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Chaque grossesse est unique

La grossesse que j’avais tant idĂ©alisĂ©e n’a pas Ă©tĂ© celle que j’ai vĂ©cue ! NaĂŻvement, je me suis dit que j’allais me rattraper sur mon accouchement !

Le temps des nausĂ©es rĂ©volu, j’ai eu droit Ă  un dĂ©collement placentaire, un utĂ©rus tellement contractile que j’ai du enchaĂźner arrĂȘt de travail sur arrĂȘt de travail. J’avais une fidĂšle sciatique pour couronner le tout. Mais bon, Ă  part ces « bobos » classiques, j’ai adorĂ© porter mon bĂ©bĂ© !

Le 1er avril 2001, jour de mes 23 ans – non ce n’est pas une blague – j’ai eu un pressentiment et j’ai demandĂ© Ă  ma maman de dormir chez nous. Elle a acceptĂ© avec joie. Et vers 7h du matin, j’ai Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©e par de gros tremblements, et des claquements de dents terribles, car j’avais trĂšs froid. Ma mĂšre et mon mari n’ont pas rĂ©ussi Ă  me rĂ©chauffer, ni avec d’Ă©normes couvertures ni en haussant le chauffage au maximum ! Et Ă  ma grande surprise, maman me fait remarquer que mon ventre se durcit, toutes les cinq minutes. Donc, nous lui faisons confiance quand elle nous pousse Ă  partir pour la maternitĂ©. Car avec six grossesses Ă  son actif, elle avait peut-ĂȘtre « un peu l’habitude » des vraies contractions.

Effectivement, les douleurs s’intensifient, et aprĂšs maints manquements au code de la route, vers 9h, nous arrivons Ă  l’hĂŽpital. On m’installe en salle de prĂ©-travail, et on m’annonce que je suis dilatĂ©e Ă  5cm, que j’ai 39°C de fiĂšvre (d’oĂč le fait que le travail ait commencĂ© plus tĂŽt) et que par consĂ©quent, je n’aurai pas droit Ă  la sacro-sainte pĂ©ridurale… Ça fait beaucoup Ă  digĂ©rer. Manque de veine, les sages-femmes Ă©taient en grĂšve. Mais j’ai eu la chance d’avoir une super sage-femme, qui malgrĂ© le service restreint ce jour-lĂ , Ă©tait partout Ă  la fois !

Vers 13h, dilatĂ©e Ă  9 cm, tordue et fatiguĂ©e par les vagues successives de contractions, elle m’annonce enfin les mots magiques : ça y est ! Les rĂ©sultats sont lĂ , je vais avoir une rachi-anesthĂ©sie, car l’accouchement est imminent. Merci Ă  la science! Moi qui avais rĂ©pĂ©tĂ© Ă  tue-tĂȘte que j’enfanterais dans la douleur, franchement, j’avais tout oubliĂ© de mes folles promesses. Lorsque enfin mon Enzo est venu au monde, mon mari et moi, fiĂšres de notre progĂ©niture, on se dit « Ouf ! tout est bien qui finit bien ». Non, le cauchemar continue !

Notre ange est bleu, et ne respire pas et donc ne pleure pas. Grosse panique, des blouses blanches par dizaines dĂ©barquent dans la salle d’accouchement, et personne n’a le temps de nous expliquer ce qui se passe. Je suis effondrĂ©e, soutenue par mon mari, lui-mĂȘme soutenu par les deux familles dans le couloir. Trois longues minutes aprĂšs, on entend enfin notre petit Enzo pleurer avec engouement. Je l’embrasse Ă  peine et il disparaĂźt, escortĂ© comme un VIP, par les sages-femmes et les pĂ©diatres.

Mon mari et moi sommes perdus, c’est ça ĂȘtre parents ? Quand nos mĂšres nous disaient que les enfants nous causent souvent du souci tout au long de nos vies, on ne s’imaginait pas en avoir autant le tout premier jour ! Plus tard dans la journĂ©e, on nous dit que notre Enzo sera transfĂ©rĂ© dans un autre hĂŽpital, en nĂ©o-natal, car il a une mĂ©ningite. Le mot qui achĂšve : mĂ©ningite Ă  streptocoque.[…]

AprĂšs un mois et demi d’hospitalisation dans un grand Ă©tablissement marseillais, ce petit battant d’Enzo, du haut de ses 3,600 kg et de ses 51 cm, est guĂ©ri, et surtout il n’a aucune sĂ©quelle. Encore bravo Ă  la mĂ©decine. Mais du coup, nous qui voulions une grande famille, nous songions depuis cette mĂ©saventure Ă  faire d’Enzo un fils unique. Mais voilĂ  qu’un beau matin de fĂ©vrier 2004, Louca est nĂ©, 4,040 kg, en bonne santĂ© au terme de neuf mois de bonheur, sans l’ombre d’un bobo, et mĂȘme la sciatique m’a fait faux bond.

Cette deuxiÚme grossesse nous a réconciliés et guéris de beaucoup de choses. Moralité : chaque grossesse et chaque accouchement restent uniques !

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