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De quelle maladie à vaccination facultative est morte cette petite fille de 4 ans ?

Eh oui, on l’oublie mais la tuberculose est une maladie dont on peut encore mourir. Soumise à vaccination recommandée dans cette région de France et pour les enfants arrivant de zones endémiques, cette maladie a causé le décès d’une enfant de 4 ans en Bretagne, la semaine dernière.

Une vaccination limitée aux groupes à risques

Selon les informations de Ouest France, une petite fille de 4 ans est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  l’HĂ´pital Sud de Rennes des suites de la tuberculose. Cette fillette, originaire de VildĂ©-Guingalan, une commune proche de Dinan dans les CĂ´tes d’Armor, avait Ă©tĂ© emmenĂ©e Ă  l’hĂ´pital de Rennes, mais n’a pas pu ĂŞtre sauvĂ©e. Une situation très rare, car le bacille de la tuberculose ne frappe pas souvent sous nos latitudes. « Le nombre de cas de tuberculose dĂ©clarĂ©s continue de baisser, avec une incidence qui reste faible (4 827 cas, soit 7,3 cas pour 100 000 habitants, comparĂ©s Ă  7,5/100 000 en 2013) » souligne l’Institut national de veille sanitaire. La tuberculose ne frappe pas partout : la Guyane, l’Ile-de-France et Mayotte sont les rĂ©gions les plus touchĂ©es. De mĂŞme, selon une Ă©tude de 2015 publiĂ©e par le Bulletin Ă©pidĂ©miologique hebdomadaire (BEH), « le taux de dĂ©claration Ă©tait dix fois supĂ©rieur chez les personnes nĂ©es Ă  l’étranger par rapport Ă  celles nĂ©es en France, avec les taux les plus Ă©levĂ©s chez les personnes nĂ©es en Afrique subsaharienne et en Asie». Le vaccin n’est pas obligatoire, juste recommandĂ©, aux familles vivant dans les rĂ©gions concernĂ©es ou arrivant de zones d’endĂ©mie ou ayant des antĂ©cĂ©dents de tuberculose dans la famille. Et aux professionnels de santĂ©, aux personnels des Ă©tablissements pĂ©nitentiaires, aux assistantes maternelles et aux pompiers. Aujourd’hui, la couverture vaccinale par le BCG atteint 80 % en Ile de France et en Guyane, ce qui est infĂ©rieur au taux recommandĂ© de 95%. Ceci Ă©tant, le vaccin BCG-SSI (Sanofi-Pasteur) fait l’objet d’une rupture de stock depuis deux ans. Des vaccins sont disponibles, venant de Pologne (sources Journal International de MĂ©decine, 15 fĂ©vrier 2017) mais cette pĂ©nurie de vaccins a conduit les autoritĂ©s de santĂ© Ă  Ă©tablir un ordre de prioritĂ© Ă  la vaccination, soit en prioritĂ© les enfants nĂ©s en Guyane et Ă  Mayotte et, en mĂ©tropole, « les enfants âgĂ©s de moins de 5 ans ayant un facteur de risque de tuberculose identifiĂ© ».

Que faire en cas de contamination ?

Dans l’école de la petite fille, l’alerte a Ă©tĂ© lancĂ©e. Les enfants des classes maternelles ayant Ă©tĂ© au contact de cette petite fille passeront une radio pulmonaire de dĂ©pistage. Selon l’Agence RĂ©gionale de SantĂ©, ce dĂ©pistage sera proposĂ© Ă  toutes les personnes qui ont frĂ©quentĂ© la petite plus de huit heures durant les trois derniers mois, ce qui inclut aussi le personnel de l’Ă©cole et ses proches. Quant aux raisons pour lesquelles cette enfant a Ă©tĂ© victime du bacille de Koch, rien n’a Ă©tĂ© communiquĂ© Ă  l’heure actuelle. On ne connait pas son statut vaccinal ni si elle appartenait Ă  un groupe Ă  risque.

De l’intérêt de certains vaccins

Si ce fait divers est terrible et provoque chez nous tous une grande compassion envers la famille cruellement touchée par ce drame, ainsi que tous ceux qui ont connu cette petite fille, il n’y a pas lieu de paniquer devant le risque de contamination. Les cas de tuberculose restent très rares en France. Mais ce fait divers rappelle une fois de plus que les maladies « oubliées » peuvent resurgir parfois et faire des petites victimes. De quoi réfléchir face aux polémiques anti-vaccination qui ont parfois tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain. Si tous les vaccins ne sont pas indispensables, certains, dans des situations bien précises de risques endémiques, peuvent sauver des vies…

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