Les chiffres sont éloquents : le nombre de césariennes pratiquées dans le monde a quasiment doublé entre 2000 et 2015, selon un dossier publié par la prestigieuse revue the Lancet. On estime que le nombre de césariennes qui sont nécessaires oscillent entre 10 et 15% mais dans certains pays ce pourcentage explose allant parfois friser avec les 50%. Alors pourquoi le nombre de césariennes dans le monde a-t-il explosé et qu’en est-il de la situation en France ?
Trop de césariennes dans les pays d’Amérique du Sud et en Asie
La césarienne représente un acte chirurgical qui consiste à extraire le bébé à naître directement de l’utérus en pratiquant une incision de la paroi utérine. Il existe des indications précises à la césarienne et dans certains cas (on estime entre 10 et 15%), la césarienne est nécessaire. Mais elle peut être aussi pratiquée sans raison médicale, ce qui est préoccupant car la césarienne peut avoir des effets sur la santé des femmes et des enfants. La revue the Lancet pointe l’augmentation de cette pratique, très souvent sans raison médicale. Ainsi près de 60% des 169 pays analysés pratiquent plus de césariennes qu’il ne faudrait. Si en Afrique Sub Saharienne le nombre de césariennes est bien en deçà de la fourchette classique (4.1%), en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, le taux de césarienne atteint plus de 44% ! En Asie, le taux de césariennes augmente également (de 6%) alors qu’au sein de l’Europe la hausse semble être relativement modeste (près de 2%). Comment expliquer ces chiffres ? Plusieurs raisons sont avancées : une baisse de compétence du corps médical qui hésite à pratiquer des accouchements par voie basse sensibles, un tarif plus attractif ou encore une facilité de programmation. La peur de l’accouchement est aussi un élément clé : de nombreuses femmes préfèrent avoir recours à la césarienne quand elles ont vécu un accouchement traumatisant. Le congrès mondial de gynécologie avance plusieurs pistes pour lutter contre l’augmentation des césariennes comme la pratique d’un tarif unique, une meilleure formation des professionnels de santé ou encore une augmentation de l’information aux patients.
La situation en France, dans quels cas pratiquer une césarienne ?
Certaines situations peuvent donner lieu à une indication de césarienne mais pas forcément. Selon l’HAS (La Haute Autorité de Santé), un utérus cicatriciel (c’est-à-dire une femme ayant déjà subit une césarienne) n’est pas forcément une indication de césarienne (sauf en cas d’antécédents de plus de 3 césariennes). Les grossesses gémellaires, la présentation en siège d’un enfant, la macrosomie (enfant dont le poids de naissance est supérieur à 4000 g) ne représentent pas non plus une indication de césarienne programmée systématique. En revanche, en cas de diabète associé à une macrosomie ou en cas de macrosomie associée à un antécédent de dystocie des épaules (difficulté d’accouchement), la césarienne est recommandée quand le poids de l’enfant est supérieur à 4500 g. La césarienne est aussi recommandée pour éviter la transmission d’infections virales de la mère à l’enfant. Il existe des cas où la césarienne est nécessaire comme par exemple en cas de placenta praevia recouvrant. Enfin il existe des cas rares où la nécessite de la césarienne doit être discutée au cas par cas comme par exemple des défauts de placentation… D’après the Lancet, en France on constate que le taux de césarienne (20.4% en 2016) n’a pas bougé depuis 2010. D’après Cédric Grouchka, membre du collège de la Haute Autorité de Santé, il y a une « stabilisation à la baisse » et on doit bien faire le distinguo entre « Les césariennes réalisées dans l’urgence, soit après un accouchement qui se passe mal soit au cours du travail, qui correspondent à 60% du total en France, les césariennes programmées pour raison médicale (40%) et celles programmées pour une raison non médicale, à la demande des femmes », qui sont de l’ordre de« moins de 1%. »
