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Accoucher et se sentir soudain si seule

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai pour habitude de regarder la tĂ©lĂ© le soir : c’est mon cĂŽtĂ© Germaine Bidochon. Et, en ce moment, si j’exclus quelques soirĂ©es rĂ©servĂ©es Ă  maternitĂ© des stars qui dansent et des vampires qui s’entretuent, j’ai souvent bien du mal Ă  trouver un programme qui me plaise. Du coup, je zappe, encore et encore, et parfois il m’arrive de tomber sur une Ă©mission qui m’inspire : non pas pour la regarder mais pour un billet sur mon blog de maman…

Se sentir seule quand on est maman, oui, ça arrive…

Je me souviens moi aussi m’ĂȘtre sentie infiniment seule Ă  un moment plutĂŽt crucial de ma vie de maman. Pourtant, il faut savoir que je ne suis pas d’un naturel angoissĂ©. J’essaie, dans la mesure du possible, de considĂ©rer les choses avec calme et je ne m’engage jamais dans un projet sans y avoir mĂ»rement rĂ©flĂ©chi au prĂ©alable. Ce fut le cas pour mes deux grossesses : je les ai voulues, j’ai eu la chance qu’elles arrivent au moment oĂč je le souhaitais. J’Ă©tais entourĂ©e, j’étais prĂȘte, sans inquiĂ©tude particuliĂšre, si ce n’est celles courantes que partagent toutes les futures mamans pendant leur grossesse. Mais pourtant, je me souviens de deux moments oĂč je me suis sentie vraiment trĂšs seule.

Quelque heures avant la naissance de mon fils…

Ce premier moment de solitude ? Ce fut quelques heures avant la naissance de mon fils, lorsque que les contractions se sont faites plus intenses. J’étais lĂ , face Ă  ma douleur et Ă  l’inconnu, ne sachant pas trop comment les heures qui allaient suivre se dĂ©rouleraient. Je me trouvais face Ă  moi-mĂȘme, Ă  tenter de comprendre et de soulager ce corps qui ne demandait qu’à donner la vie. Le moment de l’accouchement Ă©tait proche, c’était une certitude. Et moi, j’étais dans ma chambre d’hĂŽpital, Ă  essayer de maĂźtriser cette douleur, en vain. Lorsque l’infirmiĂšre est arrivĂ©e quelques heures aprĂšs, que le moment de la dĂ©livrance Ă©tait venu, la solitude Ă©tait toujours lĂ , plus que jamais mĂȘme. C’est drĂŽle, quand j’y pense, je n’ai jamais Ă©tĂ© plus « nombreuse » qu’à ces moments-lĂ , et pourtant, c’est l’un des moments les plus solitaires de ma vie. Je me souviens du trajet en ascenseur jusqu’à la salle d’accouchement, cette tentative de conversation avec l’infirmiĂšre roumaine qui alignait Ă  peine deux mots de français. J’étais toujours aussi seule aussi lorsque je me suis installĂ©e sur le lit d’accouchement
 Et puis Papa est arrivĂ©,  il a su chassĂ© ma solitude.

Nouveau moment de solitude, nouvelle naissance…

Quelques annĂ©es plus tard, presque trois aprĂšs le premier moment de solitude pour ĂȘtre prĂ©cise : aprĂšs la naissance de ma fille. Cet instant est rĂ©apparu. J’ai dĂ©jĂ  parlĂ© sur mon blog de ce que je pensais des sĂ©jours  à la maternitĂ© : j’ai omis – involontairement – d’aborder cette solitude qui fut la mienne lorsque que, le soir, toute la famille rentrait dans ses foyers, avec ses habitudes, et que je me retrouvais, sans autre compagnie que ce petit bout de moi, profondĂ©ment endormi dans un berceau Ă  mes cĂŽtĂ©s. Oui, lors des soirĂ©es que j’ai passĂ©es Ă  la maternitĂ© avec ma fille, je me suis sentie trĂšs seule, un peu comme si je me retrouvais soudain face Ă  moi-mĂȘme et Ă  mes dĂ©cisions, comme si le temps de la prise de conscience Ă©tait venu.  Cette sensation ne m’a quittĂ©e que lorsque je suis rentrĂ©e chez moi et depuis, je ne l’ai plus jamais ressentie.

Alors, en regardant cette Ă©mission l’autre soir, une rĂ©flexion s’est imposĂ©e Ă  moi : je me suis demandĂ©e s’il n’y avait pas un lien entre le fait d’accoucher et celui de se sentir aussi seule. Est-ce que ce sentiment ne serait pas provoquĂ© lorsque ce mini-toi quitte ton corps ? Est-ce que ce n’est pas quelque part une prise de conscience forcĂ©e, du fait que dĂ©sormais ou trĂšs bientĂŽt, tu ne seras plus deux mais une, avec tout ce que cela suppose ? Finalement, est-ce que ce n’est pas une forme de baby blues ?

Aujourd’hui encore, quand je me remĂ©more ces deux instants-lĂ , je me souviens de cette intense sensation de solitude et je peux encore la ressentir. Je n’ai jamais parlĂ© de ça ouvertement Ă  qui que ce soit et, curieusement, ces quelques minutes de tĂ©moignage sont venues rĂ©veiller tout cela en moi.
Pourtant, en Ă©coutant ces mĂšres parler de ce qu’elles ressentaient, je me suis dit que ce qu’elles avaient ressenti Ă©tait diffĂ©rent : ces mĂšres-lĂ , pour la plupart mĂšres au foyer, Ă©taient pour certaines au bord de la dĂ©pression, elles le savaient, se soignaient parfois et avaient besoin de se confier. Moi, pas du tout. Psychologiquement, je vais bien et je n’ai eu le baby blues pour aucune de mes grossesses : j’ai donc tendance Ă  croire que ce sentiment intense de solitude est normal et se produit parfois.

Du coup, je vous pose la question : cette intense sensation de solitude, l’avez-vous dĂ©jĂ  ressenti depuis que vous ĂȘtes mĂšre?

Maman-est-occupee.blogspot.fr

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