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Retrouver un pĂ©rinĂ©e tonique aprĂšs l’accouchement : comment faire ?

Vous pensiez en avoir fini avec les consultations jambes Ă©cartĂ©es sur le fauteuil ? Eh bien, non ! AprĂšs l’accouchement, il faut encore donner de son corps avec la rĂ©Ă©ducation pĂ©rinĂ©ale. Le pĂ©rinĂ©e, cet Ă©trange muscle que l’on ne dĂ©couvre qu’au moment oĂč l’on tombe enceinte. Alors, cette rĂ©Ă©ducation est-elle vraiment obligatoire ? La rĂ©ponse avec Catherine Garcin, sage-femme Ă  Paris.

Est-ce que toutes les femmes ont le droit à la rééducation périnéale ?

Elle est en tout cas conseillĂ©e pour toutes ! AprĂšs, il y a des femmes qui n’en ressentent pas forcĂ©ment le besoin parce que l’accouchement s’est trĂšs bien passĂ© ou parce qu’elles l’avaient dĂ©jĂ  trĂšs musclĂ©. C’est finalement au mĂ©decin ou Ă  la sage-femme que revient le dernier mot pendant la visite post-natale qui intervient six Ă  huit semaines aprĂšs l’accouchement. AprĂšs examen, il y a prescription ou non de ces sĂ©ances de rĂ©Ă©ducation. Il y en gĂ©nĂ©ralement une dizaine, voire plus si le pĂ©rinĂ©e est trĂšs mou.

La rééducation du périnée aprÚs une grossesse : comment se passent ces séances ?

Il y a plusieurs Ă©coles… La mĂ©thode manuelle par le toucher. On explore le pĂ©rinĂ©e avec la patiente pour qu’elle prenne conscience de ce muscle et de comment le contracter. Puis, il y a la mĂ©thode Ă©lectrique par sonde. On stimule le pĂ©rinĂ©e pour celles qui ont vraiment du mal Ă  le visualiser. Certains utilisent les deux… C’est vraiment au cas par cas ! Cette rĂ©Ă©ducation peut se faire avec une sage-femme mais aussi avec un kinĂ©sithĂ©rapeute. Je dirais que l’important, c’est de se sentir bien avec le professionnel et d’ĂȘtre en confiance.

Quand faut-il commencer la rĂ©Ă©ducation pĂ©rinĂ©ale aprĂšs l’accouchement ?

A la maternitĂ©, la sage-femme vous indiquera des exercices Ă  faire dĂšs le lendemain de l’accouchement et jusqu’au dĂ©but de la rĂ©Ă©ducation chez le professionnel de santĂ©. Qui dĂ©bute en gĂ©nĂ©ral deux mois aprĂšs l’accouchement et Ă  raison d’au moins deux sĂ©ances par semaine. Il ne faut pas trop attendre pour l’effectuer : plus vous reportez, moins vous serez motivĂ©e. C’est quand mĂȘme un travail musculaire et intellectuel, ce n’est pas de tout repos et aprĂšs, avec la reprise du travail, c’est plus compliquĂ©. La rĂ©Ă©ducation pĂ©rinĂ©ale est aussi un travail Ă  faire Ă  la maison. Il faut stimuler le pĂ©rinĂ©e au quotidien pour que ça devienne un rĂ©flexe.

Quelles sont les consĂ©quences d’une mauvaise rĂ©Ă©ducation du pĂ©rinĂ©e ?

Il y a les consĂ©quences que tout le monde connaĂźt : les fuites urinaires ou l’incontinence anale. Puis, il y a ce qu’on connaĂźt moins comme les Ă©ventuelles douleurs pendant les rapports sexuels. Vous pouvez ne pas avoir de fuites mais ĂȘtre endolorie au niveau du pĂ©rinĂ©e. Les sĂ©ances de rĂ©Ă©ducation sont aussi l’occasion d’en parler. Je pense que le dialogue est ce qu’il y a de plus important pendant ce suivi post-natal. C’est l’occasion de parler sa sexualitĂ© souvent diffĂ©rente aprĂšs l’accouchement, de parler de ses cicatrices s’il y a eu Ă©pisiotomie et de redĂ©couvrir son corps… La rĂ©Ă©ducation pĂ©rinĂ©ale ne se cantonne pas qu’au pĂ©rinĂ©e et Ă  comment le contracter. Il faut d’abord savoir comment ça marche pour bien le faire fonctionner. Le cerveau est aussi trĂšs important !

Et si on zappe les sĂ©ances de rĂ©Ă©ducation du pĂ©rinĂ©e aprĂšs l’accouchement ?

Il n’est jamais trop tard pour travailler son pĂ©rinĂ©e. MĂȘme vingt ans aprĂšs son accouchement, on peut retrouver de la tonicitĂ© si on est motivĂ©e et qu’on le travaille au quotidien. Mais je conseille quand mĂȘme de le faire dans la foulĂ©e de son accouchement. Les femmes qui ont Ă©tĂ© bien appliquĂ©es pendant leur premiĂšre grossesse se sentent souvent mieux prĂ©parĂ©es pour la deuxiĂšme. Elles voient un changement. J’ajouterais aussi qu’il faut que le professionnel soit avec vous pendant la totalitĂ© de la sĂ©ance. Il y a eu trop d’abus oĂč certains praticiens donnaient des exercices Ă  faire et laissait la patiente les effectuer seule. Des bonnes sĂ©ances de rĂ©Ă©ducation se font en totale confiance entre la patiente et le professionnel. »

 

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