ma grossesse, j’ai pleuré de joie en visionnant des émissions où naissaient des bébés. Je m’imaginais ce flot de joie qui allait me submerger lorsqu’on poserait mon fils sur moi, cet élan d’amour qui ferait vibrer mon cœur comme rien d’autre ne sera jamais capable de le faire. Mais voilà, cette émotion là n’était pas pour moi. Le jour de sa naissance, j’ai attendu ce moment où j’allais enfin me libérer, où la peur de le perdre s’effacerait en entendant les cris de mon bébé. Il est né, il a crié et… rien. Aucune émotion. Pas de pleurs, pas de joie, rien. La sage-femme me regarde toute fière : « Il est beau! Regardez comme il est beau » ! La seule phrase qui soit sortie de ma bouche fut : « Il est petit« . Il faut dire qu’on m’annonçait un petit baleineau donc oui, je le trouvais étonnamment petit et mince.


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Il m’aura fallu des mois et des rendez-vous avec une psy de l’hôpital pour comprendre que je n’avais pu faire mon deuil de mon premier bébé que lorsque mon fils s’annonçait pour de bon, vers le 7ème mois, quand il y avait moins de risque. Mon esprit a pris le dessus pour me détendre un peu parait-il… Ce que j’avais ressenti à la naissance, ou plutôt ce que je n’avais pas ressenti, était lié à une carapace émotionnelle que je m’étais forgée pour ne pas souffrir de nouveau.

 

La culpabilité a pris le dessus sur la peine

Mon fils dort mal ? Mon fils mange mal ? Mon fils fait des colères ? Mon fils refuse mon sein ? C’est de ma faute ! Il se sent mal aimé, il a senti pendant des mois que celle qui le portait avait créé un barrage émotionnel entre eux. Mauvaise mère ! C’est vrai, je ne l’ai pas aimé comme je l’aurais dû, tout de suite, d’un amour inconditionnel, comme je l’avais fait pour celle ou celui qui aurait été son grand frère ou sa grande sœur.

Pour toutes les mamans, ou futures mamans, qui se trouvent dans cette situation, rassurez-vous, James a maintenant 4 ans et je l’aime au delà de tout. Il est la prunelle de mes yeux, la lumière de ma vie. Je l’aime comme une mère doit aimer son enfant. Bien sûr, j’attends avec impatience le jour ou nous pourrons lui donner un petit frère ou une petite sœur en espérant que, cette fois, je pourrais profiter des joies de la grossesse et aimer cet enfant dès la première seconde, sans culpabiliser de n’avoir su ouvrir mon cœur à James avant ses 1 an.

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