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« Victorine, la plus belle des victoires »

Je suis atteinte d’une sclĂ©rose en plaques depuis 5 ans maintenant (j’en ai 28 ans). Lorsque la maladie a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e, on m’a annoncĂ© que je n’aurai pas d’enfant puisque j’étais trop atteinte : j’ai beaucoup de tĂąches de sclĂ©rose dans l’hĂ©misphĂšre gauche de mon cerveau et une dans la moelle cervicale. D’ailleurs j’ai de la chance de ne pas ĂȘtre paralysĂ©e en permanence! Mais j’ai rencontrĂ© mon SĂ©bastien qui m’a sauvĂ© de toutes les façons possibles : il m’a d’abord donnĂ© la force de me battre contre cette maladie difficile Ă  gĂ©rer psychologiquement et physiquement mais avec une bonne dose de moral et de volontĂ©, j’ai rĂ©ussi. Il m’a ensuite donnĂ© l’envie de fonder une famille en me demandant en mariage : nous nous sommes mariĂ©s le 21 aoĂ»t 2004. AprĂšs toute la force qu’il m’avait donnĂ©, je voulais lui faire le plus beau des cadeaux : un enfant ! J’ai dĂ©cidĂ© de me battre pour avoir un bĂ©bĂ©.

Un miracle
Il nous a fallu attendre 4 ans car j’étais sous traitement (que l’on appelle interfĂ©ron) mais aprĂšs le mariage notre dĂ©sir d’enfant Ă©tait si intense que j’insistais ! En janvier 2005, j’étais dans une forme Ă©blouissante. Mon neurologue m’a annoncĂ© que je pouvais essayer d’avoir un enfant mais aprĂšs une pĂ©riode d’essai sans traitement de 3 mois : mon organisme devait Ă©liminer tout produit nocif au bĂ©bĂ© et on devait vĂ©rifier que je ne ferai pas de rechute. Mais mon moral Ă©tait si bon que j’étais dans une forme olympique! Ah l’amour ! Ainsi au mois de juin miracle ! J’étais enceinte!

Je dois avouer que mon mari avait trĂšs peur de cette Ă©ventuelle grossesse mais il m’a fait confiance et a compris que je pouvais le faire. J’avais confiance en mon corps ! Nous avions attendu si longtemps que les peurs et le doute n’existaient pas, enfin surtout pour moi ! Au mois de juin lorsque j’ai su que j’étais enceinte, je me suis sentie vivante et fiĂšre de tout le chemin que j’avais parcouru pour arriver jusque-lĂ  ! Nous avons attendu d’avoir 8 jours de retard pour faire un test et une prise de sang. Mon mari Ă©tait encore plus impatient que moi ! Cette dĂ©couverte, comme tout ce que nous faisons, nous l’avons faite ensemble : ce bĂ©bĂ©, c’était le fruit de notre amour et de notre bataille, je ne pouvais pas faire le test sans lui !

Une grossesse idyllique
Au cours de ma grossesse, mises Ă  part des Ă©chographies tous les mois, je n’ai pas eu de suivi mĂ©dical diffĂ©rent des autres futures mamans. Je devais avoir un accouchement naturel et des prises de sang chaque mois car je n’étais pas immunisĂ©e contre la toxoplasmose. Je dois avouer que par rapport Ă  des femmes qui ne sont pas malades, j’ai eu une grossesse idyllique! Pendant ces neuf mois, la maladie s’est endormie : on considĂšre d’ailleurs la grossesse comme « la lune de miel de la maladie » et je peux vous dire que c’est le cas !


Je n’ai pas Ă©tĂ© jugĂ©e par ma famille, je crois plutĂŽt que mes proches avaient peur des suites post partum : je risquais d’ĂȘtre plus touchĂ©e aprĂšs l’accouchement. Mais je leur disais d’avoir confiance en moi et en mon bĂ©bĂ© miracle! Les gens que je rencontrais et qui connaissaient « ma faiblesse » trouvaient que j’étais courageuse mais il n’est pas question de courage mais d’amour et de volontĂ© ! Certains ont certainement pensĂ© que j’étais folle mais je m’en fichais ! J’ai mĂȘme donnĂ© l’envie Ă  une amie atteinte de la mĂȘme maladie que moi d’avoir un enfant aussi !

Une autre bataille Ă  livrer
Le 24 fĂ©vrier, je mettais au monde par cĂ©sarienne notre petite Victorine, un ange, un cadeau tombĂ© du ciel ! Nous craignions la maladie mais c’est un tout autre tournant que la vie m’a fait prendre : 12 jours aprĂšs l’accouchement, j’ai eu une hĂ©morragie trĂšs importante puis 3 autres au cours des 3 semaines qui suivirent. A chaque fois, ma vie n’a tenu qu’à un fil mais j’étais maman Ă  prĂ©sent. Je ne pouvais pas laisser cette petite fĂ©e dĂ©couvrir le monde sans moi ! Finalement Ă  la quatriĂšme hĂ©morragie, on m’a enlevĂ© l’utĂ©rus. Je n’aurai plus d’enfant mais celle que nous avons c’est notre plus belle victoire sur la vie et la maladie. Nous avions choisi d’appeler notre fille Victorine sans imaginer que ce prĂ©nom aurait tant d’impact sur notre vie !

Et aujourd’hui aprĂšs toutes ces pĂ©ripĂ©ties, je suis lĂ  avec ma fille, le trĂ©sor de ma vie. Et je suis trĂšs fiĂšre de la voir grandir aussi bien : elle est en parfaite santĂ©. A deux mois et demi, elle pĂšse 5 kg et mesure 57 cm. Elle est trĂšs Ă©veillĂ©e! Elle n’aura aucun trouble neurologique car cette maladie n’est pas gĂ©nĂ©tique! Je suis une maman Ă©panouie et je remercie ma Victorine et mon mari de m’apporter autant de bonheur ! La maladie ne s’est toujours pas rĂ©veillĂ©e. Qui sait peut ĂȘtre un autre miracle
 Mais de toute façon, je l’accepte et vis avec !

Le conseil de Laëtitia
Je n’ai pas vraiment de conseil Ă  donner aux autres mamans : pour moi, on est toute parfaite dans notre volontĂ© de bien faire pour nos enfants ! J’ai seulement un message d’espoir Ă  faire passer : ne baissez jamais les bras ! A force d’amour, de volontĂ©, on arrive Ă  tout construire et Ă  gagner toutes les batailles que la vie met sur notre chemin ! Alors aujourd’hui je tĂ©moigne juste pour souhaiter la bienvenue Ă  notre amour, notre fille pour qui toutes les batailles valent la peine d’ĂȘtre vĂ©cues !



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