Ces astuces qui boostent la fertilité

Un bébé qui se fait tirer l’oreille pour montrer le bout de son nez, ce n’est pas forcément signe de stérilité. Mais plus le temps passe, plus il y a urgence à réagir. Stratégie en 12 points-clé du docteur Laurence Lévy-Dutel, gynécologue-endocrinologue.

En cinquante ans, la production de spermatozoïdes dans l’espèce humaine a diminué en moyenne de moitié. Parallèlement, les cancers des testicules ont augmenté de 50% en vingt ans et une femme sur trois, âgée de 25 à 44 ans, déclare avoir eu des difficultés à concevoir un bébé ou avoir échoué. Bref, ce n’est pas la joie ! Heureusement, la décennie qui vient de s’achever a été celle du baby boom. Donc… il y a de l’espoir. Pour avoir le bonheur d’accueillir dans son foyer un petit bébé, il faut y mettre du sien, faire le tri dans nos mauvaises habitudes, rééquilibrer notre hygiène de vie… et retrouver la flamme des premiers jours sous la couette ! Rien que de très naturel…

 

Faire l’amour souvent

Plutôt que de faire des courbes de températures ou de se ruiner en tests d’ovulation, il faut laisser faire la nature et encourager la spontanéité des rapports sexuels. Limiter les relations à la période d’ovulation peut mettre en péril le couple. Deux ou trois rapports sexuels par semaine couvrent largement la période d’ovulation puisque les spermatozoïdes ont une durée de vie de trois jours.

 

Contrôler son poids

Éviter le surpoids


La graisse corporelle affecte la production d’une hormone essentielle pour une ovulation régulière chez la femme et pour la production de sperme chez l’homme : la gonadolibérine. On savait déjà depuis un moment que l’obésité masculine été associée à une baisse du niveau de testostérone et à un risque plus important de troubles érectiles. D’autres recherches récentes attestent que les hommes souffrant d’obésité auraient 40% de risque supplémentaire d’avoir des anomalies dans leur sperme et d’avoir un sperme moins abondant que les hommes de poids moyen. Chez la femme obèse, le cycle est souvent perturbé, les ovulations plus rares en cas d’IMC supérieur à 27. On constate aussi plus de fausses couches.

Combattre la maigreur


A contrario, un IMC inférieur à 18 peut faire chuter également la production de la gonadolibérine, ce qui provoque chez la femme un arrêt de l’ovulation. En cas de fécondation, des niveaux insuffisants de cette hormone peut affecter la capacité de l’endomètre à accueillir un ovule fécondé. Un IMC trop bas est associé à 72% de risques de faire une fausse couche spontanée au cours des trois premiers mois de grossesse. Chez l’homme, un IMC inférieur à 18 peut compromettre la qualité du sperme.

 

Limiter le sport

Une activité sportive excessive perturbe l’équilibre hormonal, entraînant ainsi une fertilité réduite. Bouger oui, mais s’entraîner pour le marathon de New York ou les jeux olympiques de natation, non.

 

Contrôler son stress

Le stress a un effet délétère sur la fertilité, non seulement parce qu’il pousse à la consommation de produits excitants qui ont tendance à diminuer la fertilité, mais aussi parce qu’il peut bloquer l’ovulation pendant plusieurs cycles chez la femme. Et comme le stress est aussi un facteur de morosité, la vie sexuelle est rarement à son zénith dans ces moments de tension. Lister les facteurs déclenchants permet d’apprendre à les contourner et à prendre du recul. Sans oublier de s’accorder des petits plaisirs égoïstes de temps à autres !

 

Écraser la cigarette

Une fois enceinte, la femme arrête en général de fumer et le futur papa a la courtoisie de sortir pour en griller une. Sauf que de nombreuses études démontrent les effets dévastateurs du tabac sur la fertilité ! Le tabagisme pourrait la faire baisser de 10 à 40% par cycle car la toxicité de la cigarette altère la production d’œstrogènes. Et les patientes fumeuses produiraient moins d’ovocytes en réponse à la stimulation ovarienne, seraient plus enclines aux grossesses extra-utérines et aux fausses couches précoces. Chez l’homme, le tabagisme diminuerait de 20% le nombre de spermatozoïdes et augmenterait le risque d’embryons anormaux. Quant au joint, c’est pareil : chez l’homme, la consommation régulière de cannabis dégrade la qualité du sperme et de son pouvoir fécondant. Chez la femme, on constate des troubles de l’ovulation ainsi que des modifications cellulaires des ovocytes.

 

Réduire le café

Les femmes buvant plus de deux tasses de café par jour ont deux fois moins de chances de devenir enceintes que celles qui en boivent moins. Sans oublier les risques de fausse couche. C’est la caféine qui est en cause, donc toutes les boissons en contenant sont à proscrire (thé, colas, chocolat, maté, guarana…).

 

Renoncer à l’alcool

L’alcool peut engendrer des cycles irréguliers et non ovulatoires. De plus, il augmente les risques de fausses couches et peut entraîner de graves anomalies congénitales (syndrome d’alcoolisme fœtal). Chez l’homme, une forte consommation d’alcool affecte la spermatogenèse en inhibant la production de testostérone.

 

Faire le ménage dans son environnement

Pesticides et solvants sont des perturbateurs endocriniens. C’est-à-dire qu’ils imitent et prennent la place des hormones en les empêchant de jouer leur rôle. Les hormones utilisées dans l’élevage contribuent à diminuer la qualité fécondante du sperme. Les phtalates, molécules présentes dans les cosmétiques, les emballages alimentaires ou les plastiques nuisent aussi à la fertilité du couple. Enceinte, mieux vaut utiliser les cosmétiques bio, éviter les teintures capillaires (sauf végétales) et le vernis à ongles (ou choisir des produits sans toluène) et se tenir à bonne distance des détergents et des peintures.

 

Penser anti-oxydants

L’oxygène est un élément vital qui joue un rôle indispensable dans l’oxydation des cellules, productrice d’énergie. Lorsque cette oxydation est incomplète, des molécules nocives appelées radicaux libres se forment et altèrent l’intégrité des cellules. C’est principalement au cours de la transformation des aliments en énergie que sont produits les radicaux libres. Le stress, le tabac, l’alcool, l’excès de soleil, les pesticides et les additifs alimentaires encouragent leur prolifération. Pour les éradiquer, il faut des antioxydants : vitamines A, C, E et polyphénols, que l’on trouve dans les fruits et les légumes.

 

Scruter l’origine des protéines

Le bétail élevé aux hormones, les volailles en batterie et les poissons des mers froides nourris au mercure, tout cela ne favorise pas la fertilité. Sans acheter forcément de la viande bio, il faut privilégier les élevages qui affichent une charte de bonne gouvernance et choisir des volailles fermières.

 

Mettre au frais les spermatozoïdes

Eh non, ce n’est pas une blague ! Le sperme doit avoir une température inférieure de deux degrés par rapport au reste du corps. Les sous-vêtements trop serrés, les pantalons cyclistes en nylon, un lieu de travail proche d’une source de chaleur, les saunas, les longs bains chaud, les jacuzzis accroissent la température des testicules, provoquant une dégradation du sperme.

 

 

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A propos de l'auteur

Rédac’ chef, Mère de famille nombreuse et mamie gâteuse de deux adorables bout’choux, je m’intéresse depuis des lustres à tout ce qui touche à la santé, à l’hérédité et la psychologie. Ca ne m’a pas évité les bourdes avec mes marmots, mais ils ont survécu (et moi aussi)…