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LĂ©onore, un trĂšs beau cadeau de Saint-Valentin !

Lors de ma premiĂšre grossesse, j’ai stressĂ© du dĂ©but Ă  la fin, et mon gynĂ©co de l’Ă©poque m’avait bien aidĂ©e. J’ai commencĂ©, comme beaucoup d’entre nous, par les nausĂ©es et les vomissements qui ont durĂ© pendant un mois et demi, ensuite Ă  4 mois de grossesse, j’ai eu mes premiĂšres petites contractions qui ont durĂ© trois semaines (d’aprĂšs mon gynĂ©co, c’Ă©tait des bonnes !) Je n’avais pas de ventre, on n’aurait pas dit que j’Ă©tais enceinte. Je prenais 2 kilos pas mois, ce jusqu’Ă  6 mois de grossesse oĂč j’ai pris 7 kilos d’un coup, la catastrophe ! Moralement, j’Ă©tais anĂ©antie ! Mon gynĂ©co, au lieu de chercher le problĂšme, m’a clairement dit : « Vous avez dĂ» bouffer, vous empiffrer. Vous tenez le record de mes patientes. » J’avais beau lui expliquer que mon alimentation n’avait pas changĂ©, il ne voulait pas m’Ă©couter et me conseillait la soupe pour les mois suivants. A savoir qu’il ne prenait jamais ma tension et qu’il ne me prescrivait pas d’analyse d’urine.

Le mois suivant, nouvelle consultation : il me fait une Ă©cho avant le passage sur la balance, et lĂ , il s’aperçoit que mon bĂ©bĂ© a un Ă©norme retard de croissance. Avec toute la dĂ©licatesse de cet homme, il nous dit : « Il y a un souci… » Il regarde mon mari et lui demande : « Vous savez cuire les coquillettes ? » Mon mari, Ă©tonnĂ©, lui demande de rĂ©pĂ©ter. « Vous savez cuire les coquillettes, vous savez, les pĂątes ? Parce que lĂ , ça va pas du tout, j’hospitalise votre femme. »

« Vous Madame, qu’est-ce qu’on fait ? Vous rentrez chez vous, chercher une culotte et c’est la clinique ce soir, oĂč vous dormez chez vous ce soir et vous rentrez demain matin premiĂšre heure.  » Quelle diplomatie ! Sur le coup, dĂ©jĂ  on s’effondre et on pense Ă  la vie de son bĂ©bĂ© et tout dĂ©file…

Je suis rentrĂ©e Ă  la clinique le lendemain matin, il avait prĂ©vu de me garder sous surveillance jusqu’au terme, donc pendant un mois et demi. Je prenais minimum 1kg par jour, ma tension Ă©tait trĂšs mauvaise, avec protĂ©ines dans les urines. Au bout de 5 jours d’hospitalisation, en pleine nuit, je perds les eaux, j’Ă©tais Ă  7 mois et demi de grossesse, le matin les infirmiĂšres me parlaient d’injection pour dĂ©velopper les poumons de mon bĂ©bĂ©, je pensais qu’Ă  une seule chose : dans quel Ă©tat mon bĂ©bĂ© allait-il sortir ? J’ai Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© de la clinique Ă  l’hĂŽpital, car la clinique n’avait pas le matĂ©riel de rĂ©animation et couveuse pour le bĂ©bĂ©.

Une cĂ©sarienne Ă©tait prĂ©vue car mon bĂ©bĂ©, de faible poids, aurait trop souffert avec les contractions. En salle d’accouchement, j’Ă©tais Ă  17 de tension, j’Ă©tais entourĂ© d’une superbe Ă©quipe cette nuit-lĂ , qui me rassurait Ă  tout point de vue. Ma petite fille LĂ©onore est nĂ©e Ă  5 heures du matin le 14 fĂ©vrier 2005, elle faisait 1960kg et mesurait 42.5cm. Pour nous, un trĂšs beau cadeau de Saint-Valentin. LĂ©onore est restĂ©e en couveuse que quelques heures, elle Ă©tait en pleine forme, nous sommes restĂ©s dix jours Ă  l’hĂŽpital et sommes rentrĂ©s toutes les deux Ă  la maison. Nous avons su, aprĂšs l’accouchement, que j’avais fait une prĂ© Ă©clampsie, que si je n’avais pas perdu les eaux ce soir-lĂ , j’aurais pu tomber dans le coma, et ma fille mourir in utero. Le personnel de l’hĂŽpital a, ce soir-lĂ , dĂ©tectĂ© que j’avais une malformation utĂ©rine (utĂ©rus « en forme de coeur »). Le jour de la Saint valentin, on avait trouvĂ© cela trĂšs drĂŽle. Je n’ai jamais revu cet incompĂ©tent de gynĂ©co, car pour moi, le principal c’Ă©tait que nous allions bien toutes les deux. On voulait tourner la page.

Isabelle, 29 ans (Brech)
Maman de LĂ©onore, 3 ans

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