En quoi le peau à peau avec un bébé né prématuré lui est favorable 20 ans plus tard ?

Nombreux sont les bébés à venir au monde avant terme, soit prématurément. Et en général, directement après la venue au monde trop tôt du petit bout, ce dernier est placé sous couveuse, afin de réguler sa température. Une séparation alors horrible pour la mère, qui voit son bébé lui être arraché, même si c’est pour son bien. Mais pour restaurer l’attachement mère-enfant, le peau à peau peut également être pratiqué (aussi appelé méthode kangourou, cela consiste à placer le nourrisson sur le torse de la mère ou du père, enveloppé dans une écharpe de portage). Cette pratique est bénéfique au bébé dans les jours qui suivent la naissance (favoriser l’allaitement, protéger le bébé contre des infections) mais pas seulement ! En effet, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’organisation gouvernementale canadienne « Grands défis », en collaboration avec la Fondation Kangourou créée en Colombie, pratiquer le peau à peau serait également favorable au bébé… 20 ans plus tard !

Pour information, la méthode kangourou a été présentée pour la première fois dans une maternité de Bogota, en Colombie, au début des années 90. En effet, le service où travaillait une pédiatre française, le Dr Nathalie Charpak, à l’origine de la Fondation Kangourou, manquait de couveuses, et les pédiatres ont alors demandé aux parents de nourrissons nés prématurés de les blottir contre eux pour les réchauffer. Une solution simple, mais comprenant de nombreux bénéfices jusqu’alors ignorés ou du moins insuffisamment documentés…

Des bénéfices sur la santé et le comportement

Il y a deux ans, le Dr Nathalie Charpak, interviewée à Bogota par le magazine Neuf Mois, avait évoqué cette étude alors encore en cours, qui vient d’être publiée dans la revue médicale Pediatrics. Cette étude avait pour but d’analyser vingt ans plus tard 264 enfants nés entre 1993 et 1996 pour savoir ce que la méthode Kangourou leur avait apporté sur le long terme.

Eh bien voilà le résultat de l’étude : les enfants qui ont pu bénéficier de la méthode Kangourou auraient deux fois plus de chances de fêter leur 20ème anniversaire que ceux qui ont été placés sous couveuse. Mais ce n’est pas tout ! L’équipe du Dr Nathalie Charpak a également remarqué qu’à l’âge adulte, les enfants ayant pratiqué le peau à peau avec leurs parents étaient moins agressifs, moins impulsifs, moins hyper-actifs ou moins stressés que ceux ayant reçu les soins standard. La pédiatre a alors écrit dans son rapport : « Notre étude indique que la méthode Kangourou a un impact social significatif et durable ainsi que des effets positifs sur le comportement 20 ans après l’intervention ». Mais il semblerait que cette méthode aurait également eu un impact positif sur les parents. En effet, les couples qui ont pratiqué le peau à peau « seraient moins susceptibles de se séparer et semblent plus dévoués à leur enfant, comparé aux autres parents« , a également indiqué la pédiatre.


La méthode kangourou pour tous les bébés nés prématurés ?

Découvrir que son bébé souffre d’une maladie ou d’une fragilité liée à sa naissance prématurée est un moment douloureux à vivre et cela peut avoir un impact considérable sur les familles. Mais grâce aux nouvelles technologies d’imagerie actuelles, il est plus facile de diagnostiquer les problèmes éventuels et de les traiter. Avec les nouvelles avancées médicales, il est tout à fait possible à présent d’offrir un plus bel avenir à un bébé né prématuré. Également grâce à la méthode Kangourou ? Possible, pour renforcer les liens familiaux, souligne la pédiatre française : « Nous croyons fermement que cette intervention scientifiquement valable est puissante et efficace, et qu’elle peut être utilisée à la fois par ceux qui ont accès limité à la santé mais aussi ceux qui ont un accès illimité ». De fait, de nombreux parents aujourd’hui vivent le peau à peau à la maternité dès la naissance et sont adeptes du portage, même si bébé n’est pas prématuré. Une méthode à encourager !

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