L’hémorragie de la délivrance : tout ce qu’il faut savoir

Les histoires macabres d’accouchements avec complications ne risquent pas de manquer autour de nous ! Forcément, quelqu’un évoquera l’hémorragie de la délivrance dont a été victime la copine de la cousine de la voisine de son meilleur ami. Et forcément, nous, on paniquera ! Pour briser ce cercle vicieux, faisons le point avec le Pr Nicole Ciraru-Vigneron, gynécologue-obstétricienne.

L’hémorragie de la délivrance, qu’est-ce que c’est ?

Après l’expulsion du bébé, un saignement important, mais n’excédant pas un demi-litre de sang est considéré comme normal. Au-delà, on parle d’hémorragie de la délivrance. Parfois, ces hémorragies peuvent être très graves, mais heureusement, les équipes sont formées et compétentes pour les prévenir et les traiter.

Comment prévenir une hémorragie de la délivrance ?

C’est la première des priorités et la prévention s’articule autour de la surveillance des saignements pendant l’accouchement. En général, le saignement vient de l’utérus qui n’est pas complètement vidé. L’équipe médicale effectuera alors une délivrance artificielle ou une révision utérine, qui consiste à vérifier à l’échographie que plus aucun morceau de placenta n’est resté accroché dans l’utérus. Si c’est le cas, le gynécologue-obstétricien ira rechercher à la main (sous anesthésie locale) les débris restants. Parallèlement, l’équipe vérifie que le col de l’utérus est vierge de plaie ainsi que le vagin. S’il y en avait, elles devraient être suturées. Autre moyen de prévention de la complication, l’injection de produits pour aider la contraction utérine, telle l’ocytocine, voire des produits plus puissants en cas de besoin. Parfois, si la jeune maman a perdu beaucoup de sang, il faudra une transfusion sanguine pour rééquilibrer les flux sanguins.

Comment traiter les complications liées à l’hémorragie ? 

Dans les rares cas où ces mesures ne seraient pas suffisantes, il est alors nécessaire de ligaturer les vaisseaux de l’utérus pour arrêter les saignements. La vascularisation se reconstituera par la suite. Autre solution, mais qui n’est pas pratiquée dans toutes les maternités, l’embolisation. Cette technique permet, sous contrôle radiologique, de monter une sonde dans les vaisseaux de l’utérus pour injecter des particules dans le but de boucher ces vaisseaux. Ce qui provoque le tarissement du saignement. Dans un second temps, les vaisseaux redeviendront perméables, et une nouvelle grossesse sera possible. Ceci étant, si les hémorragies compliquées d’infection sont hélas fréquentes dans les pays en voie de développement, dans les pays développés, les conséquences dramatiques d’une telle hémorragie existent certes, mais elles sont rares. Il n’y a donc pas lieu de s’affoler si l’on est bien suivie.


 

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