C’est votre enfant que d’autres que vous font naître. C’est d’autres que vous aussi qui s’occupent de votre enfant les premiers jours parce que vous vous ne pouvez pas vous lever tellement vous avez mal. Vous ne pouvez pas le prendre dans vos bras seule, de peur de le faire tomber. Vous ne pouvez ni rire ni pleurer sans avoir mal. Et pourtant tout va bien. Sauf pour vous peut être ? « Tout s’est bien passé. La maman et le bébé vont bien. » Vous n’avez d’autres droits que celui d’être heureuse, bien heureuse mère qui n’a pas su, pu, donner la vie.
Votre ventre ouvert est recousu et cicatrisera. Patience, cela prend du temps. Mais la blessure que vous aurez en vous peut elle rester ouverte des années.
La césarienne sauve des femmes et des enfants, heureusement qu’elle existe.
La césarienne blesse profondément des femmes, et par là leurs enfants, leur couple, leur famille. Je ne parle plus du corps ici, vous l’aurez compris. Ne devrait-elle pas être utilisée juste pour sauver ?
La césarienne vous marque définitivement d’une croix rouge, peu importe pourquoi et comment elle a été faite finalement. Pour le corps médical, dans son immense majorité, vous ne serez plus une femme enceinte tout simplement, vous êtes une grossesse et un accouchement à risque. Une autre césarienne, donc ? Et vous en êtes à vie sans possibilité de retour en arrière. A vous de le porter.
S’il fallait le revivre, je le revivrais sans aucune hésitation, mais j’aurais tellement aimé que ça n’ait pas eu lieu.