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« Je dĂ©teste ĂȘtre enceinte »

Stéphanie 39 ans, maman de Léo 13 ans, Louise 9 ans et Calixte 3 ans et demi.

Je me sens maman dĂšs la premiĂšre seconde oĂč j’entends les cris de mon bĂ©bĂ©, mais je ne parviens pas du tout Ă  m’investir dans mes grossesses. Elles sont certes un peu compliquĂ©es : dĂ©collement placentaire, placenta praevia, hĂ©morragies et compagnie mais ça encore, je supporte. Ce que je hais par-dessus tout c’est la transformation de mon corps, je trouve toutes les femmes enceintes, moi comprise, plutĂŽt laides. L’aspect baleine avec marche en canard me rebute au plus haut point. La mode « femme enceinte » n’arrange rien au problĂšme. Je suis grande, plutĂŽt mince en temps normal et la grossesse me transforme en vache impotente et j’ai beaucoup de mal Ă  accepter. Le pire c’est en fin de grossesse oĂč je ne vois plus mes pieds.
Je redoute aussi le moment oĂč je commence Ă  sentir le bĂ©bĂ© bouger : lĂ  j’ai carrĂ©ment l’impression d’avoir un « alien » dans le ventre. Les coups de pieds, les sĂ©ances de hoquet… C’est infernal. Je n’aime pas non plus les rendez-vous mensuels comme les Ă©chographies. J’ai du mal Ă  m’extasier devant cette espĂšce de haricot que l’on voit.

En fait, enceinte j’ai l’impression de n’ĂȘtre plus qu’un utĂ©rus gravide sur patte. Comme si les gens considĂ©raient que le cerveau d’une femme partait en vacances pendant neuf mois ! C’est insupportable. La premiĂšre question que l’on vous pose n’est plus « Comment allez-vous » mais « Et alors, ce bĂ©bĂ©, il pousse ? ».
Bien sĂ»r je fuis les cours de prĂ©paration Ă  l’accouchement et je rĂȘve de faire toutes les choses dĂ©conseillĂ©es me gaver de fruits de mer, avaler un brie bien coulant et dormir affalĂ©e sur le ventre.
Je me revois Ă  25 ans, quand j’attendais LĂ©o. J’Ă©tais plus fragile et ma sensibilitĂ© ne tenait pas le choc face au poids de la sociĂ©tĂ©. Je m’en voulais alors d’ĂȘtre dĂ©goĂ»tĂ©e par mon Ă©tat, je pensais que je n’Ă©tais pas « normale ».

Anecdote qui marque :
On demande au pĂšre de s’investir dans la grossesse de leur femme mais la plupart du temps on les Ă©jecte des blocs opĂ©ratoires pour les choriocentĂšses, amniocentĂšses et pire pour les cĂ©sariennes. J’ai dĂ» Ă  chaque fois lutter pour avoir le papa prĂšs de moi et je trouve cette situation intolĂ©rable surtout au bout du quatriĂšme enfant… Franchement s’il devait s’Ă©vanouir Ă  la vue du sang ou des actes chirurgicaux plus ou moins dĂ©licats… on le saurait !

Le conseil de Stéphanie
Je ne pense pas ĂȘtre un cas unique. J’en ai discutĂ© avec d’autres femmes, plus ĂągĂ©es et certaines d’entre elles m’ont avouĂ© ce mĂȘme rejet de la grossesse, elles m’ont Ă©galement signalĂ© la difficultĂ© Ă  en parler et donc la facilitĂ© Ă  se croire bizarre, Ă  se culpabiliser…
Il faut dĂ©culpabiliser les femmes qui se croient obligĂ©es de dire qu’elles adorent leur Ă©tat.
Certaines femmes n’osent mĂȘme plus poser de questions, encore moins tĂ©lĂ©phoner Ă  la maternitĂ© lorsqu’elles ont mal ou Ă©prouvent un symptĂŽme particulier et finissent par s’angoisser seules dans leur coin… C’est exaspĂ©rant !

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