| Sera-t-on prochainement en rupture de stock de biberons ? Au nom du principe de précaution, le Sénat a décidé le 24 mars de suspendre la commercialisation des biberons contenant du Bisphénol A (BPA). Sauf qu’ils sont rudement plus nombreux dans les rayons que les mêmes sans Bisphénol A ! Certains vont avoir du polypropylène sur la planche, si on ose dire, pour approvisionner à temps les magasins spécialisés et les grandes surfaces en biberons sans BPA pour faire face à la demande ! Ou les bébés seront au régime sec ! |
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Quant à la polémique, elle n’est pas nouvelle et alimente régulièrement les débats depuis que le Canada, en août 2008, a interdit la commercialisation de biberons contenant du bisphénol A, suivi rapidement par certains Etats américains. En effet, le BPA est considéré comme un perturbateur endocrinien potentiel, pouvant présenter un risque pour le bon développement des fœtus et des nourrissons. Mais force est de constater que le risque ne s’arrête pas en si bon chemin ! Le Bisphénol A est utilisé, on le sait, dans de nombreux plastiques alimentaires, plats, conserves, bouteilles d’eau voire même canalisations… Le 23 mars dernier, l’Agence Française de sécurité sanitaire des aliments a reconnu qu’il existait « certains signaux d’alerte » au-delà des seuls biberons. En effet, depuis des années on sait que 90% des analyses d’urine font état d’un taux non négligeable de BPA. En décembre dernier, une étude française réalisée par des chercheurs de l’INRA a conclu pour la première fois que l’exposition au BPA a des conséquences sur la fonction intestinale chez le rat, même à très faibles doses. Cette étude montre également que l’exposition pré- et post-natale de ces animaux peut fragiliser la fonction de « barrière intestinale » à l’âge adulte. Certes, ne soyons pas rat, aucun effet délétère n’a été encore prouvé chez l’être humain adulte ! Mais les doutes subsistent. .
En mai prochain, l’Afssa devrait rendre publiques de nouvelles études. De leurs conclusions dépend sans doute l’interdiction définitive ou pas de la commercialisation des biberons au Bisphénol A, pour l’instant seulement « suspendue ». Reste qu’on est en droit de se demander pourquoi ne pas prendre le problème à bras le corps et d’interdire totalement l’utilisation du Bisphénol A dont on trouve aussi des traces dans le lait maternel… A moins de suspendre aussi l’allaitement maternel dont l’OMS nous dit pourtant le plus grand bien ?
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